José Bové refoulé à la frontière canadienne

José Bové est arrivé à Montréal vers 16 h. En soirée, il devait participer à une conférence détaillant les impacts sociaux et environnementaux de l’AECG.
Photo: John Thys Archives Agence France-Presse José Bové est arrivé à Montréal vers 16 h. En soirée, il devait participer à une conférence détaillant les impacts sociaux et environnementaux de l’AECG.

Le député européen et militant écologiste José Bové, invité à Montréal pour participer à une conférence sur l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, a été interdit d’entrée sur le territoire canadien mardi soir.

Après avoir été retenu pendant plusieurs heures à l’aéroport Montréal-Trudeau, le Français s’est fait saisir son passeport par les autorités douanières.

« Je suis expulsé demain [mercredi]. Ils ont gardé tous mes papiers, mon passeport », a confirmé José Bové au Devoir.

Le député européen a été autorisé à se rendre à son hôtel pour y passer la nuit, mais il devra être de retour à l’aéroport à 13 h pour prendre un vol le ramenant à Paris. « Les raisons, c’est que j’ai été condamné dans le passé, assez lointain maintenant, à la fois pour le démontage du McDo et pour avoir fauché des OGM. Ce sont les deux actions qu’ils me reprochent », a-t-il résumé.

Personnage controversé

Agriculteur, écologiste, syndicaliste : José Bové, désormais vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen, s’est fait connaître par sa participation à des gestes de désobéissance civile allant de l’arrachage illégal de plantations d’organismes génétiquement modifiés au démantèlement d’un restaurant McDonald’s en construction, en 1999. Ses actions lui ont valu quelques courts séjours en prison.

« Me reprocher ces actions-là aujourd’hui, alors que je suis au Parlement européen ; des actions qui ont eu lieu il y a 17 ans, c’est quand même assez incroyable », a pesté le militant. Fait étonnant, José Bové est entré au pays pour participer au Sommet des Amériques, en 2001. C’était pourtant après l’épisode du McDonald’s, a-t-il souligné.

Dans les derniers mois, l’écologiste a défilé sur diverses tribunes pour dénoncer l’Accord de libre-échange Canada-Union européenne (AECG), un traité qui porterait selon lui préjudice aux producteurs européens dont les produits sont protégés par des appellations d’origine protégée. La ratification de l’accord doit être lancée ce mois-ci ; le premier ministre français, Manuel Valls, doit d’ailleurs arriver au Québec ce mercredi pour en discuter avec les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau.

Le député du Parlement européen devait participer à une conférence du Centre St-Pierre de Montréal au sujet des impacts sociaux et environnementaux de l’AECG.

José Bové possède un passeport européen. Il voyage régulièrement en Europe et ailleurs dans le monde, a affirmé son attaché de presse, Jean-Marc Desfilhes. « Dernièrement, nous sommes allés au Cameroun et il n’y a eu aucun problème, a-t-il illustré. Donc, visiblement, il y a un régime particulier ici. »

47 commentaires
  • Gilles Gagné - Abonné 11 octobre 2016 21 h 16

    Et nous serions dans un pays démocratique? que d'hypocrisie.

    • Loraine King - Abonnée 12 octobre 2016 06 h 41

      La démocratie ne vous accorde aucun droit d'entrer dans un pays étranger, si démocratique soit-il, juste le droit d'en sortir. J'ai vécu il y a une dizaine d'années un refus à la frontière américaine parce que mon compagnon de voyage a un frère pour qui un mandat d'arrêt était en vigueur. C'est la première nouvelle qu'il avait de son frère depuis 1959. Il le croyait mort. Cet homme d'affaires a dû consulter un avocat et obtenir une exemption qu'il doit renouveller périodiquement. On lisait récemment des cas de personnes qui admettent avoir consommé du cannabis - même médical - à qui on interdit d'entrer aux États-Unis. Bref, les Canadiens qui voyagent savent qu'on entre pas comme on veut dans un pays. Il faut s'informer des lois.

      Au Canada, une condamnation, même une accusation sans conviction peut mener à un interdit d'entrer. Et oui, avoir un frère qui a commit un crime dans un autre pays peut aussi mener à un interdit d'entrer.

      Ce qu'il faudrait savoir c'est si M. Bové devait déclarer ses condamnations lors de sa demande du "visa" qu'il aurait obtenu selon la SRC. Est-ce que le formulaire, je présume de l'autorisation de voyage électronique (AVE), requiert la déclaration d'accusations ou de convictions? Cette exigence d'AVE est en vigueur depuis quelques mois. C'est une information importante pour juger la nouvelle.

      Nos lois s'appliquent à tous, qu'on soit député du parlement européen ne change rien.

    • Carmen Labelle - Abonnée 12 octobre 2016 10 h 08

      Madame king, il y a la loi et l'utilisation qu'on en fait.On a bien laissé entrer chez nous des prédicateurs qui pronaient la sharia et avaient été l'objet d,arrestation et de poursuites ailleurs. Il est clair que le gouvernement Trudeau a décidé de prendre le parti de Monsanto contre la liberté d'expression.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 12 octobre 2016 10 h 49

      Madame King, rien à voir avec les lois, mais plutôt avec la politique, et ce n'est pas la même chose.

    • Benoit Toupin - Abonné 12 octobre 2016 11 h 24

      Et ça donne des lecon d'ouverture...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 12 octobre 2016 12 h 15

      Madame King, ce député européen s'est fait reconduire aux frontières pour des raisons politiques, et non légales.

  • Patrick Daganaud - Abonné 11 octobre 2016 21 h 37

    Justin l'écologiste

    Justin « l'écologiste » aura tôt fait de lui ouvrir nos frontières...

    L'État policier se dessine et le contrôle des idées.

    Ce n'est pas loin de Harper!

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 11 octobre 2016 23 h 24

    Imbécile de douaniers "canadians"

    On voit bien l'hypocrisie "canadian" quand il s'agit de personnalités francophones dont la notoriété ne dit rien au Rest of Canada.

    Il faut quand même le faire: interdire d'entrée un député européen vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen.

    Si c'était un député britannique, on lui aurait ouvert tout grandes les portes, même s'il avait déjà fauché des OGM.

    Bravo Stéphane Dion!!! Tu devrais expliquer à Justin Selfie l'abcd des relations internationales du monde francophone, He does not understand well.

    • Robert Beauchamp - Abonné 12 octobre 2016 10 h 22

      Enfin le Canada montre son vrai visage à la face du monde entier. On aurait eu beau accuser Harper, toute comparaison est devenue caduque.

  • Nadia Alexan - Abonnée 11 octobre 2016 23 h 27

    C'est vraiment honteux!

    Sommes-nous devenus un pays totalitaire et fasciste? Où est notre soi-disant démocratie? Est-ce que le gouvernement Trudeau a peur de débattre des impacts sociaux et environnementaux de L'AECG, avant de nous imposer cet Accord de libre-échange? C'est vraiment honteux!

  • Maxime Parisotto - Inscrit 12 octobre 2016 00 h 27

    C'est un député européen. On frôle l'incident diplomatique...

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 octobre 2016 09 h 52

      avec la complicité de Vals.