Plus de pensées suicidaires chez les femmes autochtones

Le fait que les taux de suicide chez les autochtones du Canada soient beaucoup plus élevés que dans la population en général se traduit presque sans surprise par des idées suicidaires plus importantes dans ces populations, y compris chez les individus qui vivent hors des réserves fédérales. C’est ce que permet de comprendre une étude de Statistique Canada qui vient de paraître.

Les autochtones sont nettement plus susceptibles que la population canadienne en général de connaître des pensées suicidaires.

Les femmes autochtones, montre cette étude, ont des états suicidaires deux fois plus élevés que chez les non-autochtones. En 2012, ces idées apparaissent chez 25,8% des femmes des Premières Nations, 23,8% chez les Inuites et 23,5% chez les Métisses. Les femmes non-autochtones montrent des pensées du même ordre dans 13,8% de la population.

En 2012, selon cette étude, plus d’un adulte sur cinq des Premières Nations, des Métis et des Inuits ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires.

Cette conclusion est tirée d’une étude consacrée aux pensées suicidaires chez les hommes et les femmes des trois groupes autochtones âgés de 26 à 59 ans. L’étude est fondée sur des déclarations subjectives.

Cette étude se consacre à l’analyse de la situation des autochtones qui vivent hors réserve, ce qui est le fait d’à peu près la moitié de cette population au Canada. Cette proportion est cependant plus faible au Québec, puisque près des trois quarts des Premières Nations y vivent dans des réserves. L’exclusion des Premières Nations vivant dans les réserves de l’enquête de base de Statistique Canada empêche une analyse plus directe de ces populations.

Des troubles d’humeur et d’anxiété, la consommation de drogues et un manque d’estime de soi sont associés aux pensées suicidaires. Les idées suicidaires sont souvent liées à des troubles mentaux. Être veuf, divorcé ou séparé a aussi des incidences sur de telles pensées.

On savait déjà que le suicide est un phénomène particulièrement criant chez les jeunes autochtones. Les taux de suicide sont en effet entre cinq et sept fois plus élevés chez les jeunes des Premières Nations que chez les jeunes non-Autochtones. Et chez les Inuits, il est jusqu’à 11 fois plus élevé que la moyenne nationale, ce qui en fait un des plus élevés au monde.