Intempéries: plus de 167 000 clients toujours privés d’électricité

Plus de 167 000 abonnés d’Hydro-Québec étaient toujours sans courant dans la province, à 15 h lundi, des pannes ayant été provoquées par des bris causés par les intempéries.

Des vents forts ont soufflé dans plusieurs régions et ont causé de nombreux dégâts au réseau de transport d’électricité, selon ce qu’affirme Hydro-Québec.

Les régions les plus touchées en après-midi étaient les Laurentides, avec 33 450 clients privés d’électricité, et la Montérégie avec 32 697 foyers plongés dans le noir.

Les autres sont le Saguenay–Lac-Saint-Jean (28 748), Lanaudière (12 275), l’Estrie (11 566), Québec (8457), Chaudière-Appalaches (6759) et le Centre-du-Québec (5562).

À 15 h, plus de 7020 abonnés de l’île de Montréal étaient affectés et un peu plus de 7415 autres en Outaouais.

Selon un porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty, certains clients pourraient être privés d’électricité pendant plus de 24 heures.

« En raison du grand nombre de pannes et de bris, on pense qu’il y a des endroits où ça va certainement, malheureusement, être plus de 24 heures, puisqu’il y a vraiment beaucoup de travail à faire. Les conditions météo n’aident pas nos équipes. Les gens, dans certains secteurs, ne peuvent pas utiliser les camions nacelles parce qu’avec le vent, les camions nacelles oscillent trop et donc il y a un danger pour nos équipes. Alors ils doivent monter avec les éperons dans les poteaux, donc il y a vraiment beaucoup de travail et les conditions météo ne sont pas faciles pour que nos équipes travaillent dans les meilleures conditions », a-t-il expliqué.

M. Batty indique que près de 700 travailleurs d’Hydro-Québec sont à pied d’œuvre pour rétablir la situation, mais qu’il faudra du temps.

« Avec les conditions météo qui sont annoncées pour le reste de la journée et la nuit prochaine, on s’attend à ce que la situation peut-être s’empire. On va réussir certainement à rebrancher des clients, mais on va avoir de nouvelles pannes dans d’autres régions. Ça va évoluer tout au long de la journée. »

Inondations et vents violents

En l’espace de 36 heures, 98 mm de pluie sont tombés dans la région d’Ottawa et de Gatineau, rapporte le météorologue Alexandre Parent, d’Environnement Canada.

Plusieurs secteurs ont été inondés. Le premier ministre Justin Trudeau a d’ailleurs dû monter sur un véhicule tout terrain en matinée pour quitter sa résidence secondaire du lac Mousseau, dans le parc de la Gatineau, pour se rendre au parlement.

Les régions de l’Estrie, des Hautes-Laurentides et de la Haute-Mauricie ont également été particulièrement touchées avec des précipitations allant jusqu’à 60 mm de pluie.

Selon Environnement Canada, la pluie devrait cesser en après-midi lundi dans la plupart des secteurs du sud et du centre de la province, mais les vents pourraient toutefois reprendre de la vigueur le long de la vallée du Saint-Laurent.

Les vents devraient atteindre les 60 km/h, avec des bourrasques à 90 km/h.

Un million de clients privés de courant dans le nord-est des États-Unis

Plus d’un million de personnes étaient privées d’électricité lundi midi, après le passage d’une violente tempête sur la Nouvelle-Angleterre.

Des centaines d’écoles ont choisi de fermer leurs portes pour la journée ou de les ouvrir un peu plus tard. On rapporte des arbres déracinés, des poteaux électriques arrachés et des routes inondées à travers la région.

Des rafales de 130 km/h ont été mesurées au Rhode Island et de près de 210 km/h au sommet du mont Washington. Ces vents ont la force d’un ouragan.

Quelque 300 000 clients étaient dans le noir au Massachusetts lundi, 245 000 dans le New Hampshire, 240 000 dans le Maine, 150 000 au Connecticut, 140 000 dans le Rhode Island et 70 000 dans le Vermont.

Les responsables ont prévenu que certains secteurs pourraient être privés d’électricité pendant plusieurs jours.

Dans la région de New York, des trains de banlieue qui se rendent normalement jusqu’à la mégalopole ont été paralysés par des coulées de boue et des lignes électriques tombées sur les voies.

2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 30 octobre 2017 10 h 37

    Réseau vulnérable

    Un coup d'œil aux observations météo des dernières heures dans le sud du Québec nous mène à une constatation : il n'y a rien eu d'exceptionnel. Des rafales entre 60 et 80 km/h (les plus fortes), on peut en observer à quelques reprises au cours d'une année.

    Se pourrait-il que notre réseau électrique soit vulnérable, très vulnérable, et que notre société d'état, à la culture digne des entreprises privées, soit plus intéressée à vendre toujours plus d'électricité plutôt que d'assurer la sécurité des gens qui sont de plus en plus dépendants de cette forme d'énergie.

    On s'entend sur une chose : l'électricité telle que produite au Québec a un impact moindre sur l'environnement que l'utilisation des carburants fossiles. Mais notre société d'état ne doit pas miser sur ce fait pour nous vendre n'importe quoi. Notre société d'état ne doit pas s'assoir sur l'image vertte pour ensuite recopier le modèle économique des pétrolières (et des constructeurs automobiles). Si on a étatisé notre production et notre distribution d'électricité, c'est d'abord et avant tout pour en assurer l'approvisionnement à des prix équitables pour tous les Québécois. Un réseau de distribution qui flanche à la moindre rafale, ça pourrait amener les gens à se tourner vers d'autres sources. Combien de gens ont été privés de gaz naturel au cours des dernières heures ?

    La dépendance à l'électricité peut nous jouer de très mauvais tours si elle s'appuie sur un réseau fragile et vulnérable. Une dépression comme celle qui a traversé le sud du Québec au cours des dernières heures aurait été accompagnée de verglas si nous avions été en décembre ou en janvier.

    • Gilles St-Pierre - Abonné 30 octobre 2017 18 h 43

      Tout à fait d'accord avec vous M. Richard et c'est pour ça d'ailleurs qu'on devrait forcer Hydro-Québec à créditer sur les factures des abonnés un montant correspondant au nombre de $panne/heure que chacun des clients a été affecté pour la période de facturation. Nous devons nous assurer ainsi que nous ne payons pas seulement pour le nombre de Kw/heure mais aussi pour la fiabilité du service reçu.

      Ainsi Hydro-Québec sanctionné pas cette perte de revenu devra donc améliorer au meilleur de ses capacités son réseau de distribution. Nous devrions tous considérer que nous ne payons pas seulement pour notre consommation mais aussi pour le fiabilité du service fourni.