Québec présentera une nouvelle offre au secteur public

La première semaine de grèves tournantes a eu lieu au cours des derniers jours.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La première semaine de grèves tournantes a eu lieu au cours des derniers jours.

Québec s’apprête à présenter une nouvelle offre au secteur public, au terme de la première semaine des grèves tournantes. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a fait savoir vendredi que le gouvernement modifiera ses propositions.


Rappelons que les syndicats du secteur public se plaignent du peu de progrès aux tables de négociation depuis un an et du manque d’ouverture du gouvernement. Pas plus tard que jeudi, les organisations syndicales réclamaient la bonification des offres, qu’elles trouvaient « indécentes ».


Vendredi, M. Coiteux a d’abord déploré les arrêts de travail de cette semaine à la grandeur du Québec, tout en minimisant leurs conséquences. « Bien qu’il y ait eu des débrayages que je considère comme regrettables, il y a eu du travail qui s’est fait aux tables de négociation même cette semaine, donc on avance », a-t-il déclaré, en marge d’une conférence de presse à Québec sur un autre sujet.


Et du même souffle, le président du Conseil du trésor a ouvert son jeu, lui qui est demeuré inflexible sur les offres globales du gouvernement depuis novembre l’an dernier. Il juge opportun maintenant de faire un pas en avant et d’envoyer un signal à ses vis-à-vis, sans détailler précisément ce qui serait déposé comme proposition. « On s’approche du moment où, effectivement, on pense être en mesure de renouveler, d’actualiser notre offre pour en arriver à un règlement négocié », a-t-il dit.


Il a néanmoins réitéré que l’offre globale actuelle « permet d’avancer » tout en restant dans le cadre financier que s’est fixé le gouvernement, c’est-à-dire l’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016, et aucun fardeau supplémentaire pour les contribuables.


Clarifications


En début de soirée vendredi, le Conseil du trésor a tout de même tenu à clarifier sa position : pas question de renoncer aux grandes lignes de ce qui a été énoncé jusqu’à maintenant et de tout jeter ce qui a été proposé. « On ne fera pas table rase », a expliqué la porte-parole de MartinCoiteux, Marie-Ève Labranche.


Les premiers échos du front commun intersyndical à propos des ouvertures de M. Coiteux sont positifs. Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, y voit une lueur d’espoir. « C’est une bonne nouvelle, mais évidemment, il faudra voir ce que le gouvernement entend par nouvelle offre. »

La CRT ordonne aux infirmières de porter leur carte d’identité

Les infirmières, qui n’ont pas fait la grève comme les autres employés du secteur public et qui avaient plutôt décidé de recourir à des moyens de pression plus légers, viennent de se voir interdire l’exercice de certains de ces moyens par le tribunal.

Dans une décision obtenue par La Presse canadienne, la Commission des relations du travail donne raison au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, qui s’était plaint du fait que les infirmières refusaient de porter leur carte d’identité à titre de moyen de pression. Elles portaient également un pantalon de yoga ou un jean, avec le haut de leur uniforme.

Ce moyen de pression avait justement été choisi par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), le principal regroupement de syndicats d’infirmières au Québec, parce qu’il était plus léger qu’une grève.

Or, la Commission des relations du travail vient de juger que le refus de porter la carte d’identité risque de mettre en péril la sécurité des patients et de nuire à un service auquel la population a droit.

« Le non-port de la carte d’identité est susceptible de mettre en danger la sécurité des patients et est conséquemment susceptible de causer préjudice au service auquel la population a droit », écrit la juge administrative dans sa décision.


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