Plus de flexibilité pour les aidants naturels et les parents

Les aidants naturels n’auront plus besoin de prouver qu’un proche doit mourir dans les six prochains mois pour se qualifier à un congé de compassion.
Photo: iStock Les aidants naturels n’auront plus besoin de prouver qu’un proche doit mourir dans les six prochains mois pour se qualifier à un congé de compassion.

Un congé de compassion pour aider un proche gravement malade, et non plus forcément mourant. Un congé parental échelonné sur dix-huit mois pour les parents du Canada anglais. Le gouvernement Trudeau met en place deux de ses promesses de réforme de l’assurance-emploi afin d’offrir plus de flexibilité aux familles. Mais ces promesses électorales ont aussi été ajustées, depuis l’élection, de sorte qu’elles coûtent un peu moins cher à l’État.

Les libéraux déploraient, en campagne électorale il y a deux ans, que les gens aient à prouver qu’un proche allait mourir d’ici six mois pour avoir droit au congé de compassion de 26 semaines versé sous l’égide de l’assurance-emploi. Les aidants naturels d’un proche gravement malade devraient pouvoir se qualifier, tout comme les parents d’un enfant qui ne peut se rendre à l’école « pendant une période prolongée », plaidait Justin Trudeau.

Ce sera finalement à 15 semaines de prestations d’assurance-emploi qu’auront droit les aidants naturels qui s’occupent d’un adulte de leur famille gravement malade ou blessé. Si l’état de leur proche venait à changer, et qu’il devenait mourant, ils pourraient alors prolonger leur congé de compassion à 26 semaines en souscrivant à l’autre volet du programme.

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Congé de compassion. Les aidants naturels auront droit à ce nombre de semaines de prestations d'assurance-emploi.

Cette nouvelle prestation d’assurance-emploi coûtera 691 millions sur cinq ans, à compter de l’an prochain, puis 168 millions par année. Les libéraux avaient budgété 190 millions par année lorsqu’ils promettaient d’octroyer d’entrée de jeu un congé de 26 semaines pour s’occuper d’un proche gravement malade, et non pas nécessairement mourant.

Les parents d’enfants gravement malades continueront quant à eux d’avoir accès à un congé pouvant atteindre 35 semaines, qu’ils pourront partager avec plus de membres de leur famille.

Congé de maternité dans le ROC

Les futurs parents du reste du Canada pourront quant à eux choisir d’étirer leur congé parental sur une période de 18 mois — plutôt qu’un an — en touchant des prestations moindres de 33 % de leur salaire — plutôt que 55 %.

Justin Trudeau avait en outre promis l’option de morceler un congé de 12 mois en petits blocs, sur une période d’un an et demi. Cette éventualité ne figure pas aux changements annoncés dans le budget de mercredi.

Du coup, l’ajustement des congés parentaux coûtera 152 millions sur cinq ans, puis 27,5 millions par année — et non plus 125 millions comme prévu dans le cadre financier des promesses électorales du Parti libéral.

Les mères pourront en outre prolonger leur congé de maternité en amont de la naissance de leur enfant, en récoltant des prestations de congé parental jusqu’à douze semaines avant leur date d’accouchement plutôt que huit comme c’est le cas actuellement. Une modification chiffrée à 43,1 millions sur cinq ans, puis 9,2 millions par année par la suite.

Les taux de cotisation augmenteront toutefois quelque peu, de cinq cents à 1,68 $ en 2018, « en raison des perspectives économiques plus faibles et de l’incidence des mesures liées à l’assurance-emploi », indique le budget.

Le taux de cotisation des Québécois ne sera toutefois pas affecté par ces changements, selon le ministère fédéral des Finances. En 2017, le taux de cotisation fédéral était de 1,63 $, tandis que le taux québécois était de 1,27 $.

Ces mesures ne s’appliqueront pas au Québec, qui compte son propre régime de congés parentaux.

Construction de garderies

Autre mesure sans effet pour le Québec : le fédéral négociera avec les provinces un cadre national sur la garde d’enfants. Il redirigera pour ce faire 7 milliards sur dix ans tirés de ses fonds d’infrastructures sociales, à compter de 2018.

De cette enveloppe, 550 millions seront versés annuellement à la création de places abordables en garderies dans le reste du Canada — où il n’est pas rare de payer 80 $ par jour en services de garde.