Mission Old Brewery : de l’urgence au long terme

Il y a 15 ans, le refuge Old Mission Brewery comptait 400 lits d’urgence dans son refuge. Aujourd’hui, il n’en compte plus que 156.
Photo: vvaldzen CC Il y a 15 ans, le refuge Old Mission Brewery comptait 400 lits d’urgence dans son refuge. Aujourd’hui, il n’en compte plus que 156.

Matthew Pearce, directeur de l’Old Mission Brewery, n’a pas l’intention d’abandonner les itinérants de Montréal dans cinq ans. En fait, il veut plutôt investir davantage dans l’accompagnement à long terme des itinérants plutôt que de leur offrir uniquement le gîte et le couvert pour une nuit.

Il y a 15 ans, le refuge Old Mission Brewery comptait 400 lits d’urgence dans son refuge. Aujourd’hui, il n’en compte plus que 156. « On a moins de lits, dit M. Pearce, mais on a davantage de programmes. Nous allons toujours être là pour les gens qui se présentent à nos portes », ajoute-t-il.

Matthew Pearce se défend par ailleurs d’adhérer entièrement à la politique du gouvernement fédéral qui vise à privilégier l’approche du logement d’abord. Selon lui, cette approche a fait ses preuves, mais elle doit être accompagnée d’autres formes de logement : des foyers de groupe, des cas de colocation, des foyers pour personnes aînées…

« C’est plutôt à une transformation de l’offre de services que nous voulons procéder. Chaque année, on est en mesure de diminuer le nombre de lits d’urgence et d’augmenter les places en accompagnement. Le refuge n’offre pas ce dont les personnes ont besoin à court ou à moyen terme ».

Quand les gens se retrouvent à la rue, explique-t-il, ils sont seuls et isolés. Plusieurs ont rompu tous les liens avec leurs réseaux familiaux ou amicaux. Dans ce contexte, l’offre d’un repas et d’un lieu sécuritaire pour la nuit est justifiée. Mais il ne faut pas que ça devienne une habitude, parce qu’alors, le refuge devient une partie du problème davantage qu’une solution. « Certains usagers fréquentent notre refuge depuis des décennies », dit-il.

L’approche de réintégration, notamment avec un logement permanent, compte son lot d’obligations. « On ne peut pas les aider en les mettant dans un logement du jour au lendemain, dit-il. Certaines personnes se sentent toujours itinérantes, mais cachées dans leur logement ».

Plusieurs ont aussi besoin d’un fort soutien en santé mentale.

Pas de « confort »

Selon M. Pearce, il est cependant illusoire de parler de « confort » en ce qui a trait aux ressources offertes aux itinérants de Montréal, comme le suggérait un reportage du journal La Presse lundi. « Ce n’est pas confortable d’être itinérant, d’être dans la rue, ni même d’être dans un refuge », commente-t-il.

« C’est un peu choquant,ajoute Pierre Gaudreau, du Regroupement des personnes seules et itinérantes de Montréal. Je connais bien toutes les ressources de Montréal. Les lieux ont un confort modeste qui vise à être salubre », précisant que c’est une question de dignité.