Vallée ne s’oppose pas à la venue du blogueur Roosh V

Le blogueur Daryush Valizadeh<br />
Photo: Facebook Le blogueur Daryush Valizadeh

La ministre de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, ne s’oppose pas à la présence au Québec du blogueur controversé et réputé misogyne Daryush Valizadeh, alias Roosh V.

Présentement en tournée, le blogueur américain, notamment contesté pour ses propos antiféministes banalisant le viol, doit prononcer une conférence à Montréal le 8 août, puis une autre à Toronto, le 15.

Questionnée à ce sujet, la ministre Vallée a indiqué dans un bref courriel, par la voix d’un porte-parole, qu’elle condamnait les propos « inacceptables » tenus par le blogueur.

Mme Vallée « condamne ce genre de propos : ils sont tout à fait inacceptables », a écrit le porte-parole de la ministre, Jad-Patrick Barsoum.

Invité à préciser sa pensée et à dire si cette condamnation signifiait que le Québec devait s’opposer à lui donner accès à une tribune à Montréal, le porte-parole de Mme Vallée a ajouté que la ministre ne ferait « aucun autre commentaire ».

Le cabinet de Mme Vallée a répondu par courriel aux questions de La Presse canadienne, mais n’a pas rédigé de communiqué pour prendre position publiquement sur cette question.

Le conférencier prône notamment la légalisation du viol s’il est commis dans une propriété privée.

Dans un communiqué, la porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Carole Poirier, a tenu quant à elle à dénoncer la situation et à approuver le mouvement d’opposition au conférencier. Elle a dit considérer que Québec devrait prendre des mesures pour interdire à M. Valizadeh de prononcer sa conférence à Montréal.

La députée péquiste juge que le discours tenu par ce dernier est non seulement inacceptable et misogyne, mais criminel, au sens de la loi, parce qu’il incite à la haine des femmes. « La ministre doit l’empêcher d’avoir une tribune, à Montréal ou ailleurs au Québec », selon elle.

Cette controverse risque de relancer une fois de plus le débat opposant la liberté d’expression à la propagande haineuse. Au cours des dernières semaines, le projet du blogueur de venir à Montréal a soulevé l’indignation de groupes et d’associations, dont le Conseil du statut de la femme.

De plus, une pétition destinée à l’Agence des services frontaliers circule en vue d’exhorter le Canada à lui interdire l’entrée au pays. Elle a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures.

9 commentaires
  • Eric Lessard - Abonné 5 août 2015 17 h 05

    Pas plus de réactions?

    Je suis un peu surpris que cette nouvelle ne suscite pas plus de réactions. Après tout, si ce genre de propos est toléré, ça peut nuire beaucoup aux femmes et nous faire reculer comme société.

    Peut-être préfère-t-on l'ignorer dans le but de ne pas lui faire de publicité?

    En tout cas, c'est une affaire à suivre. On a déjà vu par le passé refuser l'entrée au Canada de gens qui ont des propos haineux, notamment homophobes, alors pourquoi ne pas réagir quand il s'agit de propos sexistes et haineux?

    Bien que les femmes ne soient pas une minorité, de tels propos devraient déranger.

    Il est vraiment surprenant de ne pas voir davantage de réactions!

  • Marie-Josée Blondin - Inscrite 5 août 2015 18 h 15

    Manque de courage politique!

    A quoi sert alors une ministre de la Condition Féminine?

    • Josée Pelletier - Inscrite 5 août 2015 19 h 47

      À rien Madame, à rien
      Quand la présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, Julie Mivile-Deschêne à pris position contre la Charte présentée par le gouvernement de Madame Marois, pensez-vous que les libéraux pouvaient faire mieux pour nous défendre !
      Ni Couillard, ni ses ministres ne s'opposeront à quoi que ce soit qui pourrait déranger leur électorat, surtout pas quand notre propre Conseil ne peut pas approuvé un document qui parle de l'intolérance faite aux femmes !
      Triste réalité.

    • Louis Fallu - Abonné 6 août 2015 13 h 54

      Je suis parfaitement d'accord avec vos propos.

  • Antoine Caron - Abonné 5 août 2015 20 h 22

    Et s'il s'agissait des juifs, ah... là ce serait pas pareil!

    Est-ce que la ministre se contenterait de dire la même chose s'il s'agissait d'une conférence prononcée par un individu proférant des propos antisémites? De la même manière, on peut voir que les associations féministes ne sont pas aussi puissantes que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, qui avait réussi à faire annuler les concerts de Dieudonné au Corona en 2014 (http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/11/dieudon Faut-il croire que les femmes ne sont pas plus à risque d'être violentées que les juifs? Laissez-moi en douter...

  • Josée Duplessis - Abonnée 6 août 2015 09 h 23

    Elle se voile les idées….

    Inconcevable qu'une ministre ne s'oppose as à la venue de quelqu'un qui prône la légalisation du viol dans une résidence privée. Ayoye. Alors si une fille se fait enlever et que le viol est dans la résidence du violeur, c'est légal?
    Ce n'est pas de la liberté d'expression c'est de la violence verbale.

  • Bernard Terreault - Abonné 6 août 2015 10 h 05

    Quelle pleutre!

    Si cette ministre avait le courage de poursuivre ce blogueur pour propos haineux. Est-ce que la promotion de la violence contre les femmes est mois condamnable que celle contre des groupes religieux ou ethno-culturels? Elle gagnerait probablement en cour provinciale. Elle perdrait peut-être en Cour Suprême, mais au moins elle aurait essayé.

    • J-F Garneau - Inscrit 6 août 2015 12 h 35

      Je ne suis pas juriste, mais je crois qu'il serait diffcile pour une ministre du QUébec de poursuivre un citoyen Américain résidant en Europe.