Le meilleur taux de réponse au recensement enregistré depuis 1666

Selon Navdeep Bains, le ministre des Sciences et du Développement économique à Ottawa, ce taux de participation record va permettre « d’obtenir un portrait statistique détaillé » afin de planifier « des services essentiels, comme les services de garde d’enfants, le logement et le transport en commun ». 
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Selon Navdeep Bains, le ministre des Sciences et du Développement économique à Ottawa, ce taux de participation record va permettre « d’obtenir un portrait statistique détaillé » afin de planifier « des services essentiels, comme les services de garde d’enfants, le logement et le transport en commun ». 

Jamais depuis 1666 un recensement de l’État n’avait obtenu un si haut taux de réponse sur le territoire canadien : 98,4 % des citoyens soumis au recensement 2016 y ont répondu. Un sommet du genre.

Selon Navdeep Bains, le ministre des Sciences et du Développement économique à Ottawa, ce taux de participation record va permettre « d’obtenir un portrait statistique détaillé » afin de planifier « des services essentiels, comme les services de garde d’enfants, le logement et le transport en commun ». Les premiers résultats tirés de cette importante source d’informations doivent paraître en début d’année 2017. Ils concerneront la population canadienne en rapport avec le logement.

Pour le recensement 2016, les libéraux ont rétabli le questionnaire de type long qu’avait rejeté, malgré les protestations, le gouvernement conservateur dirigé par Stephen Harper. En 2016, le taux de réponse pour le questionnaire de type long a été de 97,8 %. En comparaison, l’Enquête nationale sur les ménages (ENM), qui devait remplacer ce formulaire long, avait obtenu 68,9 % de taux de réponse au temps des conservateurs. Un plus haut taux de réponse doit en principe permettre d’obtenir des données plus justes sur la population.

« Les Canadiens ont aussi prouvé que le fait de rétablir le questionnaire détaillé du recensement avait été une décision judicieuse », a déclaré le ministre Bains. Dans ce qui peut ressembler à une pointe contre le gouvernement précédent, le ministre a précisé que « les Canadiens ont démontré leur engagement à l’égard du Programme du recensement ainsi que l’importance qu’ils accordent à la prise de décisions fondées sur les faits ».

C’est justement par cet enthousiasme à l’égard du recensement que l’officine des statistiques au Canada expliquait ce printemps que son site Internet n’arrivait pas à répondre à la demande.

Statistique Canada commencera à publier d’ici six mois des éléments d’analyses tirées des données obtenues grâce à ce recensement 2016. Le prochain recensement doit se tenir en 2021.

En Nouvelle-France...

Le premier recensement a été réalisé à l’hiver de 1665-1666 par Jean Talon, l’intendant de la Nouvelle-France. À ce titre, on le considère comme le premier statisticien du territoire. Afin de déterminer les besoins de l’administration qui lui était confiée, il avait établi le nombre de personnes vivant sous son autorité, selon leur lieu de résidence, sans se soucier des nations autochtones. Ce travail de recensement pouvait être accompli par un seul homme. Et Talon le réalisa en bonne partie lui-même, allant volontiers de porte en porte.

Au final, Talon put dénombrer 3215 habitants d’ascendance européenne en Nouvelle-France, soit 2034 hommes et 1181 femmes. La colonie était alors structurée autour de trois établissements principaux : Québec, avec une population de plus de 2100 personnes ; Montréal avec 635 habitants ; Trois-Rivières, avec seulement 455 habitants. Parmi ces habitants de la Nouvelle-France, on comptait, selon le travail de Talon, 3 instituteurs, 3 serruriers, 3 notaires, 4 huissiers, 5 chirurgiens, 5 boulangers, 8 fabricants de tonneaux, 9 meuniers, 18 marchands, 27 menuisiers et 36 charpentiers.

4 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 30 août 2016 06 h 39

    Bravo!!!!

    Merci aux libéraux d'avoir rétabli ce formule et bravo à Statistiques Canada pour leur excellent travail.

    Quant au règne des conservateurs.... "Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage"... leur idéologie obtus et vétuste n'était qu'un prétexte pour détruire tout ce qui faisait sens dans ce pays et permettait une meilleure compréhension sociale. Espérons qu'ils ne seront plus jamais au pouvoir.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 30 août 2016 13 h 27

    Fantastique !

    Enfin on a maintenant la participation au recensement long des 49% qui sont incapables de lire la posologie d'un médicament, comprendre un article de journal ou décrypter les ingrédients inscrits sur une boîte de céréales !
    Et avec ce 98.4% on peut même dire que l’on a aussi la participation de ceux qu’une étude de l’OCDE classait au niveau 1 et moins (sur 5). http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/educat

    http://www.ledevoir.com/societe/education/449099/l

    Reste tout de même quelques questions en suspend sur ce taux de 98.4%.
    En 2015 Sta can publiait deux taux pour indiquer la participation à l’Enquête nationale auprès des ménages (Enquête qui avait remplacé le formulaire long obligatoire). Le premier taux était comme indiqué dans l’article ici de 68.6%. Le second lui était pondéré et il était de 77.2% (80.7% au Québec). Si le taux pondéré était alors 12% plus élevé que le taux primaire en 2011 celui de 2016 serait de 110% ? ?
    https://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/ref/about-apropos/nhs-enm_r012.cfm?Lang=F

    Ou alors Sta Can vient de publier le taux pondéré sans le spécifier.

    Ou encore, vu que le taux de participation global au recensement de 2011 était de 97.1% il serait plus normal que ce 98.4% soit aussi le taux global. https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/ref/about-apropos/rates-taux-fra.cfm

    Surtout qu’a la date limite du retour de formulaire au mois de mai cette année ils en avaient reçu que la moitié, ce qui ne présageait pas vraiment à l’atteinte d’un record de réponse.
    http://www.journaldemontreal.com/2016/05/12/recens

    Vous comprendrez un certain scepticisme de ma part après tout l’activisme qui s'est manifesté à Sta Canada quand on a apporté des changements au questionnaire long.
    Là, en bon juge et partie, ils déclarent la victoire de leur a

  • Patrick Daganaud - Abonné 30 août 2016 18 h 20

    Peu probable

    Il est permis, comme le souligne Jean-Yves Arès, de douter fortement des taux avancés (ou « balancés »)

    Si les dérives commencent à ce stade, elles vont mathématiquement s'enchaîner.

    Sans doute est-ce la politicostatistique...