Une banque alimentaire menacée de fermeture

Silvie Lavigne, directrice de la Maison du partage d’Youville, cherche de nouvelles sources de financement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Silvie Lavigne, directrice de la Maison du partage d’Youville, cherche de nouvelles sources de financement.

Depuis 17 ans, Marc Cantin utilise les services de la Maison du partage d’Youville, une banque alimentaire située rue Centre, à Pointe-Saint-Charles. Mais cette ressource, qui lui permet de ne pas être obligé de choisir entre manger, se loger et s’acheter des médicaments, pourrait être obligée de fermer dans les prochaines semaines.

« Je mange grâce aux banques alimentaires », dit cet homme de 51 ans, qui a dû arrêter de travailler à cause d’un cancer, et qui souffre de divers problèmes de santé.

La banque alimentaire, qui a été fondée par les Soeurs grises en 1984, ne parvient plus à payer son loyer de 3000 $ par mois et les salaires de ses cinq employés. Située dans le quartier Pointe-Saint-Charles, elle dessert aussi les quartiers défavorisés de Petite-Bourgogne et de Saint-Henri.

L’édifice Le Couvent, dans lequel se trouve la banque alimentaire, rue Centre, était autrefois la propriété des Soeurs Grises. Il appartient désormais à un promoteur privé.

En tout, ce sont environ 2000 personnes par année qui fréquentent ce comptoir pour aller y chercher des denrées, des vêtements, y suivre des cours de français ou d’anglais, voire y participer à des ateliers de cuisine, soutient la directrice générale, Silvie Lavigne, qui lance un cri d’alarme pour la survie de l’organisme.

« La clientèle est composée à 54 % d’enfants ou de personnes âgées », ajoute Ana Maria Surugiu, présidente du conseil d’administration de l’organisme.

Mardi prochain, le conseil d’administration devra prendre une décision au sujet de l’avenir de la mission.

Fondations sans fonds

La Maison du partage d’Youville tire le gros de son budget de dons accordés par diverses fondations. Or, cette année, plusieurs organismes ont déjà laissé entendre que leurs budgets ne leur permettaient plus d’aider l’organisme. « Nous avons fait 170 demandes », dit la directrice Silvie Lavigne. La nourriture, quant à elle, provient essentiellement de l’organisme Moisson-Montréal.

Récemment, la direction de l’organisme a aussi mis sur pied un projet favorisant l’envoi à domicile de paniers alimentaires pour les personnes ne pouvant se déplacer facilement.

« Nous essayons de favoriser la clientèle qui vit à distance de marche de la banque alimentaire. Les paniers alimentaires fournis par la Maison du partage d’Youville sont distribués au coût de 5 $ chacun. S’il faut faire le trajet en autobus, et que ça coûte 3 $ pour l’aller et 3 $ pour le retour, ça fait 11 $ et on trouve que c’est trop cher », poursuit Mme Lavigne.

La clientèle de la banque alimentaire est constituée à 32 % d’hommes seuls. La Maison du partage d’Youville leur propose des ateliers de cuisine pour qu’ils apprennent à se débrouiller. « Ils peuvent repartir avec le plat. »

La Maison du partage d’Youville jouit aussi d’une subvention du gouvernement provincial par le programme de soutien aux organismes communautaires (P-SOC). « Mais cette subvention n’est pas indexée », précise Mme Lavigne. Le budget total de l’organisme est de 250 000 $ par année.

L’organisme attend également une réponse du bureau de la députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, Marguerite Blais, pour une demande de subvention de 10 000 $.

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