L'UQAM recevra le congrès de l'ACFAS

Septuagénaire, le congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) a vu son mandat s'élargir au fil des ans pour exploser littéralement. Pilotée cette année par l'Université du Québec à Montréal (UQAM), sa 72e édition a été placée sous le signe de «La société des savoirs». Le pluriel ici n'est pas anodin, car la science de l'avenir sera «croisée, plurielle et éclatée», a expliqué hier le recteur de l'université, Roch Denis, à l'occasion d'un déjeuner-rencontre.

)n?9ix ans que l'UQAM n'avait pas été l'hôtesse de l'ACFAS. Depuis, l'événement, qui se veut la voix des scientifiques francophones, a gagné en légitimité et en ampleur. L'an dernier, 2000 communications avaient été préparées pour 2800 congressistes. Cette année, l'UQAM propose 3500 communications pour 6000 congressistes.

Démesurée, cette édition? Non, rétorque Roch Denis. «Ce n'est pas qu'on veuille faire plus gros. L'ACFAS est une forme d'états généraux qui nous permet d'avoir une bonne idée d'où en est rendue la science aujourd'hui au Québec et de savoir où elle s'en va.» Grâce à l'apport de la culture et au maillage des savoirs, la science a en effet étendu ses tentacules.

De plus en plus discrètes, toutefois, les sciences dites dures, qui formaient moins de 20 % des conférences l'année dernière, seront plus présentes cette année, des associations de réseaux de chercheurs ayant accepté l'invitation de tenir leur colloque au sein de l'ACFAS. «On peut dire qu'on est passé cette année au tiers des conférences, cela sans compter tous les croisements entre les disciplines culture/science», explique Michel Jébrak, président du comité scientifique et vice-doyen à la recherche à la faculté des sciences.

Il faut dire que la notion même de discipline a changé. «Avant l'ACFAS, ce n'étaient que des disciplines. Maintenant, on se rassemble de plus en plus autour d'un même objet de recherche étudié par des gens issus de plusieurs disciplines différentes», note M. Jébrak. À ce titre, l'ACFAS est moins un concurrent qu'un complément des autres congrès souvent plus spécialisés et anglophones.

À cet égard, la vitrine de l'ACFAS est essentielle pour le monde scientifique québécois, de plus en plus isolé dans sa bulle francophone. «On ne peut plus faire de la science tout seul. Il faut repenser la structure. On est terriblement en retard. On a besoin d'un endroit comme l'ACFAS pour communiquer», croit Michel Jébrak.

Le recteur de l'UQAM compte faire de cette édition, qui aura lieu du 10 au 14 mai, une vitrine pour le savoir libre, un espace de plus en plus rare en Europe et aux États-Unis, mais aussi, dans une moindre mesure, ici au Québec. «C'est un rendez-vous qui offre un espace libre dans lequel le savoir peut prendre ses aises. La science libre, c'est aussi la liberté de faire avancer la science en français.»