Pour l’amour de Radio-Canada

La foule a pu chanter en chœur avec Paul Piché, Louis-Jean Cormier, Radio Radio, et bien d’autres.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La foule a pu chanter en chœur avec Paul Piché, Louis-Jean Cormier, Radio Radio, et bien d’autres.

En ce week-end consacré à l’amour, plus de 1500 personnes ont clamé haut et fort leur attachement inconditionnel à Radio-Canada, dimanche, au cours d’un rassemblement qui a réuni au Métropolis politiciens, artistes, artisans et simples citoyens venus dénoncer les compressions budgétaires récurrentes qui ont frappé le diffuseur public au cours des dernières années.

Tous en « coeur » (le titre du spectacle), les supporters de Radio-Canada ont réclamé un meilleur financement et la fin des compressions budgétaires qui ont affligé la société d’État depuis 2012, et qui totaliseraient aujourd’hui 245 millions de dollars et représenteraient la suppression d’environ 1300 emplois. La salle était gonflée à bloc alors qu’Ariane Moffatt, Michel Rivard, Normand Brathwaite, Damien Robitaille, Radio Radio et plus de vingt autres artistes ont signifié leur soutien aux employés de Radio-Canada, dans ce spectacle organisé en quelques semaines et coanimé par Pénélope McQuade et Philippe Fehmiu.

Dans la foule, le journaliste Jacques Bissonnette observait la scène avec émotion. « Ça fait 38 ans que je suis à Radio-Canada. Je trouve triste de voir cette boîte agoniser. On le sent dans la salle de nouvelles, on voit les [journalistes non permanents] partir et la charge de travail augmenter. […] C’est dramatique pour le Québec, pour le Canada, pour la francophonie et pour les régions », a-t-il déploré.

Également présent au Métropolis, le maire de Montréal, Denis Coderre, a quant à lui appelé le public canadien à élire un gouvernement favorable à Radio-Canada aux prochaines élections fédérales, qui doivent se tenir à l’automne. « Pour la qualité de l’information, pour la créativité, pour la culture », Radio-Canada joue un rôle « vital », a dit le maire.

Croire à Radio-Canada

La présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), Isabelle Montpetit, y est pour sa part allée d’un vibrant plaidoyer pour le renouvellement de « sa » boîte. « Il faut croire à Radio-Canada. Ça nous appartient. Il faut s’en occuper et s’en préoccuper. Continuez d’y croire ! », a-t-elle lancé à la foule. Porte-parole de la campagne « Tous amis de Radio-Canada », organisée par les syndicats des employés de la SRC, le journaliste Pierre Maisonneuve a invité la foule à agir avant qu’il ne soit trop tard. Il a souligné que le NPD s’était déjà engagé en faveur du radiotélédiffuseur, alors que les conservateurs font la sourde oreille et que les libéraux demeurent évasifs en ce qui a trait à leur vision de la société d’État.

L’opposition officielle promet notamment d’assurer à Radio-Canada un financement stable, pluriannuel et prévisible, afin que la société puisse assurer sa transition vers le numérique sans compromettre ses services radio et télévision, souligne le porte-parole néodémocrate en matière de Patrimoine, Pierre Nantel. Le NPD veut aussi mettre fin aux nominations partisanes au conseil d’administration du diffuseur public. « La rapidité d’organisation et l’incroyable brochette d’artistes qui participent [montrent] bien à quel point on a besoin de Radio-Canada. Si on n’avait pas eu la SRC, on n’aurait jamais découvert tous ces artistes qu’on [entend] peu à leurs débuts dans les radios commerciales habituelles », a fait valoir M. Nantel.

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11 commentaires
  • Richard Laroche - Inscrit 16 février 2015 04 h 51

    pas de fermeture

    Amusant quand même de voir nos artistes pour qui le mot "Canada" est si répugnant, se regrouper pour sauver cette antenne d'un supposé naufrage. Tout le monde sait bien sûr, que Radio Canada a toujours été une boîte à péquistes invétérés. Comme nous sommes la société distincte par excellence au monde, je constate qu'au même moment où Radio Canada sabre dans les budgets et avec raison, Télé Québec, qui elle est financé par la province la plus endettée au pays, augmente ses dépenses. N'est-ce pas un peu contradictoire et surtout révélateur d'une société fragilisée par sa mauvaise gestion? J'appui sans aucune retenue, les compressions à Radio-Canada et je constate que ce réseau continue d'émettre un signal, donc des émissions, sans que le commun des mortels ne se plaigne. C'est peut-être ça le problème de R-C, il ne s'adresse pas au commun des mortels, mais bien à une petite élite supposément plus relevée intellectuellement parlant.

  • Daniel Bérubé - Inscrit 16 février 2015 05 h 03

    Ils ont eu

    une influence incroyable dans le développement de la langue française autant au Québec que dans le ROC, étant les premiers à nous apporter la télévision en région, mis en lien les régions avec la métropole, apporté du savoir, de la réflexion, et pourtant, la dernière années ou R.C. a obtenue une augmentation à son budget... date de dizaines d'années ! J'ai de la difficulté a comprendre ceux qui n'ont envers R.C. que des critiques, qui ne voient que telle ou telle émission qu'ils considèrent échec total: pour connaître des réussites, il faut souvent passer par des échecs, qui donne savoirs et expériences. Les cablodistributeurs, satellites et autres ont semble-t-il gâté bien des télespectateurs...
    Je me souviens, dans les années '60, nous n'avions qu'un poste de télévision: CJBR-TV canal 03 à Rimouski, et qui couvrait même Edmunston au 13. Quand une émission moins intéressante passait, nous trouvions autre chose à faire... mais maintenant, une partie du public voudrait que "chaque émission" soit à leur goût, sinon, cette chaîne est presque entièrement discréditée. Je suis sûr que quantité parleront ici de la nouvelle série du vendredi soir à 19h00, ridicule pour eux, et se baseront sur CETTE émission pour juger l'ensemble de la chaîne de R.C. ...

    Pourtant, combien de jeunes furent bien informés par Bobino, La boîte a surprises avec Sol qui demeura populaire jusqu'à sa mort. Des émissions éducatives telle Découverte, toujours populaire, d'information telle Enquête, Une heure sur terre, La Facture, et quantité d'autres ayant influence voir même pour dénoncer des situations scandaleuses, parfois gouvernementales ou ayant été la raison d'enquêtes plus qu'importantes ! Et non, on critique... ne fixant toujours que le mauvais côté de la médaille. Ils applaudissent presque aux agir de notre PM kanadien souhaitant sa fermeture, car trop souvent dérangeante. Ils voteront sans doute conservateur aux prochaines élections...

    • Bernard Dupuis - Abonné 16 février 2015 13 h 05

      Je suis bien d’accord pour dire que Radio-Canada a joué un rôle fondamental dans l’élaboration de notre imaginaire collectif et des grandes causes québécoises des cinquante dernières années. Toutefois, la « grande époque » de Radio-Canada dont vous parlez est bel et bien révolue.

      En effet, il me semble que Radio-Canada n’est plus ce qu’il a déjà été relativement au traitement objectif et équitable de l'information. Il faut reconnaître que cette objectivité et cette équité traditionnelle se retrouvent encore dans certaines émissions comme «La facture», «l’Épicerie»ou «Enquête».
      Mais, le «Téléjournal», «l’Infoman», «Tout le monde en parle», «Laflaque», sont des émissions qui sombrent dans l’ambiguïté et la complaisance relativement au canadianisme et à l’étalage des états d’âme des animateurs. Un lecteur ou une lectrice de nouvelles qui se permet de qualifier une nouvelle d’«affolante», d’«étonnante», de «surprenante», de «désolante», etc., font de l’information quelque chose de subjectif et d’émotif. La complaisance dont font preuve certaines émissions mi-information, mi-variété, envers les politiciens canadianistes et populistes comme Jack Layton, Denis Coderre, Régis Labaume, etc., n’a plus rien à voir avec le traitement rigoureux et sérieux de l’information politique auquel Radio-Canada nous avait habitués. Par ailleurs, ces mêmes émissions n’ont que du sarcasme à offrir à l'endroit de tout politicien qui se fait le défenseur des intérêts nationaux du Québec.
      À en croire ce qui se passe à la télévision de Radio-Canada, sans parler de la radio qui est passée aux mains des animatrices complaisantes envers le canadianisme, le traitement équitable et rationnel de l’information est bel et bien chose du passé. L’arme du sous-financement me semble avoir eu un effet manifeste surtout dans le domaine de l’information. Si le temps nous le permettait, il faudrait aussi parler de l’anglicisation rampante. Pensez à une émission franglaise comme « En direct de l'univers »

    • Daniel Bérubé - Inscrit 16 février 2015 15 h 51

      Effectivement, il y a eu baisse dans l'ensemble des qualités de leurs émissions, mais ne nous faudrait-il pas considérer les dizaines d'années sans aucune augmentation de leur budget ? Car c'est alors leur demander de maintenir une qualité forte mais avec des budget sans augmentation au niveau de l'inflation, non pas avec des revenus "stables" sans baisses ni augmentation, mais il leur est demandé de maintenir sinon augmenter leurs rendements, ceci avec coupures d'année en année... souvenons-nous bien que la boîte à surprises est finie, et le magicien qu'on y retrouvais n'est plus... alors ne leur demandons pas de miracles ou de tour de magies en pouvant faire beaucoup plus avec beaucoup moins ! Nos gouvernement n'aime pas la vérité, et pour eux, c'est le grand défaut de radio canada, dire ce qui est, que ce soit en politique ou autres. Certaines enquête en politique ont débuté suite a des reportages tels l'émission Enquête, alors, moins ils auront d'argent, plus ils leur sera difficile de faire des enquêtes approfondis. Comparez ce que les autres pays tel la France, donne à leur télévision d'état... On fait ce que l'on peut avec le peu que l'on a... ;-)

  • Christian Montmarquette - Abonné 16 février 2015 08 h 32

    Pour l'amour des plus opprimés


    S'il est légitime de se lever «Tous en cœur » pour protester contre les coupures de 245 millions de financement à Radio-Canada et la perte les 1300 emplois.

    Il me tarde de voir ces mêmes gens se lever et protester pour les centaines de milliers d'abandonnés de l'État avec 600$ par mois pour survivre d'aide sociale; et qui plus est, ne disposent même pas des mêmes droits que les autres.

    En cette période de la Saint-Valentin, je me demande où en donc rendu le cœur généreux et social-démocrate des Québécois.

    Christian Montmarquette

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    .

    • Daniel Bérubé - Inscrit 16 février 2015 15 h 52

      Peut-être se rappeller que la télévision d'état est financer par le fédéral, l'aide sociale vient du provincial...

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 février 2015 17 h 43


      «Peut-être se rappeler que la télévision d'état est financer par le fédéral, l'aide sociale vient du provincial...» - DB

      À Daniel Bérubé,

      Ne vous en faites pas que je suis très au courant.

      Je ne parle pas de niveaux de gouvernements, mais de hiérarchie des causes et du degrés d'urgences sociales.

      Oui, il faut défendre ces 1300 postes; mais il y a des centaines de milliers de nos concitoyens qui crèvent de faim.

      - CM

      .

  • Guy Beaumont - Abonné 16 février 2015 11 h 12

    Tou(te)s en chœur à pelleter des nuages, à croire.

    En considérant que la vente de la Maison Radio-Canada est due pour avril 2015, l'attente aux prochaines élections pour "sauver Radio-Canada" est futile. Nous devons questionner le bien-fondé de ce projet de vente dès aujourd'hui (pas en octobre).

    Au fait, quelqu'un sait quels sont les travaux majeurs à apporter à cet édifice pour qu'on puisse continuer à l'utiliser? Comment serait-ce rentable de monnayer ces installations pour payer un loyer à long terme? Pourquoi n'y a-t-il qu'un seul soumissionnaire?

    Une chance qu'Ici Radio-Canada ne veut pas s'occuper d'immobilier, sa direction prépare cette vente depuis 2007. Les citoyen(ne)s devront cesser de croire à tout ce qu'on essaie de leur faire avaler, il(elle)s doivent exiger des explications sur ce projet de vente.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 16 février 2015 12 h 12

    Génération Watatatow!

    Touche pas à mon Radio-Canada!

    Thomas a l'air d'un aumônier, mais s'il est plus impliqué dans la sauvegarde de cette télévision d'État qui s'inscrit viscéralement dans le bagage de valeurs saines et démocratiques qui me furent inculquées depuis ma plus tendre enfance; que les libéraux, ça pourrait mettre assez de poids dans la balance pour rafler mon vote. Tout dépend de sa position sur les "altercations" en Irak VS Trudeau.

    Je suis une grande fan des nouvelles à RDI, de leurs documentaires, du National, des Coulisses du Pouvoir, du Club des Ex, Sous la loupe, de RDI Économie, qui vulgarise du chinois pour monsieur tout le Monde et de 24 heures en 60 minutes qui prend toujours le temps de faire entendre des experts de chaque clans sur les Questions Chaudes de l'heure et qui explique en détail les nouvelles trop complexes pour être bien saisies qu'avec le résumé offert dans le bulletin ordinaire.

    Ce serait un abîme abyssale dans la Culture québécoise de laisser péricliter ce réseau et devoir se contenter de LCN qui couvre que superficiellement les nouvelles importantes, mais vont au fond de certaines histoires absolument insignifiantes, donnent dans le sensationnalisme au fond Léon, ne parle jamais de l'actualité du Pays et engage des animateurs comme Denis Lévesque, Martineau, Dumont etc. qui nonobstant un certain respect pour leur talent, méritent néanmoins une critique envers leur Rigueur Journalistique pour inviter pour éclairer le PUblic, des experts en Questions de Société de l'ordre de Maurais, champion incontesté pour faire le frais en parlant à travers son chapeau:" Vous avez vu ça ou madame, de l'austérité??? Il n'y a aucune "austérité"ici, ce n'est que de la " rigueur"..." Je ne savais pas qu'il y avait un seul élu assez Cruchon pour se laisser filouter par la sémiologie de notre Premier Ministre Rhétoricien.

    Dans tous les cas, c'est un Tragique Deuil que je traverserai si Ici perd plus de plumes que celles dont nous l'avons dépouillées.