Un camp pour filles s’attire les foudres de parents

Le camp de jour «100 % Look» propose une visite d’une durée de deux heures d’une esthéticienne pour les groupes de filles de plus de onze ans.
Photo: Sergey Novikov Getty Images Le camp de jour «100 % Look» propose une visite d’une durée de deux heures d’une esthéticienne pour les groupes de filles de plus de onze ans.

« Tu feras tourner les têtes ! » Un camp de jour de la région de Québec a réussi à enflammer les réseaux sociaux en proposant aux fillettes dès l’âge de 8 ans un camp intitulé « 100 % look », destiné à « donner du style à leur personnalité » grâce à la coiffure et au maquillage, à « découvrir ce qui est in et out » et à « améliorer leur démarche et leur maintien ».

Pris à partie par des internautes dès vendredi, le camp Rive-Sud, basé à Lévis, dont le dépliant publicitaire a été distribué par la poste dans des milliers de foyers de la région de la Vieille Capitale, a depuis retiré temporairement ce camp thématique de son site Internet. Les commentaires négatifs des internautes formulés sur la page Facebook de l’organisme ont aussi été supprimés depuis.

« En quelle année vous vivez ! Vous êtes sérieux ? Est-ce de l’éducation, de la formation d’enseigner à de petites filles — ou à des filles — comment correspondre le mieux possible à des stéréotypes et à des modèles féminins qui pour une grande partie font un tort immense aux filles ? », s’est insurgée une internaute, dont le commentaire a été biffé depuis.

Joint lundi, le président fondateur du camp Rive-Sud, Jean-Pierre Côté, s’est défendu en disant que le camp « 100 % look », offert depuis pourtant 15 ans, n’avait jamais suscité de critiques à ce jour. Il a cependant convenu que le texte descriptif du camp thématique, offert au coût de 225 $ par semaine, n’avait pas été revu, il y a 5 ans, lorsque le même atelier a été élargi aux fillettes de 8 à 11 ans.

« Ces commentaires ont allumé une petite lumière rouge. On n’avait jamais rien reçu là-dessus en 15 ans. Le camp thématique va rester, mais on va reformuler le texte de présentation, car ces termes sont perçus très négativement », a concédé M. Côté.

Interrogé sur le contenu hyperstéréotypé de ce camp thématique pour filles, le directeur a soutenu que les séances de maquillage et de coiffure ne s’adressaient pas aux fillettes 8 à 11 ans. Par contre, il a précisé que d’autres activités, dont une visite d’une durée de deux heures d’une esthéticienne, étaient prévues au programme pour les groupes de filles de plus de 11 ans.

Selon M. Côté, l’initiation au logiciel Photoshop mentionnée dans la fiche décrivant les activités offertes aux filles ne vise pas à corriger ou modifier leurs photos personnelles, mais plutôt à réaliser des albums de scrapbooking. « Le but du camp, c’est de faire un défilé le vendredi en présence des parents, et d’apprendre à parler en public et à développer une estime de soi », a-t-il défendu.

Reste que la description initiale du camp thématique, incluse dans la programmation 2016 du camp Rive-Sud envoyée au public par la poste, spécifiait que Photoshop servirait aux enfants à préparer leur propre portfolio. « Apprends tout ce que tu dois savoir sur ton look », pouvait-on lire.

Fréquentés par plus de 4000 enfants chaque été, les camps de jour du camp Rive-Sud offrent près de 90 séjours thématiques, dont la majorité est axée sur les sports, le plein air, les sciences ou les arts plastiques, affirme le fondateur du camp. Le séjour « 100 % look » attire tout au plus quelques dizaines d’enfants chaque été, dit-il.

Quant aux idées de camps thématiques, elles émanent essentiellement des idées lancées par les jeunes et les parents. Selon M. Côté, les commentaires négatifs reçus sur le camp « 100 % look » venaient de gens de l’extérieur de Québec et non de la clientèle naturelle du camp Rive-Sud.

4 commentaires
  • Sylvain Dionne - Inscrit 22 février 2016 18 h 58

    La misère des filles

    Ce sont les gangs de rue qui doivent être content de ce projet... Non mais vraiment, rien pour aider à prévenir l'exploitation des jeunes filles des projets comme ça...

  • Maryse Veilleux - Abonnée 22 février 2016 20 h 42

    Pathétique !

    Oui, comme vous dîtes monsieur Dionne ce sont les gangs de rue qui doivent être heureux de projet, est-il financé en partie par le gouvernement? Et il y a des parents qui inscrivent leurs enfants à des endroits comme cela!...

  • Colette Pagé - Inscrite 23 février 2016 10 h 20

    Laissons les vivre leur jeunesse en paix !

    Apprendre à se maquiller à 8 ans mais ces organisateurs ont perdu la tête. Probablement influencés par des agences de marketing ce que l'on ne peut pas faire pour attirer la clientèle. Laissons ces jeunes filles vivrent leur jeunesse sans être tenues de se soumettre aux canons de la mode.

    Et les parents bling bling trop pressés par le désir de voir leurs filles convoitées par de bons partis se rendent complices de ce marchandage.

  • Stéphane Laporte - Abonné 23 février 2016 15 h 14

    ?

    "Selon M. Côté, les commentaires négatifs reçus sur le camp « 100 % look » venaient de gens de l’extérieur de Québec et non de la clientèle naturelle du camp Rive-Sud." On peut se demander qui sont les plus méprisés dans cette affirmation.