Un réseau pour éveiller les jeunes à la solidarité

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Une autre initiative s’adresse aux arts plastiques. «On a nommé cette activité Change le monde une œuvre à la fois. Les étudiants qui y participent doivent faire une réflexion sur leur vision d’un monde meilleur et ensuite reproduire cette vision en une œuvre d’art.»
Photo: Richard Grenier Une autre initiative s’adresse aux arts plastiques. «On a nommé cette activité Change le monde une œuvre à la fois. Les étudiants qui y participent doivent faire une réflexion sur leur vision d’un monde meilleur et ensuite reproduire cette vision en une œuvre d’art.»

Ce texte fait partie du cahier spécial Noël responsable

Le Réseau In-Terre-Actif de Trois-Rivières a pour mandat de sensibiliser les jeunes à la solidarité, qu’elle soit locale ou internationale. Une mission noble, certes, mais loin d’être originale. Mais ce qui distingue le Réseau In-Terre-Actif, c’est son approche et ses façons de faire.

L’organisme sans but lucratif a vu le jour à la fin des années 90. « Avant cette date, tous les projets de coopération financés par l’ACDI comprenaient un volet de sensibilisation. Mais à la fin des années 90, à cause des compressions budgétaires, le volet sensibilisation a disparu, raconte Richard Grenier, coordonnateur du Réseau In-Terre-Actif. On s’est dit alors qu’il fallait pallier la disparition du volet de sensibilisation à l’ACDI et trouver un moyen de la faire autrement. »

Et ce moyen, dès le départ, passe par Internet. « Nous avons été un des premiers groupes de sensibilisation à la solidarité à créer notre propre site Internet. » Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce site ne s’adresse pas aux jeunes. « C’est tant mieux si les jeunes le visitent, mais le site s’adresse plutôt aux enseignants et aux éducateurs du primaire et du secondaire. C’est par eux que l’on veut rejoindre les jeunes en fournissant à ces enseignants et éducateurs des outils pédagogiques de sensibilisation à la solidarité. »

Les enseignants et les éducateurs peuvent utiliser ces outils en classe, pour animer une discussion, par exemple, ou s’en servir pour organiser des activités parascolaires. Bon an, mal an, environ 1000 enseignants s’inscrivent sur le site. « La majorité des enseignants inscrits — environ 80 % — proviennent du Québec, mais 20 % proviennent d’autres pays de la francophonie, dont la France et certains pays d’Afrique de l’Ouest. »

 

La trousse pédagogique

La trousse pédagogique constitue le premier instrument de sensibilisation disponible sur le site Internet puisqu’elle est téléchargeable. On en compte une dizaine, abordant autant de sujets. Cela va de la découverte du continent africain à la mondialisation en passant par les droits humains. Ces trousses sont passablement élaborées et contiennent une foule de renseignements et d’informations. Elles sont aussi joliment illustrées et conçues pour attirer l’intérêt d’un jeune. L’enseignant peut donc facilement s’en servir avec ses élèves.

En plus de ces trousses pédagogiques, le site Internet offre aussi d’autres outils de sensibilisation téléchargeables, comme des affichettes, des fiches, des aide-mémoire, etc., qui peuvent accompagner les trousses ou servir individuellement. De plus, tous ces outils de sensibilisation sont regroupés par thème, par discipline et par cycle scolaires. Par exemple, un enseignant en mathématiques et en sciences au 2e cycle du primaire pourra facilement trouver les outils de sensibilisation qui conviennent parfaitement à sa discipline et au niveau de ses élèves.

Hors site Internet

« Grâce aux enseignants inscrits à notre réseau, le Réseau In-Terre-Actif est maintenant présent dans une cinquantaine d’écoles primaires et secondaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Cette présence nous permet d’organiser une centaine d’animations chaque année, dont les thèmes suivent les différentes journées internationales. »

Le Réseau In-Terre-Actif a aussi mis en place un concours annuel, du genre Génies en herbe, auquel participe environ une centaine de classes provenant d’une quarantaine d’écoles. « C’est au fond une compétition qui reprend exactement la formule de la fameuse émission, mais toutes les questions du concours annuel sont formulées à partir du contenu d’une trousse pédagogique particulière. Et ce ne sont pas toutes des questions qui exigent que l’on connaisse la réponse par coeur : plusieurs questions demandent une certaine réflexion avant que l’on puisse y répondre. »

Une autre activité soutenue par le Réseau In-Terre-Actif est un concours d’écriture pour les étudiants de la cinquième secondaire. « Il s’agit d’écrire une lettre ouverte sur un sujet donné. Un jury choisit les finalistes. L’an dernier, 2000 élèves y ont participé. » Une autre initiative s’adresse aux arts plastiques. « On a nommé cette activité Change le monde une oeuvre à la fois. Les étudiants qui y participent doivent faire une réflexion sur leur vision d’un monde meilleur et ensuite reproduire cette vision en une oeuvre d’art. Ils sont accompagnés par un artiste professionnel et les oeuvres produites sont ensuite exposées au Musée québécois de culture populaire à Trois-Rivières. »

Une troisième activité consiste à former dans les écoles participantes des brigades vertes. « Ces brigades vertes ont pour mission de sensibiliser les élèves à l’écocitoyenneté. Elles ont aussi comme but l’implantation de mesures d’écoresponsabilité, comme un programme de compostage. C’est d’ailleurs grâce aux efforts d’une brigade verte que l’on a réussi à sortir d’une école l’eau embouteillée. »

L’approche de sensibilisation

Toutes les initiatives mentionnées ci-dessus — et il y en a de nombreuses autres — découlent d’une approche particulière à la sensibilisation à la solidarité. « Notre approche se résume en trois verbes : voir, analyser et agir. D’abord, s’ouvrir les yeux et ne pas demeurer indifférent ; ensuite, chercher à comprendre ; puis, finalement, se retrousser les manches et mettre en place ce qu’il est possible de mettre en place pour apporter un changement. C’est bien beau, dénoncer, mais il faut aussi agir et essayer de corriger la situation. La sensibilisation à la solidarité que nous faisons cherche à susciter l’action. De plus, je n’aime pas tellement faire dans la culpabilisation. Je préfère nettement la pédagogie de l’espoir. Le message que l’on doit faire passer aux jeunes, c’est qu’un monde meilleur est non seulement souhaitable, mais qu’il est aussi possible. Il ne faut pas être fataliste devant l’avenir ni en avoir peur. »

Dans le cadre de l’événement Change le monde, une oeuvre à la fois, du Réseau In-Terre-Actif,les élèves des écoles secondaires de la région créent des oeuvres sur le thème de la solidarité internationale qui sont exposées une fois par année au Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières.