Allégations d’agressions sexuelles à Concordia

Mike Spry, ancien étudiant en littérature à l’Université Concordia, fait état dans un blogue de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel.
Photo: David Afriat Le Devoir Mike Spry, ancien étudiant en littérature à l’Université Concordia, fait état dans un blogue de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel.

L’Université Concordia a réagi mardi à des allégations d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir qui visent des professeurs du Département d’études anglaises.

Dans une déclaration mise en ligne lundi, le recteur Alan Shepard se dit « troublé » par le texte publié par Mike Spry, ancien étudiant en littérature et instructeur pour la même université. « Ces allégations sont graves et seront traitées avec le plus grand sérieux », écrit M. Shepard.

Le billet de blogue de M. Spry fait état de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel. Il dit avoir été témoin d’un nombre « incalculable de cas de gestes d’affection non désirés, d’attouchements, de remarques et de propositions inappropriées ».

« Lorsqu’ils étaient rejetés par des femmes, des hommes en position d’autorité ont propagé des rumeurs, dénigré et dégradé celles qui les avaient rejetés », écrit-il.

Ce texte rapporte aussi des « allégations générales au sujet de l’existence d’un climat de violence psychologique au sein du réputé programme de création littéraire », reconnaît le recteur Shepard.

« En tant qu’étudiant à Concordia, j’ai été témoin d’abus de pouvoir et de la normalisation de la sexualisation des étudiants par des professeurs, des écrivains et des éditeurs », écrit Mike Spry sans donner de noms.

Il soutient qu’au moins deux professeurs de Concordia ont eu des relations sexuelles répétées avec différentes étudiantes. L’un d’eux, en outre un « écrivain connu », s’en vantait ouvertement et les « manipulait en leur achetant des consommations alcoolisées ».

Monde littéraire secoué

Ces allégations ne datent cependant pas de lundi. En 2014, l’auteure et ancienne étudiante de Concordia Emma Healey avait aussi raconté sa relation avec un professeur de littérature. Sans le nommer, Mme Healey décrivait, dans un billet largement diffusé, son comportement qualifié d’abusif.

Mike Spry nomme cette « masculinité toxique » comme un problème plus large du milieu littéraire canadien.

En novembre 2015, l’Université de Colombie-Britannique a suspendu le professeur et romancier Steven Galloway, à cause d’allégations pesant sur lui. Il a été congédié en juin 2016 après une enquête, sans que la nature des allégations soit révélée à ce moment.

L’Université Concordia souligne quant à elle les mesures prises en réponse à la violence sexuelle, notamment le lancement d’un centre d’aide et d’une nouvelle politique pour clarifier le processus de déclaration.

Cégeps et universités du Québec ont jusqu’au 1er janvier 2019 pour encadrer « les liens intimes, amoureux ou sexuels qui peuvent s’établir entre un étudiant et une personne ayant une influence sur le cheminement de ses études ».

La loi-cadre adoptée par l’Assemblée nationale le 8 décembre dernier n’interdit pas les relations entre professeurs et étudiants. Elle force les établissements à se doter eux-mêmes d’un code de conduite pour baliser les abus potentiels de pouvoir. La loi prévoit en outre qu’une politique de prévention de la violence sexuelle doit inclure un processus clair de formulation et de suivi d’une plainte.

1 commentaire
  • Yves Mercure - Abonné 10 janvier 2018 10 h 09

    444 857$ annuel...

    Salaire du recteur qui semble indiquer que le rectorat prend l'affaire au sérieux. Mme. Healthy, soulevait les comportements d'une vedette de l'enseignement au comportements douteux... en 2014. Qui régnait sur Concordia à l'époque? Devinez si "moins ça change, plus c'est pareil"!