Des projets de recherche sont attendus à Montréal

Le maire de Montréal, Denis Coderre, le chercheur Paul Shrivastava de l’Université Concordia, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Montréal, Denis Coderre, le chercheur Paul Shrivastava de l’Université Concordia, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Montréal continue d’assurer un certain leadership dans le domaine de la recherche sur le climat, notamment en abritant le secrétariat de l’organisation Future Earth, qui regroupe quelque 60 000 scientifiques réseautés à travers cinq grandes villes du monde. Au cours des prochains mois, des projets de recherche devraient y émerger autour des changements climatiques et du développement durable, assortis d’applications possibles.

Depuis que Montréal a été choisie pour abriter le secrétariat en février dernier, des directeurs régionaux de l’organisme ont été nommés à Paris, à Tokyo, au Colorado et à Stockholm. À Montréal, c’est le chercheur Paul Shrivastava, de l’Université Concordia, qui assure la présidence de l’organisme, tandis que la Française Hélène Prieur en est la directrice générale. L’organisation est d’ailleurs installée dans des locaux prêtés par l’Université Concordia au centre-ville de Montréal.

Selon Rémi Quirion, le scientifique en chef du Québec, la candidature de Montréal s’est démarquée parce que les scientifiques de ses universités y travaillent davantage en réseau avec différentes disciplines. « Nous, on finance des programmes qui impliquent des chercheurs de différents milieux », dit M. Quirion.

L’objectif de Future Earth est en effet de travailler en « coconstruction », en alliant non seulement des chercheurs de différentes disciplines, mais également des représentants des gouvernements et des communautés.

Alors que la ville de Stockholm abrite un réseau de chercheurs très performants par exemple, elle n’offrait pas cette multidisciplinarité du milieu montréalais.

« À la différence d’autres organismes, Future Earth veut vraiment se mettre à la coconception de projets, où des chercheurs vont s’asseoir avec des membres des gouvernements et des communautés locales », dit M. Quirion.

Quant au financement des projets de recherche, il devrait largement provenir de fonds publics, ce qui diminue le risque de conflits d’intérêts. M. Quirion précise que l’organisme souhaite aller chercher du financement à hauteur de quelque 100 millions de dollars par année, dont « une bonne partie devrait venir du Belmont Forum, un regroupement d’organismes subventionnaires ».

Future Earth est en fait né de la fusion de quatre grands organismes internationaux dont les recherches portaient entre autres sur les changements climatiques et l’acidification des océans.

Il est probable que les projets qui prendront naissance à Future Earth soient très orientés vers le développement durable des villes, soit l’économie d’énergie et le transport électrique.

Par ailleurs, l’établissement à Montréal du secrétariat de l’organisation pourrait permettre de plus grands partenariats entre des chercheurs de différents pays.

M. Quirion évoque la possibilité de faire des études nordiques comparatives, par exemple avec la Scandinavie ou avec la Russie, ou des travaux sur la biodiversité en collaboration avec l’Amazonie.