Québec consultera les experts et la population sur le cannabis

Ottawa a annoncé son intention de légaliser le cannabis dès l’an prochain.
Photo: iStock Ottawa a annoncé son intention de légaliser le cannabis dès l’an prochain.

Québec met en branle des moyens pour consulter la population sur l’encadrement de la légalisation du cannabis.


La consultation se fera cet été, d’abord avec des experts, puis auprès des groupes organisés et des gens ordinaires. Au bout de ce processus, à l’automne, le gouvernement provincial déposera un projet de loi-cadre.


Ottawa a annoncé son intention de légaliser le cannabis dès l’an prochain. « Nous ne sommes pas opposés à la légalisation, a répété ce lundi matin à Montréal la ministre québécoise Lucie Charlebois, en dévoilant ce processus. Mais nous voulons nous assurer que la légalisation se fera en veillant à la santé et à la sécurité de tous. »


Lucie Charlebois est ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines Habitudes de vie. Elle a passé la conférence de presse à répéter aux journalistes qui la questionnaient sur différents points de vue concernant la légalisation du cannabis que les défenseurs de ces opinions pourraient s’exprimer pendant l’une ou l’autre phase de la consultation estivale.


C’est le cas des psychiatres soutenant que, sur la base de leurs expériences cliniques prouvant que le cerveau humain continue de se développer jusqu’à 25 ans, l’âge légal de la vente du cannabis devrait être haussé de 18 à 21 ans. L’Association des médecins psychiatres du Québec a pris position en ce sens dans les médias ce lundi.


« Les psychiatres pourront témoigner dans notre forum des experts, où nous voudrons entendre tous les points de vue, a dit la ministre. Chacun pourra venir exprimer le sien. En ce moment, je veux laisser le débat se faire sur la place publique. »


Ce débat se fera donc en trois temps :


Les experts. Les professionnels nationaux et internationaux témoigneront dans le cadre d’un forum les 19 et 20 juin prochains. On y entendra notamment des professionnels de la santé ou de la sécurité en provenance des États qui ont déjà légalisé la production, la vente et la consommation du cannabis.


L’expertise devrait permettre d’exposer les enjeux et de trouver des pistes de solutions pour la prévention et la sécurité publique, y compris la sécurité routière, la distribution, la vente et le respect de la réglementation.


La synthèse des conclusions de ce forum savant sera vite proposée, promet la ministre, pour permettre ensuite à la population d’y réagir dans les deux étapes suivantes.


Les régions. Les consultations régionales auront lieu de la fin août à la mi-septembre dans certaines régions du Québec. On y entendra les citoyens et les groupes de pression sur la protection de la santé et de la sécurité une fois la prohibition levée. Le point de vue des jeunes et des Autochtones fera l’objet d’attentions particulières, explique Mme Charlebois.


Le Web. Une consultation en ligne complétera le portrait de groupe. Chacun pourra donc défendre son point de vue.


Les trois partis de l’opposition (CAQ, PQ et QS) ont été mis au courant de cette démarche. Ils sont invités à participer aux débats.


La loi-cadre sera bel et bien déposée à l’automne, confirme finalement la ministre Charlebois, bien que la démarche fédérale à l’origine de la mutation ne soit pas aboutie.


Ottawa a déposé son projet de loi pour la légalisation en avril. Si le Parlement donne son feu vert, la nouvelle légalisation entrera en vigueur partout au Canada d’ici le 1er juillet 2018.

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 6 juin 2017 01 h 20

    un petit joint avec ca

    les experts feront-ils le poid, au coté des commercants, je n'ose meme pas y penser, le passé n'est-il pas garant de l'avenir, enfin nous verrons bien, comme si un jour, les humains sont capables, de ne pas être ratoureux

  • Denis Côté - Inscrit 6 juin 2017 10 h 23

    Ni récréatif, ni médical

    Le lobby de la marijuana a réussi un tour de force, en répandant les termes "cannabis récréatif" et "cannabis médical". Seul ce terme, avec l'endossement du jeune et populaire premier ministre du Canada, rend très difficile la prévention, la sensibilisation sur le méfaits du pot.
    Le comble, cela serait de laisser au secteur privé la distribution de cette drogue. Le privé est très difficile à contrôler ; son but sera de faire fumer toute la population, le plus possible, pour encaisser les profits.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 7 juin 2017 12 h 27

      Le privé n'est pas si difficile à contrôler quand on met les mesures nécessaires en place. A preuve la vente de tabac se fait dans les règles maintenant, simplement parce que le suivit des commerçants se fait sérieusement et que ceux-ci n'ont pas intérêt à se faire prendre à vendre a des mineurs, ou du tabac qui origine du marché noir.

      Le hic avec le privé présentement se situe en haut de la pyramide, c'est à dire a la production ou le gouvernement fédérale fabrique une règlementation qui créer un accès réservé qu'aux gros. Ce qui a toutes les chances de bloquer une réelle compétition, et donc des prix de gros très élevés. Si on ajoute a cela un monopole de distribution assurément cher, le prix de détails va faire sorte que le marché noir va rester en place, qu’il restera bien peu en redevances nécessaire pour l'État et les besoins financiers spécifiques que cette légalisation lui ajoute.

      Autrement dit: il faut trouver le prix de détails assez bas pour désintéresser le marché noir qui lui est bien implanté. Établir le niveau de revenu qui doit être réservé pour l'État pour bien gérer cette légalisation. Favoriser une distribution a faible coût, ce qui implique d'éviter tout monopole par une distribution atomisé en petits commerces non liés, ce qui permet aussi de faire place a une grande partie de ceux qui militent pour cette légalisation, et de leur donner la possibilité de sortir de la marginalité du commerce au noir.
      Et surtout, créer les conditions pour une franche concurrence chez les producteurs. Le cannabis est une plante qui pousse comme de la mauvaise herbe, et en faire la culture requière bien peu de compétence pour le faire puisque la qualité du produit réside dans sa génétique.

      Ainsi, pour assurer à l'État la portion de revenu pour qu'il puisse bien jouer son rôle il faut faire jouer la compétitivité habituelle au privé, hors monopole ou chasse gardée par des règlements hypertrophiés.