Objectif terre

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Alexandre Gaboury souhaite faire de son jardin un lieu d’accueil, tant pour les oiseaux que pour les insectes.

Il y a quelques années, Maaike Zuyderhoff a dû quitter sa propriété de quelques acres, dans la campagne de Sutton, pour s’installer au village avec sa mère malade. Cette femme impliquée socialement y avait déjà accueilli un jardin communautaire.

« J’ai eu des offres de bûcherons qui voulaient acheter. Mais je n’étais pas intéressée », dit-elle. Elle voulait y accueillir « une activité humaine qui ne détruirait pas le milieu environnemental ».

Déjà, elle avait d’ailleurs fait en sorte qu’une partie du territoire soit préservée en tant que réserve naturelle. Bien que petite, sa terre longe un marécage, ce qui la rend fertile et facile à travailler.

Après avoir transformé sa maison en habitation multigénérationnelle, elle fait appel à la banque de terres de Brome-Missisquoi pour trouver des gens qui souhaiteraient travailler ce terrain productif sans détruire les environs.

Par goût pour la nourriture

La propriété de Maaike Zuyderhoff a l’avantage de compter une habitation bigénérationnelle que les locataires peuvent occuper.

« C’est vraiment un atout d’habiter sur la terre lorsqu’on est en agriculture », remarque-t-elle. Elle n’a donc eu aucune difficulté à trouver des gens avec qui se jumeler. Plusieurs familles ont déjà occupé son terrain pour diverses cultures et ont ensuite poursuivi l’aventure ailleurs.

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

Cet été, la terre de Maaike Zuiderhoff accueille les jardins d’Astragales d’Alexandre Gaboury. Le jeune homme souhaite mettre en marché des légumes et des herbes vivaces en misant sur leurs vertus médicinales. Déjà, il vend des paniers bios de ses produits à différents abonnés de la région.

Diplômé en design de l’environnement, ayant grandi en banlieue, Alexandre Gaboury souhaite faire de son jardin un lieu d’accueil, tant pour les oiseaux que pour les insectes. « Pour moi, c’est comme un laboratoire vivant », dit-il.

« C’est de l’agriculture à l’ancienne », reconnaît-il. Il travaille notamment la façon de contrôler la présence d’insectes en couplant des plantes qui font le boulot ensemble.

Selon lui, oeuvrer de concert avec la nature permettra de diminuer la présence de l’homme au champ, même s’il avoue fournir pour l’instant 12 heures de travail par jour. En attendant de pouvoir commercialiser ses plantes vivaces, il a planté quelques annuelles.

C’est par goût pour la nourriture qu’Alexandre Gaboury est arrivé à l’agriculture. Maaike Zuyderhoff participe quant à elle à des ateliers de cuisine collective qui se tiennent régulièrement à Sutton et qui mettent en valeur les productions locales.

Alexandre Gaboury a une associée, Mireille Léger-Rousseau, foodie elle aussi, dit-il. Elle a vu là également l’occasion de se replonger les mains dans la terre après avoir obtenu un diplôme en sciences de l’information.

Quarante espèces

Un grand chapeau sur la tête pour échapper aux rayons ardents du soleil, elle dit être de la mouvance des « surdiplômés et surscolarisés » qui ont besoin de faire un retour aux sources. « J’étais tannée de regarder un écran », dit-elle en s’essuyant le front.

« C’est la première année, donc la production est encore modeste, mais on a quand même 40 espèces », dit-elle.

Les associés misent entre autres sur l’artichaut, qui réduirait l’hypercholestérol et la surcharge pondérale. Le cassis, quant à lui, serait anti-inflammatoire et actif sur la vision et l’audition. La verge d’or serait diurétique et, en usage externe, soignerait les ulcères et les plaies.

Qui sait si la visite du jardin ne permettra pas de redécouvrir des espèces aux vertus oubliées ?

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