51% des Québécois voudraient «empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière»

37 % des personnes interrogées ne croient pas qu’il faille empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière canado-américaine.
Photo: Charles Krupa Agence France-Presse 37 % des personnes interrogées ne croient pas qu’il faille empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière canado-américaine.

Environ la moitié des Québécois estiment que les autorités devraient empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière canado-américaine. Et près de 40 % croient qu’une arrivée importante de tels migrants rendra le Québec moins sécuritaire.

Ces données ressortent d’un sondage SOM réalisé pour Cogeco Nouvelles la semaine dernière, dans le contexte de l’arrivée chaque jour de centaines de demandeurs d’asile en provenance des États-Unis, souvent d’origine haïtienne.

Plus précisément, 51 % des personnes interrogées se sont dites d’accord avec l’énoncé « on devrait empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière canado-américaine ».

Ce sont les gens de plus de 35 ans et ceux de la région de Québec qui sont les plus favorables à l’idée de les empêcher, dans des proportions de 57 à 59 %.

À l’opposé, 37 % des personnes interrogées ne croient pas qu’il faille empêcher les migrants d’entrer au pays directement à la frontière canado-américaine.

« Au moment où ça a eu lieu [le sondage], on avait des discours très jovialistes de la part de nos dirigeants : le premier ministre [Justin] Trudeau, le premier ministre [Philippe] Couillard, le maire de Montréal aussi, M. [Denis] Coderre.Donc, on avait l’impression que c’était [venez, entrez, c’est le bar ouvert, vous êtes acceptés] », a rapporté au cours d’une entrevue Éric Lacroix, coprésident de SOM, qui tente d’expliquer ainsi l’opinion des personnes interrogées.

« Il y avait une impression dans la population, aussi, à ce moment-là, qu’en agissant de façon illégale comme ça, donc en franchissant la frontière de façon illégale, ces gens-là allaient avoir un statut privilégié par rapport aux gens qui respectent les règles. Il y avait une réaction épidermique », a-t-il ajouté.

Le ton des dirigeants politiques a changé depuis, estime-t-il, au point où les résultats seraient peut-être différents si on réalisait le sondage aujourd’hui.

 

Sécurité

Par ailleurs, 39 % des personnes interrogées ont dit croire que l’arrivée récente et importante de migrants rendra le Québec moins sécuritaire.

Cette donnée peut paraître surprenante, d’autant plus que la plupart de ces demandeurs d’asile sont d’origine haïtienne et que Haïti n’a jamais été associé au terrorisme, aux violents conflits.

M. Lacroix tente une explication de ce raisonnement : « il y a quand même une certaine criminalité de gangs de rue, où on a des gens de nationalité haïtienne qui sont impliqués. Peut-être que cette crainte-là vient de ça : le fait qu’ils entrent, qu’ils n’auront pas nécessairement de travail, qu’ils n’auront pas de permis de travail dans les premiers mois, pendant que leur demande va être évaluée ; peut-être que ça va faire en sorte que certains vont être désespérés et vont s’associer à des gangs de rue, faisant monter la criminalité ».

Mais, à l’opposé, 48 % ont dit croire que cela n’aurait aucun effet sur la sécurité au Québec. Les universitaires sont 65 % à le croire, alors qu’ils sont 59 % chez les 18 à 34 ans.

Ville sanctuaire

La décision du maire Coderre d’avoir désigné Montréal comme ville sanctuaire pour les sans-papiers semble avoir mal passé.

Ils sont ainsi 63 % à être « plutôt » ou « tout à fait » en désaccord avec cette décision — réponses additionnées.

Et, à l’inverse, 31 % sont « plutôt » ou « tout à fait » d’accord avec la décision du maire d’avoir fait de Montréal une ville sanctuaire pour les sans-papiers.

Le sondage a été réalisé auprès de 1037 internautes québécois adultes, les 9 et 10 août derniers. Il comporte une marge d’erreur de 3,6 pour cent, 19 fois sur 20.

8 commentaires
  • Michel Bouchard - Abonné 14 août 2017 15 h 20

    Est-ce que le gouvernement Trudeau va assouplir les lois...

    concenant les demandeurs d'asile ? Mon inquiétude se situe au niveau des logements et emplois à ces demandeurs d'asile.

  • Lise Falardeau - Abonnée 14 août 2017 15 h 49

    Une question de bon sens

    Quand j'ai entendu Philippe Couillard à Radio-Canada parler de partenariat entre Les États-Unis et le Canada, les deux bras m'ont tombés. Donc, pour ne pas déplaire au gouvernement américain, il faudrait accepter tous les demandeurs d'asile Haïtiens qui se présentent à notre frontière parce que le gouvernement Trump n'en veut plus ? Voyons donc ! Nos élus sont sensés voir à nos intérêts, or, ils vont à l'encontre de nos attentes dans le dossier des Haïtiens. Ces gens-là ne sont pas en danger et ils pourraient facilement retourner dans leur pays d'origine où ils ont de la famille.
    Que nos élus se réveillent s'ils veulent être reportés au pouvoir.

    Lise Falardeau

  • Réal Ouellet - Inscrit 14 août 2017 15 h 57

    Coderre Maire?

    Je ne crois pas qu'on devrait parler de Monsieur Coderre, maire de Montréal. On devrait plutôt parler de monsieur Coderre ex-député libéral. Je crois qu'il a très vite chaussé ses soulier d'ex-ministre de l'immigration.

  • David Cormier - Abonné 14 août 2017 16 h 21

    Rassurant

    Bref, il y a beaucoup plus de sains d'esprit que les médias nous le laissent croire. Le projet d'ouverture de nos frontières est une folie qui passe mal dans la population.

    • Maxim Bernard - Abonné 14 août 2017 22 h 30

      Mais de quel «projet d'ouverture de nos frontières» parlez-vous ? Il n'y en a pas.

      Il y a un afflux anormal de migrants qui choisissent de passer notre frontière pour ne pas se faire renvoyer dans leur pays d'origine par le nouveau président américain.

      On ne les accueille pas sans condition. Il y aura un processus, et à ce que je sache personne ne parle de l'abolir. Ils devront tous passer devant la CISR. Comme d'habitude, leur cas sera jugé et l'État décidera s'ils auront la protection du Canada.

      On ne peut pas se mettre à refuser des réfugiés comme ça, «directement à la frontière canado-américaine», ça serait un non-sens. D'autant plus qu'on a des obligations internationales en termes de protection des réfugiés.

      En attendant que leur sort soit décidé, autant les traiter décemment, autant que possible.

  • René Bourgouin - Inscrit 14 août 2017 17 h 10

    La cabale mondialio-gauchiste est minoritaire

    Ce que cette enquête et bien d'autres enquêtes du même genre menées ici et ailleurs montrent est que la cabale mondialo-gauchiste, archi-dominante dans les médias et très dominante dans le monde politique, est largement minoritaire au sein de la population.

    La population, en nette majorité, veut la sécurité, la loi et l'ordre, le respect des lois et des règles, la protection des frontières et une immigration restreinte et raisonnable.