Martin Coiteux hausse de nouveau le ton

Mardi, plusieurs bureaux gouvernementaux de la métropole ont été paralysés, tout comme le palais de justice de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Mardi, plusieurs bureaux gouvernementaux de la métropole ont été paralysés, tout comme le palais de justice de Montréal.

Devant les dizaines de milliers d’employés des secteurs publics et parapublics en grève, le président du Conseil du trésor a de nouveau haussé le ton, mardi, au jour 2 de la semaine de débrayages rotatifs qui balaie le Québec.

Martin Coiteux a dénoncé des « gestes inacceptables » après que des employés se sont apparemment vu bloquer l’accès à leurs bureaux par des fonctionnaires en grève, à Québec, promettant de « prendre les moyens nécessaires » pour que cela ne se reproduise plus.

« C’est inacceptable d’empêcher les gens d’accéder à leur lieu de travail. Je n’en dis pas plus pour l’instant », a tonné le président du Conseil du trésor, en marge du caucus libéral. « On va suivre attentivement la situation. Mais il faut absolument que les gens qui ne sont pas en grève puissent accéder à leur lieu de travail. »

Son homologue de la Santé, Gaétan Barrette, a adopté un ton beaucoup plus conciliant, à l’instar du premier ministre Couillard, d’ailleurs. Les négociations se poursuivent, a rappelé le Dr Barrette. « Je l’ai dit et redit, on respecte tout à fait le droit de manifester, le droit d’avoir une grève, dans la mesure où les lois sont respectées. Les négociations continuent », a-t-il souligné.

« Je veux une entente négociée », a réitéré pour sa part le premier ministre Couillard, ajoutant qu’il serait « surprenant qu’on ne puisse pas régler dans le cadre financier du gouvernement du Québec, alors qu’on a réglé avec les médecins omnipraticiens, les municipalités et les traversiers ». « Les Québécois ne comprendraient pas que ce ne soit pas le cas », a-t-il toutefois mis en garde les grévistes.

Devant une mobilisation « quasi historique » des employés du secteur public, le président de la CSN, Jacques Létourneau, est pour sa part convaincu qu’il réussira à faire plier le gouvernement. « M. Couillard [dit] qu’il s’est entendu avec les médecins. Si on gratte un peu, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup, beaucoup d’argent dans ce règlement. Ça signifie que lorsque le premier ministre décide de donner des marges de manoeuvre au Conseil du trésor, ça peut bouger. » Jacques Létourneau a bon espoir que cela se fasse avant le déclenchement des deuxièmes et troisièmes phases de perturbations prévues d’ici le début décembre.

La présente semaine de grève se termine jeudi avec les écoles et les établissements de santé des régions de Montréal et Laval. Mardi, déjà, plusieurs bureaux gouvernementaux de la métropole ont été paralysés, tout comme le palais de justice de Montréal. Le mouvement de débrayage devait également toucher les régions de Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et Revenu Québec.

Les syndiqués prendront une pause la semaine suivante et reviendront à la charge avec une nouvelle semaine de grèves rotatives à la mi-novembre.

Si les négociations ne débloquent toujours pas, le Front commun entend déclencher une grève nationale de trois jours au début décembre, en contraste avec celles, rotatives, de cette semaine.

Jacques Létourneau parle d’une mobilisation « assez costaude » sur les piquets de grève cette semaine.

Selon lui, l’impact des compressions et l’impact des réformes dans le système de santé notamment viennent ajouter de la pression sur les travailleurs, qui le « vivent durement sur le terrain ».

Il affirme que la population « n’est pas défavorable » à leurs revendications et qu’elle le leur démontre à coups de klaxon sur les piquets de grève.

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