Unis contre les marchands du temple

Le marché des villes intelligentes est évalué entre 50 et 75 milliards de dollars pour les dix prochaines années, selon Cisco. 
Photo: iStock Le marché des villes intelligentes est évalué entre 50 et 75 milliards de dollars pour les dix prochaines années, selon Cisco. 

La ville intelligente ne doit pas être qu’une histoire de logiciels et d’infrastructures technologiques acquises à fort prix. Afin de réduire l’influence, très forte actuellement, de plusieurs multinationales du numérique sur le marché des villes en mutation, quatre organismes indépendants ont décidé d’unir leur force pour guider les élus municipaux sur ce chemin. Et ce, afin de faire de la ville intelligente une ville éclairée, loin des influences des marchands du temple, estime ce regroupement qui doit voir le jour officiellement mercredi au Québec.

« En matière de ville intelligente, le rapport de force entre les vendeurs de solutions informatiques et les élus est actuellement déséquilibré », dit Jean-François Gauthier, président de l’Institut sur la gouvernance numérique (IGN) qui, avec l’Institut Technologies de l’information et Société (ITIS) de l’Université Laval, le Centre de géomatique du Québec (CGQ) et le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD), est à l’origine de ce regroupement d’expertises Vers des communautés intelligentes. « D’un côté, il y a des gens très convaincants et déterminés à profiter d’un marché presque vierge et en plein développement et de l’autre des gens pas toujours bien outillés pour prendre de bonnes décisions. Le risque est élevé de voir la numérisation des villes prendre du coup une mauvaise direction qui pourrait les rendre captives pendant longtemps de technologies pas toujours bien adaptées à leurs besoins et surtout trop coûteuses. »

Le regroupement dit ne pas vouloir « bloquer le développement des affaires », mais souhaite plutôt que « les villes aient en main les éléments d’information qu’il faut pour prendre de bonnes décisions », dit M. Gauthier. « Et cette information ne doit pas seulement venir des vendeurs. Elle doit aussi venir d’une source neutre et indépendante. »

Le marché des villes intelligentes est évalué entre 50 et 75 milliards de dollars pour les dix prochaines années, selon Cisco. L’an dernier, près d’une trentaine de lobbyistes représentant les géants Microsoft, IBM et consorts, très impliqués dans le développement des villes intelligentes à travers le monde, se sont enregistrés à Québec afin de mener leurs campagnes de « sensibilisation » des élus.

Dans ce contexte, le regroupement d’organismes à but non lucratif, issus en partie du monde de l’éducation ou des groupes militants pour la démocratie numérique, souhaite lui aussi participer à cette sensibilisation par l’entremise de formations sur les enjeux liés à la gestion et au partage de l’information à l’ère de la numérisation des activités humaines, mais également en offrant des évaluations des besoins des villes pour éviter qu’elles se fassent « abuser » par des vendeurs forcément intéressés.

« Il ne faudrait pas se retrouver dans dix ans avec des villes équipées de systèmes trop fermés, incapables de communiquer entre eux, dit M. Gauthier. Des systèmes aussi qui ne vont pas favoriser la flexibilité tout en étant coûteux. » Le regroupement se présente comme un guichet unique d’information et de conseil visant à inscrire les villes intelligentes « dans une démarche intelligente », résume Paul Fortier, directeur de l’ITIS. Le groupe dit également s’être dûment enregistré au registre des lobbyistes du Québec pour mener sa mission à bien.

1 commentaire
  • Yves Corbeil - Inscrit 20 janvier 2015 08 h 34

    T'inquiète

    Avec les Libéreux l'informatique pas de problème, ils l'ont l'affaire.