Deux cultures, un couple

Saiswari Virahsammy, née au Québec mais originaire de l’île Maurice, et Ronny Désinor, Haïti. Se disant tous deux très «spirituels», ces artistes ont plongé dans l’univers spirituel de l’autre — elle hindouiste, lui protestant. Comment les deux amoureux conjuguent-ils le tout? «Deux fois par mois, on va à l’église. Et deux fois par mois, au centre Sai Baba», dit Saiswari. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Saiswari Virahsammy, née au Québec mais originaire de l’île Maurice, et Ronny Désinor, Haïti. Se disant tous deux très «spirituels», ces artistes ont plongé dans l’univers spirituel de l’autre — elle hindouiste, lui protestant. Comment les deux amoureux conjuguent-ils le tout? «Deux fois par mois, on va à l’église. Et deux fois par mois, au centre Sai Baba», dit Saiswari. 

Ils s’appellent Yannick de Garie et Badr Aït Ahmed. Et aussi Mamselle Ruiz et Jean-Simon Rioux. Qu’ont-ils de particulier ? Ce sont des couples interculturels qui, en tissant leur relation amoureuse, ont aussi marié leurs cultures.

Ceux-là, comme tous les duos métissés rencontrés à Montréal pour donner vie à ce photoreportage, font partie des statistiques selon lesquelles le nombre d’unions mixtes est en hausse au Canada. Selon les plus récentes données de l’Enquête nationale auprès des ménages (2011), environ 360 045 couples, ou 4,6 % de l’ensemble au Canada, ont fait mariage de cultures et pas seulement de sentiments.

 

Yannick de Garie, née à Montréal-Nord, et Badr Aït Ahmed, originaire de Casablanca, au Maroc, en sont venus au fil de la relation à partager jusqu’à la même religion. Yannick s’est convertie à l’islam et a prononcé la chahada le jour de son mariage. Badr a dû prendre son courage à deux mains pour annoncer à ses parents qu’il mariait une Québécoise. « On est le pont entre deux cultures. On doit tempérer les deux côtés. Je ne cherchais pas l’approbation de mes parents, mais je voulais les rassurer. »

Mamselle Ruiz et Simon Rioux se sont rencontrés dans une troupe de cirque. Elle : chanteuse née au Mexique. Lui : artiste issu du Québec. Ils avaient le langage des arts en partage, mais elle a dû apprendre le français, dont elle ne connaissait pas les rouages. « J’ai commencé à faire des chansons en français pour apprendre la musicalité de la langue. J’ai eu des périodes de fatigue, où j’ai fait des pauses. Mais un jour, ça a débloqué. Je comprenais tout. »

La communion du couple représente leur plus grande force comme leur plus imposant défi. « J’ai le devoir de devenir avec lui une femme plus indépendante et plus forte », dit Mamselle (son vrai prénom, et non son nom d’artiste). « Il me pousse à devenir libre. C’est un des cadeaux les plus importants que j’ai eus. »

Ces photos font partie du projet Aime comme Montréal, un photoreportage composé de rencontres avec 75 couples interculturels montréalais qui sera présenté au début de 2017 dans le cadre des festivités entourant le 375e de la ville de Montréal. Le projet est dirigé par Jacques Nadeau et Marie-Christine Ladouceur-Girard.

Cette semaine, un cambrioleur s’est emparé de presque toutes les archives du photographe Jacques Nadeau. Seules quelques photos, comme celles-ci, ont été sauvées, mais une immense partie des archives manque toujours. Le photoreporter offre une récompense.


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