Les demandeurs d’asile sont moins nombreux

Ralph Goodale et Ahmed Hussen, respectivement ministres de la Sécurité publique et de l’Immigration, ont une fois de plus tenté de décourager les gens de traverser la frontière de manière irrégulière. Depuis quelques mois, 85% des personnes ayant agi de la sorte sont originaires d’Haïti.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ralph Goodale et Ahmed Hussen, respectivement ministres de la Sécurité publique et de l’Immigration, ont une fois de plus tenté de décourager les gens de traverser la frontière de manière irrégulière. Depuis quelques mois, 85% des personnes ayant agi de la sorte sont originaires d’Haïti.

Le nombre de demandeurs d’asile qui traversent aux environs du poste douanier de Lacolle a diminué de moitié au cours des trois derniers jours : environ 140 personnes sont désormais interceptées par les autorités par jour, alors qu’elles étaient plutôt 250 à l’être quotidiennement la semaine dernière.

Il est toutefois difficile de prédire si cette tendance se maintiendra, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, en visite dans les campements de Saint-Bernard-de-Lacolle, qui accueillent ces jours-ci un grand nombre de demandeurs d’asile, notamment haïtiens. « Il y a encore un nombre important de personnes qui [entrent] et personne ne peut dire si [les chiffres] de ces 2-3 jours peuvent renverser la tendance, mais ils sont considérablement moins nombreux », a-t-il dit lors d’un point de presse en compagnie du ministre de l’Immigration Ahmed Hussen et de la députée de Châteauguay-Lacolle, Brenda Shanahan. « Le nombre de personnes qui passent à travers le processus et qui quittent [le camp] est plus grand que le nombre de personnes qui arrivent. […] C’est une amélioration. »

8000
C’est le nombre de personnes qui sont entrées de manière irrégulière au Canada depuis juin.

Le rythme des premières démarches, notamment l’enquête de sécurité, s’est accéléré grâce à l’ajout de ressources humaines, mais également de machines à empreintes digitales, a indiqué le ministre Hussen, qui assure que plusieurs problèmes ont été corrigés depuis sa première visite il y a trois semaines. Toutefois, les délais pour simplement déterminer si une demande d’asile est recevable sont toujours de cinq mois à l’heure actuelle. Immigration Canada a donc ajouté et redéployé ses effectifs, notamment à Montréal et dans un nouveau camp mis sur pied à Cornwall, pour statuer plus rapidement sur la recevabilité des demandes. « On traite actuellement 95 dossiers par jour, on essaie d’arriver à 200, et l’objectif ultime est d’en traiter 500 par jour », a dit le ministre. Aux 20 agents d’Immigration Canada venus en renfort s’ajouteront 10 autres au cours de la semaine.

Les représentants du gouvernement fédéral ont encore une fois insisté sur le fait que fouler le sol canadien à travers un chemin non officiel n’est en aucun cas un passe-droit pour être accepté comme réfugié au Canada. « C’est vraiment important de balayer les mythes et que les gens comprennent très clairement que les lois canadiennes s’appliquent. Sauter la frontière n’est pas une bonne chose à faire », a insisté le ministre Goodale. Son homologue à l’Immigration est allé plus loin en insistant sur le fait que non seulement cela ne donnait pas d’avantages, mais que c’était « illégal » et « potentiellement dangereux ». « On décourage les gens de le faire », a-t-il dit, ajoutant qu’il s’était servi de ses réseaux sociaux pour passer le message.

Mission en Floride

Membre du comité provincial-fédéral créé pour faire face à l’afflux de migrants, le député de Bourassa, Emmanuel Dubourg, sera nouvellement mis à profit dans cette campagne pour contrer la désinformation. Originaire d’Haïti, le député se rendra cette semaine à Miami pour rencontrer des médias et des membres de la diaspora, parmi l’une des plus importantes hors Caraïbes, pour leur expliquer les politiques canadiennes d’immigration et d’accueil de réfugiés. Ces derniers mois, environ 85 % des personnes ayant traversé irrégulièrement la frontière pour demander l’asile au Canada sont originaires d’Haïti. Devant les récentes déclarations du président Trump, plusieurs d’entre elles craignent de perdre leur statut de protection temporaire accordé après le séisme de 2010 par le gouvernement Obama.


Trop peu trop tard ? Absolument pas, a rétorqué le ministre Ahmed Hussen. « M. Goodale et moi n’avons cessé de décourager les gens de traverser la frontière de manière irrégulière. Et nous le faisons depuis des mois et des mois. Ce n’est pas du tout un message nouveau, c’est simplement que nous le [faisons passer] de manière plus agressive. »

Ralph Goodale a tenu à rappeler que le Canada a le devoir d’accueillir une personne arrivant sur son territoire et que la loi sur l’immigration et le statut de réfugié contient une disposition très claire à cet effet. Il a assuré qu’il n’y aurait pas de compromis sur la sécurité, pas plus que sur les obligations internationales du Canada, a-t-il soutenu.

3 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 22 août 2017 02 h 16

    8000 migrants plus tard...

    « C’est vraiment important de balayer les mythes et que les gens comprennent très clairement que les lois canadiennes s’appliquent. Sauter la frontière n’est pas une bonne chose à faire »

    Tout ce merdier est la responsabilité d'un Justin Trudeau qui en janvier dernier a clamé haut et fort que le Canada était un pays accueillant prêt à recevoir les migrants... D'ailleurs pour se faire élire n'a-t-il pas accepter d'accueillir 25000 migrants syriens à bras ouverts... Je crois que l'humanisme, la compassion et l'amour du prochain dont certains politiciens en mal de popularité veulent se faire étiquetter, leur joue des tours à eux et aux Citoyens qui doivent payer pour ce faste régime migratoire mal contrôlé...Ce n'est pas il y a deux jours que des propos découragerant la migration illégale (disons irrégulière) auraient dû être dits et que des gestes politiques auraient dû être posés pour corriger la situation... Mais au printemps dernier...Je crois qu'il est un peu tard pour ce faire...Le Québec est pris avec un très gros problème pour légaliser le statut des migrants déjà arrivés, pour donner à tous ces gens la possibilité de s'intégrer et de devenir des citoyens à part entière...Et c'est sans compter tous ceux qui vont encore traverser la frontière canadienne...Autre gros problème est l'état des finances d'un gouvernement qui n'a pas encore fini de couper dans ses services et qui se permet des dépenses d'accueil qu'il ne devrait pas faire...En outre les Québécois sont écoeurrés de se faire avoir par un Gouvernement qui ne les considèrent plus...Attention, messieurs les politiciens, la révolte couve dans le Québec profond...8000 migrants et +++ trop tard...

    • Gilles Théberge - Abonné 22 août 2017 15 h 40

      Ce n'est pas 8000 immigrants qui pose problème, c'est la désinvolture de Trudeau, pour qui ce n'est rien.

      Pendant ce temps, le gouvernement de Couillard n'a pas fini de couper dans les services.

      Trudeau ne s'en soucie pas!

  • Nicole Faucher - Abonné 22 août 2017 16 h 58

    Nicole J

    Du haut de son prestige, M. Couillard a accusé Jean-François Lisée de provocateur en utilisant le mot "acte illégal", voici que les ministres responsables fédéraux utilisent la même expression que M Lisée !!!