Coderre veut rapatrier les budgets en logement social

L’ombre du maire de Montréal, Denis Coderre, est projetée près d’une affiche pendant le dévoilement de son nouveau plan de lutte contre l’itinérance.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ombre du maire de Montréal, Denis Coderre, est projetée près d’une affiche pendant le dévoilement de son nouveau plan de lutte contre l’itinérance.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a l’intention de rapatrier les pouvoirs et les enveloppes en matière de logement pour s’attaquer au problème de l’itinérance. Au cours des trois prochaines années, il prévoit la construction de 600 nouveaux logements sociaux et de 400 chambres ou logements mis en place avec des partenaires, destinés à la population itinérante. M. Coderre n’a pas spécifié combien d’argent il lui faudrait rapatrier pour procéder à ces innovations. Il affirme cependant être en discussion avec le gouvernement du Québec à ce sujet. « Je veux récupérer totalement les pouvoirs et les ressources en matière de logement », dit-il. « En terme de nouveaux logements, on parle d’au moins 100 000 $ par unité », dit pour sa part Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d’aide pour les personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

Le maire de Montréal présentait jeudi les différents volets de son plan d’action en itinérance, qu’il compte mettre en oeuvre jusqu’en 2017.

Recensement

En premier lieu, il dit vouloir connaître la situation des personnes itinérantes en réalisant un recensement en deux temps, à l’hiver 2014-2015 et à l’été 2015. Le tout nécessitera un investissement de 200 000 $. Le maire souhaite également créer un poste de protecteur des personnes itinérantes, inspiré d’un modèle vancouvérois, qui « jouera un rôle de chien de garde des droits des personnes itinérantes ». Le maire souhaite également octroyer à ce protecteur, désigné par le milieu de l’itinérance montréalais, un mandat d’observation et d’analyse du profilage social envers les personnes itinérantes.

En ce qui a trait au corps policier, qui a été au coeur de plusieurs incidents mortels mettant en scène des itinérants au cours des dernières années, le maire Coderre a précisé que les policiers de Montréal répondent à 40 appels par jour dans des cas impliquant des itinérants. Il veut multiplier les plages horaires des équipes mixtes, qui allient des policiers du SPVM et des premiers répondants et des intervenants sociaux. Il souhaite également améliorer la formation et les pratiques des patrouilleurs, comme celles de l’ensemble des employés municipaux. Au sujet de la gestion de l’espace public, le maire Coderre réitère son intention d’installer quatre sites d’injection supervisée, trois fixes et un itinérant, en collaboration avec le gouvernement du Québec. Cette approche permettra, selon lui, de réduire l’épidémie de VIH et d’hépatite C, diminuera les risques de surdose et agira comme facteur d’intégration sociale pour les toxicomanes. Le maire Coderre a également annoncé qu’il entend soutenir les commerçants qui font face tous les jours aux problèmes liés à l’itinérance.

Le maire a annoncé une enveloppe de 1 million récurrente pour les centres de jour et les organismes communautaires destinés à lutter contre l’itinérance.

Bonne direction

Pour le RAPSIM, le plan d’action du maire Coderre est un pas dans la bonne direction. Mais on considère que l’argent destiné au dénombrement pourrait être mieux utilisé, étant donné que le gouvernement du Québec s’adonne déjà à un exercice de quantification de l’itinérance.

Jointe à Québec, la ministre Lucie Charlebois, déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, a précisé que M. Coderre travaillait davantage sur le dénombrement des itinérants, tandis que Québec travaillait davantage à définir les problématiques de l’itinérance. « On travaille à ne pas se dédoubler », dit-elle.

En matière de logement, la ministre a reconnu que les pouvoirs relevaient davantage des gouvernements provincial et fédéral. Si elle est ouverte aux discussions avec le maire Coderre, elle rappelle qu’elle doit s’occuper de l’itinérance sur l’ensemble du territoire québécois, même si on rencontre une forte concentration d’itinérants à Montréal.

Selon M. Coderre, l’accès au logement est une pierre d’assise de la lutte contre l’itinérance. Aussi est-il très critique de la politique fédérale en matière de logements sociaux, précisant que le gouvernement retirera dès 2015 550 millions de dollars accordés au maintien de logements sociaux à travers le Canada.

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