Québec interdit les ristournes et crée un précédent

Récemment, <em>Le Devoir </em>révélait que ces programmes mettaient de nombreux détaillants sous pression et les poussait, dans certains cas, à écouler les paquets de cigarettes encore moins chers (donc à perte) pour conserver leurs contrats avec les compagnies.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Récemment, Le Devoir révélait que ces programmes mettaient de nombreux détaillants sous pression et les poussait, dans certains cas, à écouler les paquets de cigarettes encore moins chers (donc à perte) pour conserver leurs contrats avec les compagnies.

La commission parlementaire qui étudie le projet de loi sur le tabagisme a adopté mardi soir un amendement pour interdire les programmes de fidélisation des compagnies de tabac dans les dépanneurs.

La pratique est assez répandue depuis cinq ans. La compagnie offre à des détaillants triés sur le volet des cartouches de cigarettes au rabais. En échange, le détaillant s’engage à les vendre moins cher. Certaines compagnies ont déjà offert des voyages et des cadeaux aux détaillants qui obtenaient les meilleurs résultats.

L’amendement stipule qu’il est interdit d’offrir aux dépanneurs « des ristournes, des gratifications ou toute autre forme d’avantage lié à la vente d’un produit de tabac ou à son prix de vente au détail ».

La mesure a été vivement dénoncée mercredi par l’Association québécoise des dépanneurs en alimentation du Québec (AQDA). « Le gouvernement n’a aucune donnée démontrant que cette mesure fera baisser le tabagisme », a fait valoir l’AQDA dans un communiqué. Inquiète, la compagnie de tabac Rothman’s Benson Hedges (RBH) a demandé au gouvernement « de reconsidérer cette mesure », a signalé sa porte-parole jointe par Le Devoir.

Selon la Coalition pour le contrôle du tabac, il s’agirait d’une première canadienne. « Le Québec est une des rares juridictions dans le monde à formellement interdire aux fabricants de tabac de déployer des programmes ayant notamment comme objectif d’inciter les dépanneurs à vendre plus de cigarettes », a fait valoir la porte-parole Flory Doucas.

Trop faible

Or, aux yeux du Parti québécois, le gouvernement Couillard aurait pu aller plus loin. Le député Jean-François Lisée croit que le libellé de l’amendement est trop vague et n’empêche pas les cigarettiers d’offrir des rabais agressifs aux consommateurs. La Coalition avenir Québec (CAQ) a quant à elle suggéré d’imposer un prix plancher aux cigarettes comme on le fait pour la bière. Or, cette suggestion, comme les sous-amendements du PQ, ont été rejetés.

Récemment, Le Devoir révélait que ces programmes mettaient de nombreux détaillants sous pression et les poussait, dans certains cas, à écouler les paquets de cigarettes encore moins chers (donc à perte) pour conserver leurs contrats avec les compagnies.

Une association distincte de l’AQDA, l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), avait dit recevoir des plaintes de ses membres à cet effet.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 12 novembre 2015 02 h 03

    Des criminels

    Quand allons-nous les mette définitivement ces gens en prison pour les empêcher de faire encore plus de tord, qu'attendons nous, combien de procès ca va prendre et de décisions de tribunaux , depuis quand laissons nous des criminels n'en faire qu'a leur tête, n'élisons nous pas des gens pour s'occuper de ces choses, un peu de courage messieur dame et faites votre travail