Un sursis pour les Roms

Katalin Lakatos et sa fille Gilda
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Katalin Lakatos et sa fille Gilda

Les doléances de la famille Lakatos ont été entendues : le gouvernement Trudeau a accepté de ne pas les expulser jeudi et de plutôt leur donner deux mois de sursis pour avoir le temps d’analyser leur dossier.

Mardi, les deux femmes de cette famille rom de Hongrie, Gilda, âgée de 17 ans, et sa mère Katalin, avaient imploré le gouvernement libéral de ne pas les renvoyer du Canada, disant craindre de devoir faire face à toutes sortes de violences à caractère raciste. C’est précisément ce qu’elles ont tenté de fuir en demandant le statut de réfugié il y a cinq ans, une requête qui leur a été finalement refusée en octobre dernier.

« Katalin était sous le choc, elle n’arrivait pas à le croire. Gilda non plus. Elles ne veulent pas se faire de faux espoir. Mais elles sont très soulagées », a expliqué Mary Foster, chargée du dossier à Solidarité sans frontières. « On espère que d’ici deux mois, on va avoir une réponse positive de la demande de résidence permanente pour motifs humanitaires qu’ils ont faite. » Mme Foster attribue cette petite victoire à la pression populaire et à la réponse favorable du public à leur « touchante histoire ».

Au gouvernement fédéral, c’est le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, qui a le pouvoir d’annuler un avis d’expulsion. Le ministère de l’Immigration a pu ensuite délivrer un permis de séjour temporaire de deux mois à la famille Lakatos, le temps d’analyser leur dossier. « C’est un pouvoir exceptionnel », explique Scott Bardsley, attaché de presse de M. Goodale. « Je n’ai pas le nombre exact mais c’est une très faible proportion des gens [qui ont un sursis à leur renvoi]. » Car le père et le fils de la famille Lakatos — l’aîné s’est suicidé il y a plus de dix ans en Hongrie à l’âge de 21 ans — ont été interceptés en mars dernier par la police lors d’un contrôle de routine et ensuite expulsés comme ils étaient sans papier. Ne restaient plus que la mère et la fille, qui font tout pour ne pas retourner en Hongrie et souhaitent même ramener le père et le fils au Canada.

1 commentaire
  • Yvon Hachey - Inscrit 12 mai 2016 22 h 13

    Bienvenue au Canada

    C'est une honte de ne pas accueillir les Romanichels, nous accueillons bien les Syriens au pays qui n'est pas censé faire de la discrimination, voilà bien un groupe particulièrment discriminé en Europe.