Costa Labos: Pichet veut éviter le «jugement populaire»

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a confirmé vendredi que l’ex inspecteur-chef Costa Labos est visé par des allégations d’entrave à la justice et d’abus de confiance.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a confirmé vendredi que l’ex inspecteur-chef Costa Labos est visé par des allégations d’entrave à la justice et d’abus de confiance.

Le chef de police de Montréal, Philippe Pichet, demande aux Montréalais de ne pas juger l’inspecteur-chef Costa Labos, qui est de nouveau visé par des allégations criminelles, avant que l’enquête de la Sûreté du Québec (SQ) soit terminée.

« Je sais que son nom revient encore, mais je demande aux gens d’éviter le jugement populaire. Il faut laisser le temps aux enquêteurs de faire leur travail », a indiqué M. Pichet en entrevue avec Le Devoir.

Au lendemain de la suspension avec solde de M. Labos, M. Pichet a confirmé que celui-ci est visé par des allégations d’entrave à la justice et d’abus de confiance.

« La SQ m’a transmis des informations concernant une nouvelle affaire qui remonte à il y a quelques années », s’est-il limité à expliquer.

Précédents

Ce n’est pas la première fois que l’ancien patron des affaires internes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se retrouve sur la sellette.

En juin 2016, une enquête visant M. Labos avait aussi été ouverte à la SQ. Il était alors soupçonné d’avoir menti à un juge afin de faire une perquisition dans la résidence d’un policier qu’il soupçonnait d’avoir transmis des documents confidentiels à un journaliste. À l’époque, M. Labos avait pu rester en poste. Aucune accusation n’avait été portée contre lui à la suite de cette enquête.

Mon rôle à moi, c’est de demeurer objectif et tout ce que je peux dire, c’est qu’à la lumière des informations, sa suspension, dans le contexte actuel, était nécessaire

 

Le chef Pichet s’était alors félicité de la conclusion de cette affaire et avait réitéré sa confiance en M. Labos.

« C’est vrai que je lui ai réitéré ma confiance, mais aujourd’hui on parle d’un dossier différent. Mon rôle à moi, c’est de demeurer objectif et tout ce que je peux dire, c’est qu’à la lumière des informations, sa suspension, dans le contexte actuel, était nécessaire », fait valoir M. Pichet.

M. Labos avait été nommé commandant aux enquêtes spéciales en 2009, avant d’être promu en 2014 inspecteur pour superviser les enquêtes internes et disciplinaires. En 2015, il avait pris les rênes de la division des affaires internes, poste qu’il a occupé jusqu’en novembre 2016. Il avait alors été muté à la division des communications.