Le sociologue et théologien Jacques Grand’Maison est décédé

Jacques Grand’Maison est reconnu pour son approche décloisonnée de la théologie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jacques Grand’Maison est reconnu pour son approche décloisonnée de la théologie.

Le sociologue et théologien Jacques Grand’Maison est décédé dimanche matin à l’âge de 84 ans.

La directrice de la Maison d’édition Carte Blanche, Hélène Rudel-Tessier, a confirmé lundi matin que M. Grand’Maison avait perdu son long combat contre un cancer.

Originaire de Saint-Jérôme, M. Grand’Maison a fait des études au Grand Séminaire de Montréal et à l’Université Grégorienne du Vatican avant d’obtenir son doctorat à l’Université de Montréal, où il a enseigné de 1967 à 1997.

Jacques Grand’Maison est reconnu pour son approche décloisonnée de la théologie, qu’il a su mêler avec d’autres disciplines, dont la sociologie, la psychologie et le droit.

Auteur prolifique, le chanoine Grand’Maison a écrit des dizaines d’ouvrages pendant sa longue carrière.

Il a signé son dernier livre, « Ces valeurs dont on parle si peu », en 2015, un essai qu’il a décrit comme son « testament spirituel ».

« J’arrive à la fin de ma vie et je tenais à communiquer ces réflexions sur les valeurs. Trop souvent, on néglige la transmission du savoir intergénérationnel. La vie moderne exige une bonne dose de jugement, mais je ne suis pas certain qu’on l’exerce toujours de façon optimale », avait-il confié au journal « Forum » de l’Université de Montréal.

Jacques Grand’Maison a reçu plusieurs récompenses, dont le Prix des sciences humaines du Québec, le prix Esdras-Mainville et le Prix des sciences sociales du Canada. Il a également obtenu un doctorat honoris causa de l’Université de Sherbrooke, en plus d’avoir été désigné officier de l’Ordre du Québec.

Un autre sociologue important du Québec, le regretté Fernand Dumont, avait souligné « l’oeuvre considérable » de M. Grand’Maison, tant par son volume que par sa portée. « La finesse des analyses y rejoint l’étonnante étendue de l’érudition. M. Grand’Maison n’est pas seulement un chercheur, un savant et un professeur. Depuis longtemps, il s’est engagé dans l’action sociale où il a apporté sa lucidité et son dévouement », avait déclaré M. Dumont.

6 commentaires
  • Georges Letarte - Abonné 7 novembre 2016 13 h 38

    MERCI

    Merci Jacques Grand-Maison! Vous avez inspiré ma jeunesse à Saint-Jérôme dans les années soixante et avez influencé mes choix. Vous êtes demeuré une référence majeure sur les défis qui s'imposent dans les tournants de la vie de chacun et à notre société. Vous manquerez au Québec.

  • Michel Lebel - Abonné 7 novembre 2016 14 h 22

    Le sociologue chanoine


    Un être d'exception nous quitte. Je trouve la citation extraite du journal ''Forum'' de l'Univerité de Montréal pour le moins suave et marquée par l'euphémisme: ''on n'exercerait pas de nos jours son jugement toujours de façon optimale''... Que le grand travailleur et ami des travailleurs qu'était le sociologue chanoine de Saint Jérôme repose en paix. Ses nombreux écrits demeureront.

    Michel Lebel

  • Yvon Bureau - Abonné 7 novembre 2016 16 h 34

    Admiration et GRATITUDE

    à vous, Jacques Grand'Maison, Grand'Coeur et Grand'Esprit.

    Vous avez fait honneur à notre humanité et à notre intelligence.
    Vous continuerez à nous être présent, vous maintenant un Vivant du passé.

    Les vivants du futur se nourriront à vous, abondamment.

  • Hélèyne D'Aigle - Inscrite 7 novembre 2016 17 h 08

    Un humaniste spirituel .


    Ce que j'aimais et appréciais de cet homme de feu, radical et provocant ,

    à mon goût , c'est surtout son souci " d'intégrer l'âme et la conscience

    dans nos regards sur ce qui nous arrive . " Merci M. Grand'Maison !

  • Monique Girard - Abonnée 7 novembre 2016 19 h 28

    Quel homme exceptionnel!

    Il nous a quitté,ce grand monsieur Grand'Maison, mais il restera bien présent dans mes pensées. Il nous a laissé ses livres et ses réflexions sur cette société qu'il savait si bien analyser et critiquer et qu'il aimait profondément. Je me réfère régulièrement à son livre Quand le jugement fout le camp car il me permet de comprendre un peu mieux ce que nous sommes devenus.

    Merci monsieur Grand'Maison!!!