René Doyon, à la recherche d’exoplanètes

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
René Doyon
Photo: René Doyon René Doyon

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le prix Acfas Urgel-Archambault en sciences physiques est décerné cette année à René Doyon, professeur au Département de sciences physiques de l’Université de Montréal. M. Doyon est par ailleurs le directeur de l’Observatoire du Mont-Mégantic et de l’Institut de recherche sur les exoplanètes, et il se passionne depuis des années pour la recherche de formes de vie sur d’autres planètes.

Alors, la vie existe-t-elle ailleurs que sur Terre ? Selon M. Doyon, ce qui s’est passé sur la Terre n’est pas un miracle, n’en déplaise aux créationnistes. C’est le fruit d’un long processus d’évolution dont les ingrédients peuvent tout à fait se retrouver ailleurs. Cette quête de la vie ailleurs, l’astrophysicien en a donc fait son domaine de recherche.

Cette passion débute en 1995, lors de la première découverte d’exoplanètes, ces planètes situées à l’extérieur du système solaire. Cet événement inspire René Doyon, détenteur d’un doctorat en physique depuis 1991. Il devient son principal champ d’intérêt. Cela commence d’abord par le développement d’instruments permettant de photographier les exoplanètes. Après dix années de labeur, le travail de René Doyon et de ses collègues porte ses fruits. En 2008, ils obtiennent la première photographie d’un système solaire autre que le nôtre grâce à une technique d’imagerie directe à haut contraste. Cet exploit est récompensé par le Prix du scientifique de l’année 2008, décerné par la Société Radio-Canada.

Depuis quelques années, M. Doyon pousse la recherche un peu plus loin et s’intéresse notamment au développement d’une caméra infrarouge qui permettra de détecter les molécules et les atomes composant l’atmosphère d’une exoplanète. Cette caméra se retrouvera sur le plus grand télescope spatial jamais construit, le James Webb. « Notre quête vise à déceler une activité biologique très modeste, comme des bactéries, sur d’autres planètes », indique M. Doyon, qui ajoute que les probabilités de trouver cette forme de vie s’avèrent plus grandes que celles de trouver « des petits bonshommes verts ».