Une majorité de Québécois dit non à plus d’immigrants, selon un sondage

75% des 1010 répondants réclament que la surveillance aux frontières soit raffermie afin d’empêcher l’arrivée d’immigrants illégaux.
Photo: Craig Ruttle La Presse canadienne 75% des 1010 répondants réclament que la surveillance aux frontières soit raffermie afin d’empêcher l’arrivée d’immigrants illégaux.

Une majorité de Québécois est défavorable à l’idée d’accueillir davantage d’immigrants au Canada à la suite des mesures anti-immigration du président américain, Donald Trump.

Un sondage SOM, publié mercredi par Cogeco Nouvelles, précise que 55 % des répondants croient que le Canada ne devrait pas accueillir davantage d’immigrants à la suite des mesures anti-immigration du président américain.

En revanche, 36 % des gens approuvent l’idée d’en accueillir davantage, alors que 9 % se disent indécis.

« Quelque part, on n’est pas contre l’immigration. Par contre, est-ce qu’on est pour l’idée de compenser, nous, en tant que Québécois et Canadiens, ce que nos voisins du Sud font ou ne font plus ? C’est là qu’une majorité de gens hésite à franchir le pas. On est favorable à l’immigration, mais pas nécessairement comme compensation par rapport à ce que les Américains ne font plus », a commenté Éric Lacroix, coprésident de SOM, en entrevue avec La Presse canadienne.

Les catégories de personnes qui sont les plus favorables à l’idée d’accueillir davantage d’immigrants à la suite des mesures adoptées par le gouvernement Trump sont les 18-24 ans, dans une proportion de 55 %, ceux qui ont une langue maternelle autre que le français, dans une proportion de 49 %, et ceux qui ont une scolarité de niveau universitaire, dans une proportion de 49 %.

Surveillance aux frontières

De même, 75 % des personnes interrogées se disent d’accord avec l’idée de resserrer la surveillance aux frontières pour empêcher l’arrivée d’immigrants illégaux.

M. Lacroix estime que les récents reportages ont influencé l’opinion des gens. « Les images qu’on a vues dans les médias, dans les dernières semaines, ont frappé l’imaginaire. De voir des gens descendre d’un taxi, au nord de Plattsburgh, traverser dans la neige avec des valises, se faire arrêter par les policiers de la GRC, ça a frappé l’imaginaire des gens. »

Les personnes ayant le français comme langue maternelle sont encore plus nombreuses à croire qu’il faudrait resserrer la surveillance aux frontières, soit 79 %. Seulement 19 % s’opposent à l’idée.

« On a l’impression qu’on entre ici comme dans un moulin. Là où ça choque, à mon avis, c’est qu’on s’est donné des règles, au Québec et au Canada, en matière d’immigration, et on voit que ces gens-là bafouent ces règles-là. Ils vont même passer devant leurs propres concitoyens qui, eux, ont pris la peine de faire les choses correctement, de faire une demande d’immigration au Canada correcte, en bonne et due forme », ajoute M. Lacroix.

Gestion de Trudeau

De plus, moins du tiers des Québécois interrogés jugent que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, gère correctement le dossier de l’arrivée au pays des immigrants illégaux, soit 29 % d’entre eux.

À l’opposé, ils sont 42 % à estimer qu’il ne gère pas correctement l’arrivée d’immigrants illégaux au Canada, alors que 29 % affirment ne pas le savoir ou ont refusé de répondre à la question.

M. Lacroix y voit « une nouveauté » dans la façon dont les choix du premier ministre Trudeau sont perçus.

« Le premier ministre Trudeau, depuis qu’il est en poste, jouit d’une très haute cote de satisfaction, de confiance de la part des Canadiens et aussi des Québécois. On semble trouver qu’il y a un manque de fermeté de la part de nos décideurs politiques pour s’assurer que l’immigration, oui on la veut, mais qu’elle se fait selon les règles qu’on a fixées », résume M. Lacroix.

Les catégories de personnes qui sont les plus nombreuses à trouver que le premier ministre Trudeau gère correctement ce dossier sont les 18-24 ans, dans une proportion de 46 %, et celles qui ont une autre langue maternelle que le français, dans une proportion de 39 %.

Le sondage indique aussi que les Québécois interrogés sont partagés à propos du statut de Montréal comme ville refuge pour recevoir les sans-papiers.

Ce sont ainsi 36 % d’entre eux qui sont favorables au concept de Montréal ville refuge, 41 % qui sont contre et 23 % qui n’ont pas voulu répondre ou qui n’avaient pas d’opinion à ce sujet.

Le sondage SOM a été mené du 24 au 27 février auprès de 1010 adultes québécois, anglophones et francophones, par Internet. Il comporte une marge d’erreur de 3,4 % 19 fois sur 20.

4 commentaires
  • Marie-Claire Nivolon - Abonné 1 mars 2017 11 h 43

    Les statistiques: un cours s'impose

    Il ne peut y avoir de marge d'erreur sur une enquête par internet. La presse canadienne a vivement besoin de faire suivre un cours de Statitisques 101 à ses employés.

  • Michel Lebel - Abonné 1 mars 2017 11 h 52

    Un sentiment assez répandu

    Qui peut nier qu'il y a un sentiment anti-immigrant maintenant assez répandu en Occident. Le Québec ne semble pas échapper à cette déferlante. Plutôt triste comme constat.


    M.L.

  • Maxime Parisotto - Inscrit 1 mars 2017 12 h 13

    Donc une majorité des Québécois sont de sales racistes selon les critéres de Philippe Couillard.

    C'est beau de détester à ce point le peuple qui t'a élu...

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 1 mars 2017 20 h 20

    Bref !

    « Le sondage indique aussi que les Québécois interrogés sont partagés à propos du statut de Montréal comme ville refuge pour recevoir les sans-papiers. » (Lia Lévesque, La Presse canadienne)

    De cette citation, cette joie :

    Si on veut faire de Montréal, une ville refuge, on devrait commencer à la convaincre de sa transparence, notamment dans ses services de sécurité publique et de politique intérieure !

    Entre-temps, pourquoi ne devrait-on pas demander à Ottawa, porte d’entrée, d’agir comme une dite ville-refuge ?

    Bref ! - 1 mars 2017 -