Canada: le réchauffement climatique pourrait entraîner une hausse des feux de forêt

Les éléments du rapport ont occupé l’avant-scène politique, en mai dernier, alors qu’un incendie de forêt a brûlé 590 000 hectares de forêt à Fort McMurray.
Photo: Cole Burston Agence France-Presse Les éléments du rapport ont occupé l’avant-scène politique, en mai dernier, alors qu’un incendie de forêt a brûlé 590 000 hectares de forêt à Fort McMurray.

Le réchauffement climatique pourrait causer une augmentation fulgurante des incendies de forêt au Canada, selon un rapport gouvernemental qui paraît plusieurs mois après le vaste incendie de Fort McMurray, en Alberta.

Les auteurs du rapport annuel sur l’état des forêts du ministère des Ressources naturelles estiment que, d’ici la fin du siècle actuel, les changements de températures provoqueront une hausse de 50 % des incendies, sans compter les nouvelles maladies qui s’attaqueront aux arbres et la multiplication des infestations d’insectes.

Cette tendance est toutefois « masquée partiellement par une grande variabilité du problème » de région en région, notent les auteurs du rapport.

Fort McMurray

Les éléments rassemblés dans le rapport ont occupé l’avant-scène politique, en mai dernier, alors qu’un incendie de forêt est rapidement devenu incontrôlable dans la ville pétrolière albertaine de Fort McMurray. Le brasier s’est propagé sur une superficie de près de 590 000 hectares de la forêt boréale.

La valeur totale des pertes assurables en lien avec les incendies de Fort McMurray est estimée à 3,5 milliards, ce qui en fait la plus importante réclamation d’assurance liée à un seul événement de l’histoire du Canada.

Il est toutefois difficile d’évaluer le rôle joué par le réchauffement climatique dans un incident isolé tel que celui du printemps dernier, ont souligné les experts. Chose certaine, selon le rapport, la hausse de la fréquence est déjà observable et n’est pas près de décroître.

« Ce qui est complexe, c’est qu’on regarde [généralement] les événements extrêmes », a soulevé le chercheur Steve Taylor, du Centre de foresterie du Pacifique de Ressources naturelles Canada. Les incendies comparables à ceux de Fort McMurray surviennent environ 40 fois sur 30 ans, a-t-il expliqué, mais environ 150 000 incidents ont lieu, au total, sur la même période.

Passer à l’acte

« Nous ne voulons pas nécessairement dire que le ciel est en train de tomber, a ajouté le scientifique, mais [le rapport] devrait susciter des inquiétudes et un passage à l’acte. »

L’évaluation annuelle de 2015 indique que 7068 incendies de forêt ont brûlé environ 3,9 millions d’hectares. Si le nombre de cas était seulement légèrement au-dessus de la moyenne sur 10 ans, l’étendue ravagée était 50 % plus grande que la moyenne sur 10 ans.

« Nous sommes dans une posture où nous pouvons encore regarder vers l’avenir et nous préparer de la meilleure façon pour réduire les répercussions dans les décennies à venir », a fait valoir M. Taylor.