Le CSTC avare de détails

Le?CSTC?a?été placé sous les projecteurs ces dernières années en raison des informations coulées par Edward Snowden, l’ancien sous-traitant de l’agence de sécurité nationale américaine (NSA).
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le?CSTC?a?été placé sous les projecteurs ces dernières années en raison des informations coulées par Edward Snowden, l’ancien sous-traitant de l’agence de sécurité nationale américaine (NSA).

Ottawa — L’agence d’espionnage électronique du Canada refuse de préciser à quelle fréquence elle partage de l’information pouvant mener à la torture d’un individu dans une prison étrangère.

Le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) — qui analyse les menaces de terroristes et espions étrangers — a censuré des documents présentant ces données, même si la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ont déjà révélé ces chiffres dans le passé.

Cette réticence a poussé Amnistie internationale Canada à affirmer que le CSTC devait faire preuve d’une « plus grande transparence ».

Le CSTC a été placé sous les projecteurs ces dernières années en raison des informations coulées par Edward Snowden, l’ancien sous-traitant de l’agence de sécurité nationale américaine (NSA), l’équivalent du CSTC au sud de la frontière.

Le Centre fait également partie d’une poignée d’agences canadiennes — dont la GRC, le SCRS, l’Agence des services frontaliers du Canada et la Défense nationale — qui ont le droit de partager des informations avec des partenaires étrangers, même si cela signifie qu’une personne pourrait être torturée par la suite.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué plus tôt cette année que les libéraux se pencheraient sur les problèmes liés à cette politique de partage d’information, mise en place par le gouvernement conservateur précédent.

Haut risque

Un document de quatre pages publié en 2010 souligne que lorsqu’il existe un « risque considérable » que l’envoi d’information — ou la demande d’information — à une agence étrangère mène à la torture, le dossier devrait être renvoyé au sous-ministre ou au dirigeant d’agence responsable.

En décidant quelles mesures prendre, le dirigeant de l’agence analysera trois facteurs, y compris la menace à la sécurité nationale du Canada et la nature et l’imminence de cette menace ; la relation du Canada avec l’agence étrangère et le statut du pays en matière de respect des droits de la personne ; et la raison pour laquelle on croit que le partage d’information mènera à la torture.