La piste cyclable du pont Jacques-Cartier jugée sécuritaire

La collision s’est produite sur la piste cyclable se trouvant du côté ouest du pont Jacques-Cartier, dans la dernière portion du pont, à l’approche de Montréal.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir La collision s’est produite sur la piste cyclable se trouvant du côté ouest du pont Jacques-Cartier, dans la dernière portion du pont, à l’approche de Montréal.

« Exceptionnel », l’accident mortel impliquant deux cyclistes sur le pont Jacques-Cartier n’en était pas pour autant inévitable, ont estimé lundi des représentants de la communauté cycliste de Montréal, ébranlés par la tragédie survenue au petit matin.

Un homme de 55 ans de Montréal est mort et une femme de 24 ans de Longueuil se trouvait toujours à l’hôpital en fin de journée, pour traiter de multiples fractures, à la suite de cette collision s’étant produite vers 3 h 45, lundi, sur la piste cyclable se trouvant du côté ouest du pont Jacques-Cartier, dans la dernière portion du pont, à l’approche de Montréal.

« C’est tellement peu fréquent… je n’ai aucun souvenir qu’un accident mortel de la sorte se soit produit au Québec. » Sous le choc, la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau, tentait toujours de s’expliquer le drame en fin d’après-midi. Un accident selon toute vraisemblance évitable étant donné la présence de multiples dispositifs visant à ralentir les cyclistes, un éclairage adéquat et une chaussée en bon état sur la piste. À la Sûreté du Québec, on soutient que l’alcool n’est pas en jeu.

Vitesse dangereuse

« Ce n’est pas une piste dangereuse, elle a été élargie en 2002. Il y a une particularité, ce sont les deux bonnes pentes. Cela signifie que les cyclistes ont la responsabilité de ralentir. C’est ça le danger : la vitesse », poursuit Mme Lareau.

« On peut s’imaginer que le cycliste qui descendait allait trop vite, surtout que, dans cette courbe, la visibilité n’est pas très bonne », dit-elle, ajoutant que 75 % des cyclistes québécois ne disposent pas d’éclairage réglementaire sur leurs vélos, des outils qui servent avant tout à se faire voir des autres véhicules sur la route. « Les lampadaires, il y en a, mais ça ne suffit pas. »

La seule certitude au sujet de cet accident est que ni la jeune femme blessée grièvement ni l’homme décédé ne portaient de casque, a pour sa part ajouté la porte-parole de la Sûreté du Québec, Joyce Kemp. Le corps de police n’a pas été en mesure de fournir des statistiques sur le nombre de collisions impliquant uniquement des cyclistes, mais celles-ci seraient peu communes.

Pour Mathieu Séguin, de la Coalition vélo de Montréal, la tragédie est l’occasion de rappeler l’importance d’intégrer les cyclistes dans la planification du nouveau pont enjambant le Saint-Laurent appelé à remplacer le pont Champlain. « On sait qu’il y en aura une, mais il faut s’assurer qu’elle soit réellement adéquate pour les cyclistes, notamment qu’elle soit accessible l’hiver », dit-il.

Les cyclistes sont les premiers responsables de leur sécurité, ajoute-t-il, rappelant l’importance d’adapter son comportement aux conditions de la route et au contexte dans lequel on roule.

Une prise de position qui rejoint celle de Mme Lareau. « Quand il y a des accidents comme ça, le service qu’on peut se faire, c’est de parler de nos comportements qui peuvent être modifiés. Il faut tirer des enseignements de ça. »

7 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 24 août 2015 19 h 27

    La plus grande qualité...

    La plus grande qualité d'un cycliste et sa capacité à être présent à son environnement, il adopte alors les comportements adéquats selon le lieu dans lequel il roule.

  • Geneviève Dubreuil - Abonné 24 août 2015 20 h 10

    Ti-casses!

    "Une prise de position qui rejoint celle de Mme Lareau. « Quand il y a des accidents comme ça, le service qu’on peut se faire, c’est de parler de nos comportements qui peuvent être modifiés. Il faut tirer des enseignements de ça. »"
    Cette même dame qui il y a quelques années s'est prononcé au nom de Vélo-Québec CONTRE le port obligatoire du casque. L'argument bidon étant que ça découragerait des gens de faire du vélo. Si vous parlez aux urgentologues ils vous diront la quantité de blessures à la tête qui auraient pu être soit évitées soit atténuées si plus de cyclistes (et patineurs et planchistes) avaient porté un casque. Le même discours que dans les années 80 lors du débat sur le port obligatoire de la ceinture de sécurité en auto...
    C'est vrai que pour les mises en pli le casque c'est mortel!

    • Jean Richard - Abonné 25 août 2015 09 h 21

      De nombreux piétons qui se font tuer par des automobilistes décèdent suite à des blessures à la tête. Il faudrait donc rendre le casque obligatoire pour les piétons.

      Et puisque vous parlez de ceintures de sécurité... Elles sont obligatoires depuis longtemps en avion. En voiture, ça remonte aux années 70. Il y a cependant des exceptions : elles ne le sont pas dans les autocars ni dans les trains. Or, il y a aussi des accidents d'autocar et de train.

      Et dans les autobus (urbains) ? Tiens, comme on y voyage souvent debout, c'est plutôt difficile de s'attacher. Mais en Europe, les autobus qui transportent des gens debout sont bridés à 70 km/h. Ici, vous pouvez voyager debout dans un autobus de la STM à 115 km/h sur l'autoroute, sur une voie partagée et non réservée, ce qui ajoute au danger et pourtant...

      Revenons au casque de vélo : d'accord pour qu'on le recommande, mais non à l'obligation, qui limiterait l'usage du vélo et porterait un lourd préjudice à Bixi.

    • Geneviève Dubreuil - Abonné 25 août 2015 12 h 33

      L'avion??? Une argumentation par l'absurde (et l'exagération) est efficace si on compare des pommes à des pommes...
      Il y a plusieurs différences majeures entre l'avion, l'autobus et le vélo. Outre la masse du véhicule (et le fait que l'un vole!) les dégats en vélo sont directs puisque l'utilisateur n'a aucune protection lors d'un chute. Comme en moto ou en scooter où le port du casque a été rendu obligatoire MALGRÉ LES PROTESTATIONS de motocyclistes qui voyaient leur liberté brimée. Ça a donné certains motards qui font contre mauvaise fortune bon coeur et portent des casques originaux. Quant aux piétons ils ne sont pas en véhicule donc l'usage de casque ne s'applique pas. La prudence oui. Les casques ne règlent pas tous les problèmes mais ils sont assez efficaces pour réduire sérieusement le nombre de blessures graves. Pour BIXI il pourrait y avoir dérogation comme pour les chauffeurs de taxi...

  • Luc Le Blanc - Abonné 24 août 2015 21 h 07

    Deux cyclistes sans éclairage se croisant dans le noir...

    À voir les photos dans le JdM, il est clair qu'aucun guidon ne comportait de phare; pas besoin d'une longue enquête du coroner pour déterminer ça. La nuit, le cycliste descendant vers Montréal est aveuglé par les phares des voitures roulant vers Longueuil. Si l'obstacle (cycliste) qu'il va croiser n'est pas non plus éclairé, ils ne se voient pas, surtout pour celui descend, en raison du contre-jour. Il suffit que l'un d'eux dévie pour que la collision se produise. On croirait que la nécessité d'un éclairage de vélo tombe sous le sens pour tous, mais ça n'atteint pas 75% des cyclistes selon Vélo-Québec, plutôt 90% selon moi, qui pédale souvent en soirée. J'ai d'ailleurs déjà signalé à Vélo-Québec qu'au lieu de distribuer gratuitement des loupiotes à piles spéciales (MEC Turtle) aux récalcitrants, on devrait plutôt leur coller une contravention salée et leur remettre ladite loupiote en consolation. L'apprentissage doit parfois être douloureux pour être durable...

    • Jean Richard - Abonné 25 août 2015 09 h 58

      Les contrraventions ne règlent rien. D'une part, elles sont inéquitables, d'autre part, elles sont détournées par les corps policiers qui reçoivent l'ordre d'en tirer le plus possible pour remplir les coffres, soit des villes, soit du trésor public.

      Quant à l'éclairage, plus il y en a, moins on le voit.

    • Luc Le Blanc - Abonné 25 août 2015 10 h 15

      Donc on roule tous dans le noir et on se voit davantage???

      D'accord qu'un éclairage fixe passe inaperçu dans l'environnement lumineux nocturne, mais un clignotant ça se voit bien.

      Quant aux amendes, elles sont certes déplorables, mais le gros bon sens ne suffit aparemment pas.