Des centaines de personnes contestent la loi sur la neutralité et le racisme

Les organisateurs de la manifestation ont dit qu’ils contestaient d’abord et avant tout une «montée du racisme et de la haine».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les organisateurs de la manifestation ont dit qu’ils contestaient d’abord et avant tout une «montée du racisme et de la haine».

Plusieurs centaines de manifestants ont marché dans les rues de Montréal, dimanche après-midi, pour contester le racisme, l’extrême droite, et la loi sur la neutralité religieuse du gouvernement québécois.

 

Mis à part quelques escarmouches avant le début de la marche, la manifestation semble s’être déroulée pacifiquement dans le centre-ville de la métropole. Des policiers à pied et à vélo étaient déployés tout le long de la marche.

 

La coalition était formée de plusieurs organisations, allant des regroupements de femmes, aux mouvements altermondialistes, jusqu’à des associations étudiantes. Des représentants de plusieurs régions, dont l’Estrie et le Saguenay ont d’ailleurs fait le voyage à Montréal pour participer à l’événement.

 

Les organisateurs ont dit qu’ils contestaient d’abord et avant tout une « montée du racisme et de la haine ».

 

« Aujourd’hui, nous ne voyons pas des cas isolés ou des cas singuliers de racisme, on voit en fait un racisme qui se cristallise, un racisme bien enraciné dans la société québécoise », a déclaré le militant antiraciste, Anas Bouslikhane.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Mais plusieurs femmes étaient aussi présentes pour dénoncer la nouvelle loi sur la neutralité du gouvernement Couillard, qui force les femmes voilées au visage de se découvrir pour recevoir et offrir des services publics.

 

« Nous marcherons aujourd’hui en tant que féministes pour dire non aux agendas racistes qui instrumentalisent la lutte féministe », a soutenu Marlihan Lopez, co-vice présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

 

Ève Torres, une manifestante féministe se désole que certaines femmes soient « marginalisées » par le gouvernement, qui selon elle, « brimera aussi l’accès à l’emploi » pour elles.

La loi vise un groupe des femmes en les stigmatisant, en les excluant des espaces publics ; on pense que c’est nécessaire de la dénoncer.

« Le gouvernement n’a jamais été en mesure d’avancer quoi que ce soit qui prouve que, jusqu’à présent, nous avons eu des problèmes de sécurité ou quoi que ce soit. Donc présentement, on met en lumière un groupe de femmes qui n’ont jamais posé un problème majeur à notre société », a-t-elle soutenu.

 

« Ça libère la parole raciste, et on n’en a pas besoin dans un contexte de la montée de l’extrême droite », a-t-elle ajouté.

 

« Défendre tout le monde »

 

Corine Vanderborght, du Centre de femmes de Laval, a tenu à souligner que son organisation devait défendre tout le monde, peu importe l’origine ou la religion.

 

« Si on se retrouve dans une démocratie où il y a vraiment les droits pour tous, tous, ça veut dire tout le monde. Ça ne veut pas dire : pas toi, pas lui », a-t-elle souligné.
 

« On entend des voix, il y a des personnes qui parlent, mais la majorité, c’est ce qu’on voit ici. »

 

La députée de Québec solidaire, Manon Massé, a participé à la manifestation et s’est dite inspirée par « cet appel de la société civile ».

 

« Le racisme existe, il est là. Le racisme systémique, il est là. Je vois la diversité des gens qui sont là et ça veut dire que nous, on veut que ça, ça arrête. On veut que les gouvernements prennent les moyens que ça arrête », a-t-elle déclaré.

 

Loi contestée

 

La loi du gouvernement, qui a été adoptée le 18 octobre dernier à l’Assemblée nationale, fait actuellement l’objet d’une contestation judiciaire puisque les plaignants jugent qu’elle est discriminatoire à l’égard des femmes musulmanes.

 

Selon eux, l’article 10 de la loi viole la Charte québécoise des droits et libertés de la personne ainsi que la Charte canadienne des droits et libertés.

 

Samedi, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le gouvernement fédéral réfléchissait activement à la manière dont il pourrait intervenir dans ce dossier.

18 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 12 novembre 2017 09 h 24

    Qui exclut qui?

    De toute ma vie, j'ai toujours aimée socialiser quand je me trouve à l'extérieur, cela me vient de ma mère qui était femme portée sur les autres, sur le coeur, généreuse. Aujourd'hui, que ce soit à la piscine, dans la rue, ou ailleurs, quand je rencontre les gens je leur souris, les salue.... Quand je vais à la piscine, et qu'il y a des cours de natation pour jeunes filles, très peu y viennent avec voile ou portent le burkini; elles arrivent avec leur burkini sous lemanteau, enlève leur voile en cachette ....jamais elles ne socialisent, encore moins les parents qui les accompagnent. Les autres s'excitent, crient, se parlent entre elles, me parlent, me questionnent...Qui exclue qui ?
    Je revenais de la piscine cette semaine,et je vois un enfant dans un carrosse , je ne porte pas attention qui s'occupe de l'enfant, la personne était arrêté devant un immeuble semblant attendre quelqu'un...comme d'habitude je m'arrête pour parler au jeune poupon pour voir son sourire, ou lui parler, ce qui normalement fait sourire les petits, et soudain le père avec la barbe, tourne brusquement le carrosse et me dit: «Va-t'en!» Ce que j'avais envie de répondre je l'ai retenu...mais je n'en pensais pas moins...ces gens se sentent excluent parce qu'ils vous excluent, point à la ligne!

    • Marc Therrien - Abonné 12 novembre 2017 15 h 02

      Qui exclut qui?
      Ça dépend à quel ensemble vous référez.
      L’ensemble Un uniforme auquel tout le monde choisirait volontairement de s’incorporer n’a pas encore été défini.
      Par définition, dans mon « Nouveau Petit Robert 2008 », intégrer signifie « entrer dans un ensemble en tant que partie intégrante ». Il réfère aussi à assimiler et incorporer.
      Est-ce qu’il est légitime de refuser de s’intégrer dans un ensemble lorsqu’on doit y laisser une partie de soi? C’est probablement, ce que Groucho Marx voulait signifier en disant : « Je nous voudrais pas adhérer à un club qui m’accepte comme membre. »

      Disons simplement que quand l’Un et l’Autre préfèrent rester dans leur petit ensemble parce qu’ils considèrent leurs volontés incompatibles, il y a bien des chances que l’intersection de ces ensembles demeurent vide parce que ces volontés sont mutuellement exclusives.

      Marc Therrien

    • Solange Bolduc - Inscrite 12 novembre 2017 16 h 54

      Ce que vous dites est indéressant, en allant faires cours il y a une heure environ, je me suis rappelé ce qui m'était arrivé dans les années 70. J,entre dans la classe de cours et une femme m'agresse par ces mots: «Toi, je e déteste, tu es trop individualiste» C'était l'époque où tout le monde devait porter le blue jeans bleu...j'ai de a difficultté à me fondre dans un ensemble et cela me vient du pensionnat où j'ai vécu 13 ans de ma vie. L'endoctrinement, l'absence de liberté d'être et de penser par moi-même, non merci! Beaucoup de gens aiment bien se fondre dans la masse ou adhérer à une idéologie politique ou religieuse: j'en suis incapabe. Par contre, il est possible pour moi d'adhérer à un groupe à condition que je puisse exprimer le fond de ma pensée, ce qui veut dire que l'intersection ne peut être: on prend toujours de ceux qui savent nous entendre: on écoute ce qu'ils ont à dire, à la suite de quoi il est possible de changer d'avis ...mais ce n'est pas une nécessité en effet, mais au moins om se sent libre ...Si je vais à la piscine et que je refuse de me plier aux règles, on va me demander de ne plus y revenir. En société il existe des règles du vivre -ensemble, ....

  • Jacques Patenaude - Abonné 12 novembre 2017 10 h 14

    Un amalgame qui alimente les préjugés qu'on prétend combattre.

    "....la loi sur la neutralité religieuse du gouvernement québécois, qui selon elles, isole les femmes musulmanes."

    Il aurait fallut écrire "isole certaines femmes musulmanes". D'autres femmes musulmanes dénoncent le port du voile intégral. Les femmes voilées au nom d'un islam intégristes sont loin de représenter la norme en matière d'islam au Québec. Faire de ce petit groupe un amalgame avec l'ensemble de ce groupe social large et diversifié ne peut qu'alimenter les préjugés sur l'ensemble musulmans.

  • Carmen Labelle - Abonnée 12 novembre 2017 11 h 51

    L'absurdité de la logique de cette contestation

    Non mais comment est-ce possible de penser à l'envers comme cela? La loi n'interdit pas aux femmes de prendre l'autobus, ni ne les contraint à rester chez elles. Ce sont elles-mêmes qui s'empêcheraient, disent-elles, mais ça reste à voir, de sortir parce qu'elles refusent d'obéir à une loi votée par le gouvernement. Tantôt quelle autre loi contesteront-elles? La loi de l'égalité homme-femme , au nom d'une idéologie dépassée de laquelle nos sociétés se sont émancipées, bien qu'il reste des zones grises? Ce n'est pas la loi qui exige d'avoir le visage découvert qui est injuste, mais la la supposée loi religieuse qui exigerait que ces femmes se couvrent même le visage pour sortir, les rendant invisibles dans l'espace public . Misère

  • Michel Lebel - Abonné 12 novembre 2017 12 h 28

    Le bon sens!


    Le principe du visage découvert en est tout simplement un du gros bon sens. Je sais fort bien que le ''gros bon sens'' peut avoir le dos pas mal large, mais je crois qu'ici il a toute sa raison d'être. Sondage après sondage sur le sujet semble bien l'indiquer. Canadiens et Québécois sont plutôt des gens tolérants et ouverts. Mais ils gardent leur raison et le bon sens. Pour le plus grand bien de la société. Aux tribunaux d'éviter tout idéologie droits de l'hommiste! Je dis bien idéologie masquant la réalité.


    M.L.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 novembre 2017 12 h 34

    Vive le retour de la religion dans la vie publique!!!

    Je propose de revenir à des commissions scolaires religieuses, à un crucifix dans chaque classe de chaque école.

    À l'Assemblée nationale du Québec, je propose une starue de la Sainte-Vierge et une de Saint-Joseph pour accompagner leur fils sur le crucifix, comme une sorte de Sagrada Familia en solidarité avec les Catalans.

    Je propose également que les soeurs et les frères des diverses congrégations chrétiennes portent la soutane, le voile et/ou la tonsure. Et à chaque événement liturgique, il nous faudrait aussi instaurer une séance publique du baiser de la bague de l'évêque de notre diocèse.

    Je suis contre la neutralité religieuse. Je suis pour la burqa et tous les autres vêtements visant à protéger le visage ainsi que toutes les autres parties du corps susceptibles d'être souillées par le regard d'un infidèle.

    Je voterais pour le droit de porter tous les signes religieux dits «contondants» i.e. susceptibles d'être utilisés comme arme parce que, au Québec, c'est bien connu, toulmonde il est gentil, toulmonde il est paisible.

    Quand il serait nécessaire d'identifier une personne voilée, abrillée, casquée,
    masquée ou invulnérable, je propose que la dite personne fournisse à chaque fois un échantillon de son ADN ou qu'elle se prète à la lecture de son iris ou soumette ses empreintes digitales.

    Résidant à l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal, je ne pourrai malheureusement pas participer à cette manifestation, mais je suggère que ceux qui y seront présents se cachent systématiquement le visage et toutes les parties de leur corps et de leur âme qui pourrait permettre l'établissement d'échanges ou de rapports directs entre les personnes présentes. La voix faisant potentiellement partie de ces moyens de communication, je propose que les personnes désirant communiquer avec d'autres participants le fassent avec leur téléphone cellulaire ou par satellite.

    Bonne manifestation!!!

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 novembre 2017 16 h 50

      Maintenant qu'il fait noir et que les sûrement très très nombreux manifestants s'en sont retournés à la maison, j'espère que ça s'est bien passé.

      Mais ce n'est qu'un premier pas. L'objectif à atteindre serait que le plus de monde possible se cache le visage, d'ici les prochaines élections. Ensemble!!! Nous vaincrons!!! Ce n'est qu'un début, continuons le combat!!! Tout commence par un Q et finit par un S!!! Ouais!!!

      Dès demain matin, je vous propose de partir un mouvement trans-national, trans-parti et trans-genre, dont voici des suggestions de nom :
      En français académique : «Incognito??? Moi aussi!!!»
      En québécois : «Céquiquechu??? Moétou!!!»
      Au Canada et en France : «Guess who??? Me too!!»!

      Lâchez pas la patate pendant qu'elle est chaude!!! La route est longue quand tu ne vois pas où tu t'en vas.