Les photos de l'année de Pedro Ruiz

1 La photographie est comme une lutte : moi contre moi | Je vais à la rencontre de Klô Pelgag, j’ai une idée préconçue d’une photo, et soudain, cette artiste me frappe des pieds à l’âme. Et me désarme. Ce jour-là, j’étais la victime. Pedro Ruiz Le Devoir
2 Yannick Nézet-Séguin et la jungle | Parfois, prenez une photo, cela peut être un ordre ouvert, un jeu où l’action pourrait être prolongée. Ici, j’ai demandé au chef d’orchestre de diriger les sons de la jungle. Une sorte d’échauffement pour briser la glace. Pedro Ruiz Le Devoir
3 Philippe Falardeau, ou le passage du temps | J’ai eu l’occasion de photographier le cinéaste à différents moments pour ce journal. J’ai pu vérifier, grâce à lui, comme témoin, le passage du temps, et ce gris n’apparaissait qu’en moi. À la fin de la session, je me suis senti comme ces photographes de famille qui photographient leurs enfants jusqu’à la puberté. Chroniqueur d’une époque qui a vu cet enfant créatif devenir un créateur adulte. Pedro Ruiz Le Devoir
4 Pierre Lapointe ou le Gaudí québécois | Cachés dans un couloir radiocanadien, nous avons profité du vieux papier peint qui orne encore ces interstices inhabités et ces couloirs peu fréquentés du rez-de-chaussée du bâtiment. Là, dans un geste subtil et en complicité avec la caméra, j’ai réussi à capturer un homme architecte de lui-même et du travail qu’il projette. Tout un Antoni Gaudí québécois, qui porte un style distinctif et unique. Pedro Ruiz Le Devoir
5 Michel Gondry, ou la flamme de la bougie | J’utilise beaucoup de lumière dans mes portraits, mais pour moi, la lumière en elle-même est l’image d’une vie et peut être éteinte à chaque instant. Fragile comme la flamme d’une bougie. Ici, j’attrape un grand homme, un grand artiste qui a bien représenté dans ses œuvres l’impermanence des choses. Pedro Ruiz Le Devoir
6 Valérie Plante, ou quand on crie de joie | La vie a beaucoup plus d’émotion qu’une photo en soi. Ici, il n’est pas difficile d’oublier la photo et d’être envahi par l’émotion primitive de quelqu’un qui explose de joie. Ce geste vient nous chercher dans ce qu’il y a de plus profond et de plus primitif en nous, comme quand un enfant pleure ou quand la nouvelle mairesse de Montréal crie de joie. Pedro Ruiz Le Devoir
7 Marie-Célie Agnant, ou la confiance de l'autre | La poète ne se sentait pas à l'aise, au début, avec la présence de la caméra chez elle. Je lui ai parlé du papa Legba, la divinité Vudu, dont j'avais entendu les chansons de la voix de l'écrivain haïtien Frankétienne, qui a chanté pour moi un après-midi de mai, dans son jardin. Ensuite, dans une atmosphère de complicité, la séance photo a commencé. Pedro Ruiz Le Devoir
8 Hugo Léger, ou la télésérie | L’intensité et la tension sont deux éléments qui semblent caractériser une bonne photo. Ici, l’écrivain Hugo Léger regarde intensément. Qu'est-ce qu'il observe ? Dans sa poche, une télécommande génère toute une tension. Pourquoi cet objet-là ? Ce sera un accro à la télésérie.
  Pedro Ruiz Le Devoir
9 Les Barr Brothers, ou les miroirs d'Alice | C'est la beauté de la photographie, ici avec Brad et Andrew : elle projette une sorte d'aura hors de soi et nous laisse — à nous qui l'observons — le souci d'imaginer ce qui était au-delà. De haut en bas, de gauche à droite. Le miroir et les destinations qui mènent ces escaliers. Pedro Ruiz Le Devoir