Plus de 36 000 personnes contre le projet de loi

La fusillade de Polytechnique en 1989 serait une des raisons qui explique l’approche plus sévère de Québec face aux armes qu’ailleurs au pays.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La fusillade de Polytechnique en 1989 serait une des raisons qui explique l’approche plus sévère de Québec face aux armes qu’ailleurs au pays.

Une pétition demandant le retrait du projet de loi pour créer un registre provincial des armes d’épaule a récolté plus de 36 000 signatures et devrait être présentée à l’Assemblée nationale à la mi-mars.

Ce projet de loi, qui semblait pourtant bien en selle, suscite une opposition inattendue sur le terrain.

Le gouvernement Couillard a présenté en décembre dernier un projet de loi pour la création d’un registre provincial des armes, trois ans après l’abolition du registre national pour les armes d’épaule sans restrictions.

Les députés provinciaux s’étaient montrés en faveur d’un registre. Certains commencent toutefois à reconsidérer leur position, maintenant que le projet de loi est déposé. Des membres du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec ont admis qu’il y avait des tensions au sein de leurs caucus respectifs sur le sujet, et certaines informations qui circulent laissent croire que les libéraux, au pouvoir à Québec, ont également des différends. La possibilité d’un vote libre, une procédure rarement utilisée, a même été évoquée si le projet de loi progresse.

Des groupes opposés au registre soutiennent qu’il y a un fossé entre l’opinion populaire urbaine et rurale, et les divisions des caucus semblent le refléter.

Le lobby national des armes, l’Association canadienne pour les armes à feu (ACAF), se dit aussi inquiet des répercussions d’un registre québécois sur d’autres provinces. L’association a donné son appui au mouvement québécois pour l’abolition du projet de loi, « Tous contre un registre québécois des armes à feu ».

« Les propriétaires d’armes à feu de toutes les provinces ont les yeux tournés vers le Québec », affirme Francis Tenta, représentant pour le Québec de l’ACAF. « Si le Québec adopte [le projet de loi], les autres provinces pourraient être tentées de faire la même chose. »

Guy Morin, le vice-président du groupe formé au Québec, dit avoir reçu quelques dons de l’Ouest canadien, et des propriétaires d’armes de l’Ontario prévoyaient se rendre à Maniwaki, samedi, pour une manifestation devant le bureau de circonscription de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. « Ils savent que si ça passe au Québec, ils pourraient être les prochains », dit-il pour expliquer ce soutien du reste du Canada.

Pour M. Morin, l’argent devrait plutôt être investi en santé mentale. Il croit que les règles en place, notamment le permis de possession et d’acquisition d’arme à feu, sont suffisantes. Ce permis renouvelable tous les cinq ans est refusé notamment aux gens ayant un dossier criminel, un passé violent ou dépressif, explique-t-il.


 
3 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 28 février 2016 12 h 25

    Cessez de prendre les québécois pour des imbéciles!

    Monsieur Morin y va de propos assez réducteur et au raisonnement à courte vue lorsqu'il parle de l'ignorance de la population et que les québécois pensent "qu'on pourra quasiment se promener librement avec des fusils, comme au Texas". La question se pose d'abord sur sa propre ignorance et son propre déni du débat social. Il serait très bien que les autres provinces emboitent le pas. Il serait dommage que le lobby des "cowboys" au Québec réussisse à faire échouer un projet visant à mieux intervenir dans les situations de violence relativement aux armes à feu.

  • Sylvain Grenier - Abonné 28 février 2016 12 h 44

    Le monde a l'envers

    Le registre des armes à feu est maintenant débatu depuis quelques décennies maintenant.
    Alors pour pas prendre de chances tout le monde doit enregistrer ses armes pour certains ou personne pour d'autres. Pourqoui pas donner aux authorités le droit de poser la question lorsque certaines conditions nécessite une vérification et pénaliser les personnes qui tenterait de dissimuler leur armes. Un appel aux authorités ou une raison valable pour ceux-ci permet de mettre en branle une procedure ou intervention. Un registre peut être crée mais il devrait l'être de facon moderne. Ils est grand temps que les gouvernements arrêtent de parler des technologies de l'information comme si ils étaient des experts et embauche de vrai experts.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 29 février 2016 14 h 36

    La finalité d'une arme c'est de tirer pour....tuer.

    La première année, au moment de remplir les feuillets d'impôts il suffit d'ajouter une annexe qui demande dans un premier temps au contribuable s'il y a lieu d'établir la liste des armes qu'il possède avec leurs numéros de série tout en précisant de qui ils ont été achetés ou rachetés avec l'adresse civique de l'ancien propriétaire.
    L'année d'après on demande simplement s'il y a eu des modifications à la liste oui ou non. Si oui, rajouter les ajouts s'il y a lieu ou encore indiquer à qui vous avez cédé vos armes et à quelle adresse.
    Voilà
    Je ne comprends pas la mauvaise volonté de certains propriétaires d'armes! Pourtant on enregistre nos voitures à chaque année sans qu'on en face un drame. Une arme à feu c'est pourtant loin d'être une bébelle inoffensive. Une voiture ça sert à aller d'un point A à un point B: c'est sa finalité. La finalité d'une arme c'est de tirer pour...tuer. Ça mérite un minimum de contrôle. Et si ça vous rends paranoïaque d'enregistrer vos armes c'est une excellente raison pour la société de vouloir se protéger! Et laissons les cowboys du ROC s'entretuer comme aux États-Unis d'Amérique puisque c'est leur modèle de civilisation.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc