«Parlez et dénoncez» l’intimidation, supplie la soeur d’un adolescent qui s’est suicidé

Plus du tiers des élèves québécois du secondaire ont avoué avoir été victimes de violence au Québec. 
Photo: Shah Marai Agence France-Presse Plus du tiers des élèves québécois du secondaire ont avoué avoir été victimes de violence au Québec. 
La soeur d’un adolescent de 15 ans qui a mis fin à ses jours jeudi lance un cri du coeur aux intimidateurs et à leurs victimes.

« Il faut que ça cesse », résume Karine Dufour qui souhaite éviter que d’autres jeunes victimes d’intimidation ne commettent l’irréparable.

Sur le réseau social Facebook, elle affirme que son jeune frère Simon s’est enlevé la vie parce qu’il se faisait intimider.
 

« Simon était victime d’intimidation depuis le primaire », a-t-elle raconté en entrevue avec La Presse canadienne.

« T’es roux. T’as des grosses lunettes » : l’adolescent se faisait constamment crier des commentaires que plusieurs banalisaient, selon sa soeur.

Les écoles étaient bien au fait du problème, assure-t-elle. Ses parents en ont discuté avec les responsables à de multiples reprises. Mais ça n’a pas suffi.

« Inacceptable »

Karine Dufour implore les intimidateurs de mettre un terme à leur comportement. « C’est inacceptable, soupire-t-elle. Ça a des conséquences : il y a des dépressions, des problèmes d’estime de soi. »

La jeune femme de 26 ans demande à ceux qui sont témoins d’intimidation d’aller parler à un surveillant, à un enseignant, à un directeur et même à leurs parents s’ils ne sentent pas qu’ils sont pris au sérieux.

Mme Dufour martèle ces souhaits dans un message publié sur Facebook qui a été partagé plus de 23 000 fois. Elle a l’impression que le problème est répandu bien au-delà de l’école de Simon.

Plusieurs parents lui ont confié, notamment dans des messages privés, que leur enfant est intimidé à l’école, qu’ils ne cessent de communiquer avec la direction et les enseignants, que les écoles ne sont pas outillées pour faire face au problème et qu’ils se font répondre que ce sont des enfants et que c’est normal.

« Quand j’ai lu ces messages, j’ai ressenti une peine incroyable, témoigne-t-elle. Il ne faut pas que ces jeunes-là deviennent des Simon eux aussi. Il faut que les écoles s’équipent, que des ressources soient déployées et accessibles. »

Plus du tiers des élèves québécois du secondaire ont avoué avoir été victimes de violence, selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée en 2013.

Les jeunes qui ont des pensées suicidaires peuvent contacter Tel-Jeunes par téléphone au 1 800 263-2266 ou par texto au 514 600-1002.

2 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 26 novembre 2017 11 h 04

    Deux mots

    Deux mots me viennent à l'esprit: Tristesse et Facebook.
    Lorsque la méchanceté naît déjà au coeur des jeunes et qu'un simple bidule les autorisent à dire n'importe quoi avec pour seul objectif de blesser un semblable, sans représailles à l'égard du malfaiteur, je deviens envahi d'une profonde tristesse et d'un profond désir d'en vouloir à tous ces Facebook trop heureux d'avoir servi de courroie.

  • Gilles Théberge - Abonné 26 novembre 2017 16 h 24

    Qu'est-ce qu'Ils font les directions d'école...?

    Ils sont comme le reste de la société, une bouchée de chèvre, une bouchée de chou.

    On fait pas de vagues.

    On temporise.

    On compte sur le temps...

    J'espère qu'ils se sentent mal.

    Un petit peu...

    Meunon, même pas...

    Ils vont offrir leur condoléances!