Tous en coeur pour la liberté d’expression

Le réalisateur Claude Fournier sur la scène du Lion d’Or lundi soir.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le réalisateur Claude Fournier sur la scène du Lion d’Or lundi soir.

Dans un Lion d’Or plein à craquer, artistes, militants et personnalités publiques de tous horizons ont uni leurs voix lundi pour défendre la liberté d’expression. Bien que teintée politiquement, cette soirée-bénéfice organisée en soutien à Charlie Hebdo a pris la forme d’un vaste appel à l’action.

L’instigatrice de l’événement, l’ex-candidate péquiste et auteure du livre Ma vie a contre-Coran, Djemila Benhabib, a parlé la première, décrivant avec émotions la journée du 7 janvier. Celle où les frères Kouachi ont fait irruption dans les locaux de Charlie Hebdo.

Elle a ouvert le bal en rendant hommage à « des géants, des personnes d’une grande culture, d’une grande intelligence », avant de dénoncer les dommages causés par le terrorisme.

« On commence par cibler les grandes gueules pour fermer les gueules de tout le monde », a-t-elle lancé. Quand la barbarie frappe, on a besoin de se sentir ensemble, parce que nous formons nous aussi une même famille. »

Plusieurs personnalités pro-laïcité ont participé au rassemblement : la professeur de philosophie et candidate du Parti québécois aux dernières élections, Louise Mailloux, le représentant du Mouvement laïque québécois, Daniel Baril et le président de l’Association québécoise des Nord-africains pour la laïcité, Akli Ourdja.

De nombreux militants et politiciens souverainistes ont également assisté à l’événement. Parmi eux, les péquistes Bernard Drainville et Martine Desjardins, tout comme le chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu.

Au micro, l’ancien premier ministre du Québec Bernard Landry a dit espérer que « les événements tragiques de Paris aient des dommages collatéraux positifs ». Au Québec, a-t-il insisté, cela prendrait la forme d’une charte de la laïcité « qui nous ressemble », après les « occasions ratées » par les libéraux et le dernier gouvernement péquiste. « Faisons du Québec une terre exemplaire de laïcité et de liberté », s’est-il enthousiasmé.

Ensaf Haidar, l’épouse du blogueur Raïf Badawi condamné à mille coups de fouet par l’Arabie saoudite, a pour sa part été ovationnée, un moment fort de ce début de soirée.

En poésie, en chanson, en humour et en discours, les invités ont tour à tour et chacun à leur façon exprimé ce que signifie pour eux la liberté d’expression.

Le temps d’agir

Après le passage sur scène de Yann Perreau et de l’humoriste Martin Petit, la foule a chaudement accueilli ceux qu’elle attendait avec impatience.

La journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui a fait son apparition, suivie du président du Comité laïcité République, Patrick Kessel. Tous deux ont remercié les Québécois pour leur soutien et souligné l’importance de passer de la parole aux actes.

« Tout ce soutien nous fait chaud au coeur, c’est pour ça que je suis venu, alors que je n’en avais pas nécessairement la force, le courage, a d’abord confié Mme El Rhazoui, émue, avant de se ressaisir. Continuez à porter le combat de la liberté d’expression, mais ayez conscience que cette liberté qu’on croit acquise ne l’est pas. »

Elle entend prêcher par l’exemple et continuer à travailler au sein de Charlie Hebdo, même dans la douleur. « Ce journal pour lequel tous ces gens sont morts, nous continuerons à le faire, même si nous serons estropiés à jamais. »

« Il n’est plus le temps de disserter, il est le temps d’agir, a renchéri M. Kessel. La laïcité est un combat et il est temps de mener cette bataille. Vive la laïcité et vive le Québec laïc », a-t-il ajouté, provoquant un tonnerre d’applaudissements. « Charlie », « liberté » et « Badawi » a successivement scandé la foule.

Le rassemblement s’est par ailleurs déroulé sous le regard attentif des gardes de sécurité et des policiers, nombreux autour de la salle de spectacle. Tous les spectateurs ont dû se soumettre au détecteur de métal.

Tous les profits de la soirée seront versés à l’hebdomadaire satirique.

23 commentaires
  • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 janvier 2015 08 h 25

    Tous en choeur pour...

    ...le privilège d'une certaine liberté d'expression pour certains seulement. L'hypocrisie et la récupération ont assez duré. Pendant qu'ici nos médias nous rebâchent les mots «Liberté d'expression» et «Laïcité» jusqu'à les vider complètement de leur sens, en France, contrairement à ici, l'ensemble de la société n'a pas accepté de se dérancher l'esprit critique et de se mettre sur le pilote automatique cérébral.

    En France plusieurs journalistes et auteurs OSENT aller à contre-courant et se poser des questions sur les 80 arrestations pour «apologie du terrorisme» - dont un ado de 16 ans arrêté pour un dessin; OSENT affirmer qu'il est sain que des aodolescents ne se plient pas à l'autorité républicaine sanctifiée et se posent des questions sur des enjeux lorsqu'une minute de silence nationale -hymne, drapeux et clairons!- est décrétée; OSENT parler du risque de singer le comportement des Américains après le 11 septembre.

    Ils osent réfléchir, alors qu'ici ils se feraient traiter d'idiots utiles par nos commentateurs de l'actualité bien-pensants pour qui le mot «laïcité», qu'ils viennent d'ajouter à leur vocabulaire il y a à peine quelques années, a encore la fraîcheur mystique de la nouveauté.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 27 janvier 2015 22 h 19

      Finalement toutes les mises en gardes sur la nécessité de ne surtout pas faire d'amalgames ne semblent pas avoir empêché certaines personnes de tenter de faire de la récupération anti-occidentale sur une attaque terroriste contre un journal satyrique français, comble de l'ironie.

      Les gens en faveur de la laïcité pensent aussi. Mais ils ne pensent pas comme vous.

      Comme par exemple, je pense que mettre sur le même pied l'apologie du terrorisme avec la caricature satyrique est grossièrement malhonnête. Si vous êtes navré de ne pas voir ce point de vue dans les médias vous allez être déçu longtemps parce que ça ne tient pas la route.

      Ou que balayer sous le tapis le non-respect de la minute de silence comme un simple ''sain'' refus de l'autorité relève du pur déni des tensions sociales communautaristes.

      Osez, osez le ridicule, car le ridicule ne tue que quand des fanatiques religieux sont incapables de toléré la caricature.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 28 janvier 2015 08 h 57

      M. Bouteu, vous dites: «Les gens en faveur de la laïcité pensent aussi.»
      Vous êtes généreux d'appeler ce qui a cours en France en ce moment «laïcité». Bien des gens sont d'avis que cette politique officielle a été instrumentalisée à d'autres fins: présenter une portion de la population comme représentant une menace pour cacher d'autres problèmes, pour cacher la complicité d'Etat dans le terrorisme pour faire porter le blâme par les petites gens, pour récupérer le vote FN et le ramener d'abord à l'UMP, puis au PS. Et cette instrumentalisation de la laïcité l'a détournée de ses objectifs traditionnels et dénaturée.

      Vous dites par après: «mettre sur le même pied l'apologie du terrorisme avec la caricature satyrique est grossièrement malhonnête.» M. Bouteu, votre façon de présenter la situation rend en effet difficile toute autre conclusion. Mais elle est on ne peut plus biaisée. Il y a aussi bien des gens qui présentent le règlement municipal P6 comme étant éminemment raisonnable, même si l'on sait que son application est abusive. De même, lorsque le prétexte d'apologie du terrorisme est utilisé pour mettre un saôulon en tôle pour 7 ans ou un ado en garde à vue pour «une caricature satyrique» d'une couverture de Charlie, il y a un problème.

      Or contrairement à vous, le Syndicat de la magistrature de France, le Syndicat des avocats de France et Amnesty International dénoncent une justice expéditive et liberticide.

      Mais peut-être est-ce vous qui avez raison.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 28 janvier 2015 17 h 40

      J'aimerais ajouter une clarification: lorsque je parle de complicité de l'Etat dans le terrorisme, je ne suggère nullement une grande conspiration. Mais bien un refus de remettre en question, par exemple, la relation entre le gouvernement français (ou autres gouvernements occidentaux) et l'Arabie Saoudite ou la Qatar. Le refus de remettre en question une politique d'interventionnisme militaire qui ne considère que ses intérêts immédiats, quitte à déstabiliser des Etats et menacer des populations civiles. Le refus de confronter les inégalités, les injustices et la discrimination qui créent la marginalité et l'absence d'espoir qui font que de jeunes adultes pas religieux pour deux sous se tournent vers l'extrémisme religieux politisé.

      Et là je ne n'excuse pas l'acte, mais j'expose plusieurs de ses causes immédiates, qu'un Etat sérieusement intéressé à combattre le terrorisme aurait le courage de confronter. Or il est plus facile de détourner l'attention en laissant entendre que ce sont les signes ostentatoires et les accomodements raisonnables qui causent le terrorisme. On est dans le domaine de la pensée magique.

  • Zohra Joli - Inscrit 27 janvier 2015 08 h 43

    Le refus d'une réalité

    Tout crime est de trop et tout le monde est pour la vertu oui mais l'interprétation de ces actes condamnables est superficielle. Pascale Casanova écrit à ce sujet
    "Pourquoi ne pas considérer, parmi d’autres possibilités interprétatives, que ces « musulmans radicalisés », comme dit la presse, sont entrés en guerre contre les occupations militaires (en Irak, en Lybie,Syrie.., dans les territoires palestiniens), mais aussi contre les humiliations collectives, les dénis d’existence, les racismes ordinaires, les alliances militaires, le « droit » international, etc. ?
    Pourquoi les mots de domination économique et culturelle (et ceux qui vont avec — colonialisme, impérialisme) sont-ils si peu prononcés par ceux qui prétendent à l’interprétation légitime du « terrorisme » ?
    Pourquoi l’entrée en guerre d’une partie du tiers-monde contre un état des rapports de forces politiques (et militaires) qui lui est extrêmement défavorable reste-t-elle très largement inanalysable, au moins dans les lieux de profération des analyses politiques « légitimes » ?
    Sans doute parce qu’il s’agit, à court terme, de justifier les politiques engagées.
    C’est évidemment pourquoi Tony Blair affirme inlassablement qu’il n’y a aucun lien entre la guerre d’Irak et les attentats de Londres."

    • Gilles Théberge - Abonné 27 janvier 2015 09 h 54

      Sur le déni des conséquences entre l'action de l'occident et lepourissement de la situation je suis d'avis que vous avez raison.

      Depuis des décennies l'occident attaque bombarde, envahit, et occupe une partie du Moyen-Orient, tuant sans distinction des combattants et des civils par centaines de milliers est inacceptable.

      En revanche, l'intégrisme qui mène à ces violences imbéciles reste aussi inacceptable et il faut le combattre ici avant que ce cancer nous envahisse et nous tue.

      Je ne pense pas que le dialogue soit possible avec les religions. Les religions sont fondées sur des croyances. À mon point de vue imbéciles et dans le cas qui nous occupe obscurantiste et rétrograde.

      Cela dit je ne pense pas que nous puissions faire grand chose devant des croyants prêts à mettre leur vie en jeu pour leurs fadaises. Mais nous pouvons opposer le refus de jouer ce jeu.

      Ce n'est pas parce que nous proclamons «Je suis charlie» que les stratèges américains vont prendre la décision de cesser d'employer leurs stratégies guerrières mortifères.

      Et sans doute que les dérives sectaires religieuses vont continuer de se déployer dans les pays qu'ils contrôlent. Mais ici nous pouvons être clairs. Le problème c'est que nous n'osons pas opposer clairement notre refus, donnant ainsi raison à Sénèque qui écrivait que «Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles».

      Les déclarations de Philippe couillard ce matin à l'effet que l'intégrisme n'est aprs tout qu'une affaire personnelle en sont la navrante constatation.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 janvier 2015 14 h 21

      Monsieur Théberge, je ne me souviens pas d'avoir lu que Mme Joli suggérait que les attaques terroristes étaient acceptables. Elle dit même le contraire: ces actes sont condamnables.

      Votre argumentaire repose sur la notion erronée que les gens qui s'intéressent au contexte s'y intéressent pour excuser les actes terroristes, plutôt que pour trouver des solutions.

      Ce qui semble vous échapper, c'est qu'il y a un rapport de causalité entre les attentats de Paris et la situation géopolitique. C'est, du moins ce que soutient, par exemple, Madeleine Albright, secrétaire d'Etat sou Bill Clinton, qui affirme que chaque fois que les É.U. bombardent une population civile, on crée des terroristes.

      Vous n'êtes sans doute pas sans ignorer, non plus, que les organisations terroristes derrière les attentats de Paris ont obtenu au moins une partie de leur financement des É.U. ou d'alliés (Arabie Saoudite, Qatar) à leurs débuts. De plus, ils sont basées dans des pays (Syrie, Irak, Yemen, Afghanistan) qui ont été déstabilisés par les É. U. ou leurs alliés. Ces zones chaotiques permettent à des groupes terroristes d'avoir une base à partir de laquelle préparer leurs actions.

      Ainsi, je crois plutôt que Mme Joli propose que nos gouvernements cessent une politique étrangère cynique qui ne considère que leurs intérêts immédiats et n'accorde aucune valeur à la vie humaine de populations non-occidentales, puisque cela cause le terrorisme.

      D'autre part, vous êtes-vous posé la question de savoir pourquoi des jeunes nés dans un pays officiellement laïc, éduqués dans une école publique strictement laïque de parents peu ou pas religieux se sont tournés vers la religion dans sa forme la plus extrémiste?

      Je répète: des gens non religieux élevés dans un milieu laïc se sont tournés vers l'extrémisme religieux. Pourquoi? Dans ces questions il y a un début de réponse à la deuxième partie de votre commentaire.

    • Nicolas Blackburn - Inscrit 27 janvier 2015 15 h 27

      Il y a deux problèmes:

      1 - « domination économique et culturelle (et ceux qui vont avec — colonialisme, impérialisme) »

      2 - « intégrisme [sectaire] qui mène à ces violences imbéciles »

      Dans un monde idéal, ces deux problèmes ne devraient pas exister. C'est vrai qu'ils peuvent être interreliés, mais le fait que l'on s'attaque à l'un ne veut pas dire que l'on approuve l'autre. Et le fait que « 1 » soit un problème n'est pas un argument pour ne pas s'occuper de « 2 ». C'est un sophisme.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 27 janvier 2015 20 h 41

      Tout comme M. Théberge, vous aussi M. Blackburn, dans votre équation, omettez de considérer que 1 soit une des causes principales de 2. Encore une fois, ça n'est pas pour «excuser» le terrorisme que l'on étale ces faits, mais pour pointer vers sa source, ce qui devrait intéresser toute personne disant vouloir le combattre.

      Croyez-vous vraiment qu'il y a des gens (sauf les intégristes eux-mêmes), qui tsoient intéressés à trouver des arguments pour ne pas s'occuper du terrorisme? Il est proprement hallucinant que vous pensiez que les commentateurs qui se préoccupent du contexte dans lequel émerge le terrorisme le fassent pour trouver des prétextes pour ne pas s'occuper du terrorisme.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 27 janvier 2015 22 h 24

      Monsieur Leblond, attention, surtout pas d'amalgame, comme disent les anti-laïcité.

      Les amalgames des uns sont les liens de causalité des autres.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 28 janvier 2015 09 h 25

      M. Bouteu, la différence entre l'amalgame et la causalité, c'est que dans le premier cas on juxtapose deux idées sans expliquer en quoi elles sont liées. Dans le second, on propose le mécanisme qui fait que l'un mène à l'autre.

      Oui, il se peut que le lien de causalité soit erroné. Auquel cas il est possible de démontrer en quoi il est erroné. Ce qui n'est pas possible dans le cas de l'amalgame, puisqu'on se contente de suggérer le lien sans l'expliciter.

      Oui, lorsqu'on a remis en question le lien entre laïcité jacobine et lutte au terrorisme, Drainville & co ont formulé des explications:

      - Ça «envoie un message clair sur les limites». De toute évidence les terroristes se soucient de respecter les limites (tsé?)

      - Ça empêche le «grugeage» qui ferait que les intégristes infiltrent l'Etat et réussissent à imposer leurs vues. Or les terroristes venaient de milieux complètement marginalisés. Nulle infiltration des institutions de l'Etat n'a été nécessaire pour les radicaliser ou pour perpétrer l'attentat.

      Peut-être que la conception jacobine de la laïcité qui a cours en France a une utilité réelle. Mais pas pour ce qui est de la lutte au terrorisme.

    • Stéphanie LeBlanc - Inscrite 28 janvier 2015 10 h 12

      Gilles Théberge

      "Depuis des décennies l'occident attaque bombarde, envahit, et occupe une partie du Moyen-Orient, tuant sans distinction des combattants et des civils par centaines de milliers est inacceptable"

      Vous avez raison mais tuer des innocents qui ne leur ont rien fait, c'est exactement ce que font les terroristes depuis toujours. Les personnes tuées ou blessées dans un attentat le sont parce qu'elles habitent le pays que les terroristes veulent humilier et provoquer.

      Il faut aussi penser aux attentats commis contre des lieux (écoles, églises, villages) abritant des minorités religieuses dont la seule existence constitue une provocation pour des terroristes appartenant à la majorité religieuse du pays.

  • michel lebel - Inscrit 27 janvier 2015 11 h 04

    Quelle laïcité?

    Quelle laïcité? La laïcité pure et dure de Drainville, première version, a profondément divisé le Québec. La seconde version le diviserait autant, je crois. Il faut agir avec clarté et prudence dans ce domaine. À moins de vouloir faire à tout prix de la laïcité une idéologie, ce qui nous mène assurément à la fracture sociétale. Est-ce bien cela que certains veulent?


    Michel Lebel

    • Djosef Bouteu - Inscrit 27 janvier 2015 22 h 27

      La laïcité ''dure'' de Drainville est beaucoup plus molle que la laïcité turque, du moins d'avant l'arrivée des islamo-conservateurs au pouvoirs, qui ont ''flushé'' la laïcité et interdit aux femmes de rire trop fort en public. Ça peut difficilement être plus transparent comme rapport.

      La laïcité est un modèle d'aménagement de la vie sociale. Ca ne devient pas magiquement une ''idéologie'' à partir du moment où le modèle proposé ne vous plaît pas.

    • Jean-Pierre Bédard - Inscrit 27 janvier 2015 23 h 07

      En matière de laïcité, les visions sont nombreuses et distinctes. Il y a les deux visions de Drainville, l'ancienne et la nouvelle, il y a celle de Christine Saint-Pierre, il y a celle de Couillard, il y a celle des juifs, celle des musulmans, celle des chrétiens, celle des athées, et celles de ceux qui ont la leur propre ou qui adhèrent à l'une ou à l'autre de celles que je viens d'énumérer. Et j'en oublie certainement. Force est d'admettre que c'est la vôtre, Monsieur Lebel, celle fondée sur « pas-de-charte-svp-parce-que-ça-pourrait-provoquer-de-la-division-j'en-ai-bien-peur » qui tient le haut du pavé et qui prévaut. À cette différence près : nous n'avons toujours pas de charte et les ennemis de la laïcité pavoisent ; mais il y a toujours autant de division et d'insatisfaction.

  • Yvon Moreault - Inscrit 27 janvier 2015 11 h 17

    L’hypocrisie des puissants de ce monde.



    J'ai bien de la difficulté à entendre les discours hypocrites des grandes puissances qui parlent de liberté d’expression tout en bannissant et surtout en ignorant les plaintes de leurs propres ressortissants. Ici même au Canada les grands médias sont contrôlés de plus en plus par la machine Harper pour la protection et les bénéfices des industriels et des institutions financières. Ils se gavent tous dans l'auge remplis par les plus démunis.

    Les principes de la démocratie les plus élémentaires sont de plus en plus bafoués. On se servira du prétexte des actes abjectes de quelques désaxés pour contrôler encore d'avantage la liberté propre a la démocratie que l'on prétend défendre. Honte!

    Yvon A. Moreault

    • Stéphanie LeBlanc - Inscrite 28 janvier 2015 10 h 01

      Je ne sais pas si c'est encore le cas mais dans les premières années de son administration, Stephen Harper ne permettait aux journalistes présents lors de ses conférences de presse de ne lui poser qu'un nombre limité de questions pré-approuvées.

  • Jean-Claude Théroux - Inscrit 27 janvier 2015 15 h 02

    Longue vie à Charlie Hebdo!

    Un peu beaucoup d'air frais dans cette salle bondée, des opinions et des libertés exprimées, des situations cocasses rigolotes ou complètement absurdes racontées, une caricature en cours mise à l'enchère, des chansons à texte solide et des souffrances exprimées, inoubliables.

    Des vérités dites par des personnes qui savent dire, des réalités frappantes qu'il ne faut surtout pas farder, en somme, toute cette soirée aura été l'occasion de faire des mises en garde, de lever des p'tits drapeaux rouges afin que les gouvernants actuels agissent avant le pire.

    Jean-Claude Théroux