L’ex-felquiste Francis Simard est décédé

Figure emblématique du Québec révolutionnaire des années 1960, l’ancien felquiste Francis Simard est décédé à l’âge de 67 ans. Il a joué un rôle de premier plan dans la Crise d’octobre 1970, tout en plaidant tout au long de sa vie en faveur de profonds changements qu’il souhaitait voir s’opérer dans sa société.

Membre de la cellule Chénier du Front de libération du Québec, Francis Simard est passé à l’histoire comme un des responsables de l’enlèvement et de la mort du ministre Pierre Laporte survenue le 17 octobre 1970. Une autre cellule du FLQ avait enlevé le 5 octobre James Richard Cross, un attaché commercial britannique. Devant le fiasco que risquait de devenir cette action menée sans coordination, la cellule Chénier, composée des frères Paul et Jacques Rose, de Bernard Lortie et de Francis Simard, avait décidé d’agir à son tour. Nombre d’actions du même genre sont alors conduites de par le monde par différents groupes de la même trempe.

Né en 1947 à Val-Paradis en Abitibi, Francis Simard appartient à une famille qui goûte les désastres de la colonisation amorcée là-bas dans l’entre-deux-guerres. La famille revient à Montréal et s’installe à Ville Jacques-Cartier, aujourd’hui annexée à Longueuil. Véritable bidonville, cette municipalité est décrite par plusieurs comme un lieu où la misère s’avance sur les traces du malheur.

Le jeune Simard milite au Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), un groupe de pression indépendantiste qui devient un parti en 1964. Mais il est de ceux qui considèrent que l’action politique dans des officines tarde trop à donner des résultats concrets. Il participe à l’organisation de manifestations puis favorise une action souterraine en accord avec ses visées de progrès social. « J’avais lu.La mort du Che m’avait touché, comme d’autres choses. »

Influence

« Francis Simard est un homme dangereux », dira de lui son ami cinéaste Pierre Falardeau, qui le considérait comme un frère et recommandait à tous de l’écouter. Pour Falardeau comme pour d’autres, Francis Simard était d’abord et avant tout un intellectuel. En histoire canadienne notamment, peu d’hommes possédaient une connaissance aussi riche et soutenue que la sienne. Sa bibliothèque était remarquable et il ne lui rebutait pas de mener de patientes recherches aux archives afin d’éclairer certains aspects de l’histoire de sa société.

Pierre Falardeau s’est inspiré de l’histoire personnelle de Simard pour tourner Le party (1989). Le film raconte une évasion lors d’une fête dans un pénitencier. Octobre (1994), un autre film de Pierre Falardeau, raconte quant à lui les événements tragiques de la séquestration orchestrée par la cellule Chénier. Bien qu’il accordait toute sa confiance à Falardeau, il a toujours refusé de voir ce film.

Durant son procès en 1971, il est notamment condamné à quatre outrages au tribunal coup sur coup. Calme, il affirme alors que son juge est ridicule. Il montre le poing au ciel au moment où débute son procès. Condamné à perpétuité, il est libéré sous condition en 1982. Il ne fera plus dès lors que de rares sorties publiques.

Culture historique

Son histoire personnelle, il l’a racontée dans Pour en finir avec Octobre. D’abord signé aussi par ses trois anciens camarades de la cellule Chénier, le livre sera réédité plusieurs fois sous son seul nom. Les fondements de l’autobiographie de Simard ont été discutés et remis en cause, notamment par certaines théories conspirationnistes, dont celles édifiées par Jacques Ferron, John Grube et Pierre Vallières, puis plus récemment par celle de l’écrivain Louis Hamelin. Simard regardait d’un oeil perplexe les complexes échafaudages intellectuels de ce dernier. Il trouvait navrant et « surtout très triste » qu’on puisse affirmer que le cours de l’histoire est déterminé en définitive par l’action de forces occultes qui échappent à la volonté et à l’action des individus.

Il n’appréciait pas davantage ceux qui, dans leur volonté de rendre utile au présent des luttes sociales et politiques passées, transforment celles-ci en vignettes romantiques et édifiantes. En 2013, il avait jugé sévèrement La maison du pêcheur, le film d’Alain Chartrand consacré à un épisode gaspésien précédant le drame de l’automne 1970. « Un cinéaste a le droit de construire une fiction. Mais on ne peut pas prétendre en même temps servir l’histoire, comme le soutient pourtant le réalisateur du film, disait-il. […] Il ne faut pas surestimer la culture historique des gens, mais il ne faut pas non plus sous-estimer leur intelligence. Dans le fond, c’est la bêtise de ce film que j’haïs le plus. »

Simard va accepter de collaborer à La Liberté en colère, un film de Jean-Daniel Lafond dans lequel on le voit assailli par la verve maîtrisée de Pierre Vallières. « La responsabilité du pouvoir, je ne la nierai jamais, dit Francis Simard. Mais je ne me sentirai jamais capable d’utiliser la responsabilité de l’autre bord pour diminuer la mienne, la nôtre. C’est sûr qu’il a voulu décapiter le mouvement indépendantiste, le mouvement de gauche qu’il y avait au Québec. Et effectivement, il l’a fait. Et nous autres, nous n’avons pas été capables de répondre à ça. » Francis Simard assumait entièrement ses gestes passés, sans pour autant considérer qu’il s’agissait dans l’absolu de ce qu’il aurait convenu de faire. Puis il ajoutait que tout le reste, « il allait mourir avec ».

La nouvelle de son décès survenu le 10 janvier n’a été rendue publique par sa famille que le 14. Francis Simard n’était pas malade. Une rupture soudaine de l’aorte abdominale a causé sa mort alors qu’il se trouvait tout bonnement chez lui.

En septembre 2013, dans un café de Montréal, nous avions passé tout un après-midi à discuter. Je lui avais demandé si tout n’avait pas changé aujourd’hui, me doutant de sa réponse. Elle avait été immédiate, sans appel : « Je crois que c’est encore pire aujourd’hui. Le ras-le-bol de ce temps-là, je crois que ça rejoint le printemps érable. Les gens qui tapaient sur leurs casseroles, ils avaient toutes sortes de bonnes raisons pour faire ça. » Puis il répétait, comme je l’avais entendu auparavant, qu’il n’avait pas souhaité « voir la vie en spectateur », en acheteur de billets de loterie, en consommateur passif lancé à bord d’un insignifiant téléroman sans commencement ni fin. Il avait à sa façon le sens de l’histoire.

37 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 01 h 12

    Le FLQ ou L'indépendance comme lutte de classe

    Si on exclu les actes «répréhensibles» des felquistes, il faut bien reconnaître que contrairement au détournement de la question nationale par les péquistes, c’est le FLQ qui était le véritable porteur des fondements historiques du mouvement indépendantiste. Après tout, les Patriotes ne s’étaient-ils pas eux-mêmes battus pour défendre leurs terres, nourrir leurs femmes et leurs enfants? Et aux temps de nos parents.. Les canadiens-français ne faisaient-ils pas majoritairement partie de la classe pauvre des porteurs d’eau de la classe riche des Anglais ?

    Quand on entend la droite nationaliste nous répéter ad nauseam que.. L’indépendance n’est ni à gauche, ni à droite, mais dans un vague «en avant» que tous savent au fond identique au régime de droite actuel. Il est aisé de constater à quel point ils sont à la fois déconnectés des motivations et des revendications profondes de leurs propres origines. Puisque la lutte pour une véritable libération populaire était intrinsèquement et historiquement une lutte de classe, et conséquemment une lutte de gauche.

    Heureusement pour le PQ et ses amnésies chroniques, nombre de partisans ne semblent pas connaître le véritable sens du mot «république» Liberté, «ÉGALITÉ» et Fraternité. Parce qu'ils sauraient alors, qu'il n'y aura pas de véritable changement, ni de véritable révolution, en replaçant les monarques politiques canadiens d’hier, par des monarques financiers québécois d’aujourd’hui.

    Et c’est pourquoi je crois que les felquistes avaient surement compris que la lutte nationale dissociée de la lutte sociale est une coquille-vide qui ne nous mène nulle part. Et que le véritable ennemi du peuple n'est pas le fédéralisme, mais le capitalisme. Car se faire exploiter dans un pays ou une province ne changera que la couleur du drapeau.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    « Manifeste du FLQ intégral » :

    https://www.youtube.com/watch?v=j0rXQp8EjWg

    .

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 15 janvier 2015 10 h 08

      Un article sur le tout récent décès de Simard et vous le récupérez pour faire le procès du PQ.

      Je me demandais, hormis tapocher le PQ, qu'est-ce qui vous inspire vous au juste? Je pense qu'après tous ces années à inévitablement tomber sur vos commentaires, je n'ai jamais lu rien de positif de vous.

      Vous voulez ralliez les gens à votre de commerce anti-PQ, soit, mais pour faire quoi de tant mieux, ensuite?

    • Claude Richard - Abonné 15 janvier 2015 10 h 47

      Considérer Bernard Landry qui répète souvent cette vérité, à laquelle j'adhère, que l'indépendance n'est ni à gauche ni à droite mais en avant comme un tenant de la droite est un peu court. B. Landry est social-démocrate, un mot honni de notre go-gauche, mais qui dit bien ce qu'il veut dire et qui situe ses adeptes au centre de l'échiquier politique. La droite est vraiment du côté de ces Couillard, Coiteux, Legault de la pire espèce.

      Si l'histoire de la gauche à travers le monde était une suite de succès et d'agissements respectueux des droits de l'homme, on pourrait y adhérer spontanément et ne pas la dissocier de l'indépendance. Ce qui n'est pas le cas. Saddam Hussein se réclamait de la gauche et,à un autre niveau, François Hollande se définit comme un homme de gauche. Ce ne sont pas des exemples. Prenons exemple sur De Gaulle, qui était à la fois de gauche et de droite, mais qui était surtout un ardent défenseur de l'indépendance de la France.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 11 h 53


      À Claude Richard,

      «B. Landry est social-démocrate, un mot honni de notre go-gauche»-Claude Richard

      Bernard Landry.. Un social démocrate ?

      Durant les 20 années ou le PQ a détenu le pouvoir, et y compris celles dirigées par Bernard Landry.. Des centaines de milliers de vos concitoyens ont été abandonnés à eux-mêmes avec un revenus de misère de 500$ par mois et opprimés par la loi stigmatisante et scélérate de l'aide sociale, pendant que son gouvernement octroyait des subventions princières aux multinationales pharmaceutiques; sans compter qu'il toujours maintenu le mode de scrutin inéquitable britannique uninominal à un tour, ou la moité de nos votes sont jetés à la poubelles.

      Sachons que Bernard Landry en tant que bras droit de Lucien Bouchard et vice-premier ministre se situe à des années lumières de la social-démocratie en soutenant des attaques majeures à notre système de santé publique par la mise à la retraire de 1500 médecins et de 4000 infirmières, ouvrant ainsi grand la porte à sa privatisation.

      Landry s'est aussi fait l'adversaire de la social-démocratie en endossant exactement les mêmes politiques de déficit zéro et budget d'austérité que le parti libéral lui-même.

      Bernard Landry.. Un social démocrate ?

      On repassera !

      Christian Montmarquette

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 12 h 12


      À Marie-Maude Lalande,

      « Un article sur le tout récent décès de Simard et vous le récupérez pour faire le procès du PQ. » - Marie-Maude Lalande

      En tant que militant et membre fondateur de Québec Solidaire, je «ne récupère pas» le décès de Francis Simard, puisque des gens comme «Paul Rose» que j'ai personnellement côtoyé et qui était lui-même un militant de gauche et un grand adversaire du PQ, est aussi un des membres fondateurs et à l'origine même la création de notre parti politique.

      On ne «récupère pas» des gens qui font partie intégrante de notre construction, des inspirations de notre courant politique et de notre formation. Ils font intrinsèquement partie de nous-mêmes et des valeurs que nous défendons.

      Référence :

      «Après sa libération en décembre 1982, Paul Rose a poursuivi son militantisme à L’aut’journal, à la CSN comme conseiller syndical et, en politique, au Parti de la Démocratie socialiste, à l’Union des forces progressistes et à Québec solidaire. Il a été aussi chef du NPD Québec de 1996 à 2002.» - Source : Le HuffPost Québec et La Presse Canadienne 14/03/2013

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 12 h 46

      À Marie-Maude Lalande,

      « Vous voulez ralliez les gens à votre de commerce anti-PQ, soit, mais pour faire quoi de tant mieux, ensuite? » - Marie-Maude Lalande,

      Pour remettre le projet d'indépendance sur ses rails, malheureusement détourné des intérêts du peuple au profit des intérêts de l'entreprise privée par le Parti québécois

      Et aux citoyens et citoyennes de bonne foi qui croiraient encore que la gauche ne fait que critiquer sans jamais rien proposer, je leur suggère vivement de s’enquérir de nos propositions politiques et de lire notre programme désormais élaboré, étudié et adopté sur plus de 9 années de travail et de débats démocratiques. facilement accessible sur notre site Internet.

    • - Inscrit 15 janvier 2015 13 h 47

      Interprétation infantile et erronée du rôle du FLQ dans l'histoire du Québec.

      C'est en se servant des excès et actions irréfléchies du FLQ que le pouvoir fédéral (des politiciens fédéraux et provinciaux) a pu faire peur au monde et a retardé d'au moins 25 ans la disponibilité d'une partie appréciable du peuple pour l'option indépendantiste.

      Certains se demandent même si le FLQ n'a pas été un outil (volontaire ou non) du pouvoir fédéral lors des événements d'Octobre, afin de mousser, par les errements de ces égarés, la peur viscérale du bon peuple.

    • Paul Gagnon - Inscrit 15 janvier 2015 14 h 31

      (Première partie)
      Pour la gauche, pardon pour la gauche illuminée, toute critique fait de vous, nécessairement, un droitiste. Je l’ai expérimenté dernièrement sur ce site.

      Pour commencer, la droite pure n’existe plus, sauf peut-être chez les quelques illuminés (hé oui, il y en a des deux côtés!) du Parti Conservateur i.e. chez les évangélistes de l’Ouest, de même que chez les Libertariens qui sont le pendant à droite des anarchistes à gauche ; passons. J’aurais bien ajouté les islamo-intégristes à la droite-pure, mais comme ils fricotent beaucoup plus avec la gauche-pure ces temps-ci, attendons voir – c’est ce qu’on appelle le mélange des genres.

      Quant à la gauche, son spectre est si large qu’il couvre pratiquement tout le spectre politique : car qui au Québec est contre l’égalité? Qui est pour le mal et contre le bien? Etc. Tout est nuance sur ce front. De la gauche molle à la gauche-dure en passant par toutes les nuances.

      Bien sûr, il y a les dinosaures qui nous parlent encore, en 2015, de lutte des classes (comme si on était toujours au XIXe siècle), de capitalisme versus… quoi au juste (le communisme à la Staline, Mao, Pol Pot… ou quelque Utopie livresque), de libération populaire (un bon bain de sang avec des têtes au bout d’une pique, ils en rêvent depuis si longtemps). Le rôle de la gauche-dure ne serait-il pas d’empêcher tout débat intelligent, tout débat raisonnable i.e. fondé sur la raison?

    • Paul Gagnon - Inscrit 15 janvier 2015 14 h 32

      (deuxième partie)
      Qu’on nous définisse, aujourd’hui en 2015, la frontière entre les classes! J’aimerais bien voir cela. Si on utilisait les définitions du XIX e siècle, tous ces petits bourgeois (même très petits, mais aussi moyens comme Françoise et Amir) de Québec Solidaire se retrouveraient sans aucun doute du mauvais côté (pour eux) de la clôture! Il n’y a pas de prolétaires chez eux –peut-être un ou deux pour faire bonne figure – puisqu’il en reste si peu au Québec en définitive et qu’ils sont devenus si embourgeoisés grâce aux victoires syndicales ; je ne crois pas qu’ils s’en plaignent sauf en cas de fermeture d’usine, évidemment.

      Quand a-t-on vu les fonctionnaires (ce qu’il reste à la gauche syndicale) faire la grève pour les assistés-sociaux, les SDF, etc.? Quand a-t-on vu les carrés rouges (bien endoctrinés par la vulgate marxiste de nos professeurs de philosophie et de sociologie) "boycotter" leurs cours pour les décrocheurs et les SDF (il y a de plus en plus de jeunes qui le sont)? On est solidaires quand cela fait notre affaire et c’est logique. Le reste est hypocrisie!

      Virer la société à l’envers afin de réaliser une quelconque Utopie, ne saurait se faire sans un immense bain de sang. Peut-être est-ce la raison de l’alliance étonnante de la gauche-pure-et-dure avec les islamo-intégristes?

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 16 h 12


      À Georges Hubert,

      «C'est en se servant des excès et actions irréfléchies du FLQ que le pouvoir fédéral (des politiciens fédéraux et provinciaux) a pu faire peur au monde et a retardé d'au moins 25 ans la disponibilité d'une partie appréciable du peuple pour l'option indépendantiste. » - Georges Hubert

      Malheureusement pour vous, c'est le contraire qui s'est produit. Puisqu'il apparaît au contraire, qu'à peine 6 années seulement après les événements d'octobre, le PQ a pris le pouvoir.

      Et ce n.est justement pas à cause d'une quelconque crainte d’insurrection appréhendée, mais avec un programme social péquiste insuffisant et l'épouvantail économique fédéral : exil des entreprise; pertes des pensions de vieillesses; «La Piasse-à-Lévesque» à 50 sous etc, que le référendum de 1980 a été perdu

      Quant aux affirmations grossières et caricaturales de Paul Gagnon..

      Je laisse le soin aux lecteurs de juger par eux-mêmes de ses tentatives incessantes de démonisation de la gauche politique.

      - Cm

    • Michel Vallée - Inscrit 16 janvier 2015 09 h 29

      @Marie-Maude Lalande

      « […] Hormis tapocher le PQ, qu'est-ce qui vous inspire vous au juste […] Vous voulez ralliez les gens à votre de commerce anti-PQ, soit, mais pour faire quoi de tant mieux, ensuite? […]»


      Dans la foulée du vol du dernier référendum, le PQ a mis en place des politiques néolibérales qui ont favorisé l’éclosion de QS.

      Comme disait Pierre Vallières : -Pourquoi faire l’Indépendance ? Pour parler français ? Mais ! On le parle déjà, le français.

      Autrement dit, l’Independance, encore faut-il savoir si l’on fera de ce pays-là un régime d’affairistes ou une nation avec des politiques sociales éprouvées.

    • Michel Vallée - Inscrit 16 janvier 2015 10 h 21

      @Paul Gagnon

      « […] Les dinosaures qui nous parlent encore, en 2015, de lutte des classes (comme si on était toujours au XIXe siècle) […] Le rôle de la gauche-dure ne serait-il pas d’empêcher tout débat intelligent, tout débat raisonnable i.e. fondé sur la raison? Qu’on nous définisse, aujourd’hui en 2015, la frontière entre les classes ! J’aimerais bien voir cela. Si on utilisait les définitions du XIX e siècle, tous ces petits bourgeois (même très petits, mais aussi moyens comme Françoise et Amir) de Québec Solidaire se retrouveraient sans aucun doute du mauvais côté (pour eux) de la clôture ! […] »

      En 2015, la frontière entre les classes sociales est facile à voir : il ne s’agit que de se promener d’un quartier à l’autre pour le constater...

      Si la «lutte des classes» n’existait plus à notre époque, la revendication des conditions de travail et les conventions entre le patronat et les salariés n’existeraient plus non plus.

      En l’occurrence, la pierre d’assise de tout débat intelligent est d’abord de constater que la société est composée de classes sociales qui se distinguent les unes des autres en raison de leurs intérêts divergents : les uns font fructifier leur capital, les autres louent leur travail moyennant un salaire, d’où les conventions entre le patronat et les salariés qui résultent des revendications entre le capital et le prolétariat.

      Par ailleurs, l’embourgeoisement ne se réfère pas simplement à l’accroissement du pouvoir d’achat, mais aussi à l’adhésion à des valeurs au goût du jour que dénote une attitude sociale convenue.

      Finalement, à l’instar du XVIIIe siècle dont les Lumières émanent de la bourgeoisie et de la noblesse affranchie, au XIXe siècle le progrès social est issu de la bourgeoisie.

    • Jacques Moreau - Inscrit 17 janvier 2015 14 h 58

      "...Lutte de classe..." Souvent on montre en épingle la pauvreté des canadiens-français pour démontrer la discrimination des "anglais" à l'endroit des "canadiens" d'avant l'époques des canadiens-français vs les canadiens-anglais. Originaire d'une ville ou "nous" partagions la même école catholique que les anglophones, qui avaient leurs classes, et la cour d'école; je n'ai pas connue cette "discrimination" linguistique. J'ai appris, avec le temps, qu'après avoir céder la Nouvelle-France à l'Angleterre, les nouveau venus s'installaient dans un village Protestant s'ils voulaient avoir la possibilité d'envoyer leur enfants dans une école protestante. (faut produire un certificat de baptême pour être admis dans une école catholique). Conséquemment nous avons vécue comme deux groupes d'étranger, qui ne se parlent pas, en bonne parti parce que de langue différente. Les "français" avaient leurs riches et les "anglais" avaient eux aussi des pauvres. Ça c'est l'autre partie de l'histoire du Canada, qui n'est pas enseignée au Québec.

  • Jacques Baril - Inscrit 15 janvier 2015 02 h 26

    «Ma vie en spectateur»(!)

    «[...] Francis Simard n’était pas malade. Une rupture soudaine de l’aorte abdominale a causé sa mort alors qu’il se trouvait tout bonnement chez lui. [...]». «La vérité historique est faite du silence des morts.» ou «La vérité historique est souvent une fable convenue.» ‽ (Go! ogle.) Condoléances à la famile. M'enfin.

  • Marc Rainville - Inscrit 15 janvier 2015 06 h 29

    Théories conspirationnistes

    Simard emporte dans la tombe ses secrets. Et Louis Hamelin a le mérite, s'il n'apporte pas de réponses crédibles, de garder d 'actualité les bonnes questions.

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 janvier 2015 10 h 43

      À Marc O. Rainville,

      La solution de cette énigme a finalement été donnée par le journaliste Guy Gendron de Radio-Canada. La mort de Pierre Laporte n'est pas un meutre, mais un «homicide involontaire»

      Référence sous cette vidéo :

      http://ici.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#u

      .

  • Richard Van Neste - Abonné 15 janvier 2015 07 h 01

    Je suis Pierre Laporte.

    • Christian Montmarquette - Abonné 15 janvier 2015 09 h 23


      «Je suis Pierre Laporte.» - Richard Van Neste

      Pierre Laporte?

      Cet ancien ministre ministre du Travail, qui avait défendu les intérêts de la mafia de la construction pour réduire la sécurité sur les chantiers, alors que les travailleurs se tuaient en tombant des ponts par qu'ils n'avaient pas de harnais de sécurité en travaillant?

      - Cm

    • Michel Vallée - Inscrit 16 janvier 2015 00 h 12

      @Richard Van Neste

      Je suis la pègre

  • Gaetan Dupont - Inscrit 15 janvier 2015 07 h 26

    La vie suit son cours

    J'espère que le dernier qui sera en attente de sa mort aura la générosité de nous dire ce qui s'est vraiment passé dans le cas de Pierre Laporte.
    Compte tenu de ce qu'était notre société, la mort d'hommes n'était vraiment pas nécessaire.

    • Mario K Lepage - Inscrit 15 janvier 2015 10 h 34

      Avant que tous les fédéralistes ne trépassent, vous mangerez vous-mêmes les pissenlits par la racine! Vous n'obtientrai malheureusement pas réponse à votre questionnement...

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2015 12 h 18

      Il semble que la mort de PL ait été accidentelle. On aurait voulu le déménager d'endroit en le plaçant dans un coffre de voiture, il aurait crié et, dans un moment de panique, on l'aurait étouffé avec la chaîne qu'il portait autour du cou, sans véritable intention de le tuer. C'est ce qui expliquerait l'oreiller dans le coffre.

      Les membres de la cellule, bien sûr, manquaient de sommeil et étaient sur haute tension depuis une longue période.

      Les membres de la cellule ont voulu faire croire à une exécution plutôt que de bêtement dire qu'il y avait eu un accident, et se seraient entendu pour maintenir la version de l'exécution volontaire. Francis Simard raconte la version de l'exécutio volontaire dans son livre, mais...

      Paul Rose n'aurait même pas été présent lors de cet événement (il aurait été à Montréal). C'est par solidarité qu'il aurait accepté de partager le sort de ses camarades.

      C'est du moins ce qui ressort du commentaire de Guy Gendron, de Radio-Canada, que l'on peut revoir à ce lien: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/201

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2015 12 h 32

      Lire « documentaire » plutôt que « commentaire » de Guy Gendron à la fin de mon intervention précédente.