Les jeunes du primaire séduits par la cigarette électronique

Non réglementée, non testée, la cigarette électronique est vendue dans une panoplie de commerces accessibles aux adolescents, qui sont nombreux à l’essayer à un très jeune âge. Selon une nouvelle étude produite par la Société canadienne du cancer, près de 10 % des élèves québécois de la 6e année du primaire ont déjà essayé la cigarette électronique, tandis qu’ils sont 22 % de la 1re année du secondaire à en avoir fait usage.

 

« Nous sommes surpris que des jeunes de 12 ans, et même moins, adhèrent en si grand nombre à la cigarette électronique. Ça prouve qu’ils n’ont pas l’impression que c’est un produit dangereux », affirme André Beaulieu, porte-parole de la Société. Ce dernier dénonce l’inaction des gouvernements provincial et fédéral, qui tardent à réglementer le produit qui risque de « faire des ravages ». M. Beaulieu craint que la e-cigarette, souvent attirante pour ses saveurs variées, ne soit une porte d’entrée des jeunes vers des produits du tabac.

 

Selon les chiffres avancés par l’étude, un élève du secondaire sur trois a déjà fait usage de la cigarette électronique, soit un total de 142 000 jeunes Québécois. « Plus de gens se mettent à l’utiliser et plus ça banalise le geste de fumer », analyse M. Beaulieu. Autre élément qui inquiète la Société canadienne du cancer : 18 % des élèves n’ayant jamais fumé une cigarette « classique » décident plutôt d’essayer la cigarette électronique, soit 48 000 individus.

 

Or, comme le révélait une analyse de l’Université de Montréal commandée par la Société l’automne dernier, six marques d’e-cigarettes sur neuf portant la mention « sans nicotine » contiennent en fait ce produit, qui peut créer une forte dépendance. « C’est très dangereux de donner ces produits légalement aux mineurs… Ça risque de nous faire reculer dans la lutte contre le tabac », déplore M. Beaulieu.

  

Une loi à revoir

 

Au cabinet de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, on indique être « en train de travailler à une révision de la Loi sur le tabac », qui n’a pas été mise à jour depuis neuf ans. « Ça fait partie des priorités de la ministre qui tiendra compte de cette nouvelle étude dans sa réflexion », a souligné son attachée de presse Alexandra Bernier.

 

En Ontario, mercredi, le ministre de la Santé, Eric Hoskins, a annoncé qu’il souhaitait mener rapidement des recherches pour pouvoir mieux réglementer la e-cigarette.

 

Par précaution, il faudrait que Québec encadre mieux la vente, l’usage et la promotion des cigarettes électroniques, qui sont souvent dépeints dans les publicités comme un produit « branché », avance Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Celle-ci croit toutefois qu’un encadrement réglementaire doit tenir compte des bénéfices du produit, qui aide notamment des fumeurs invétérés à abandonner le tabac.

 

À la lumière de statistiques dévoilées par le Centre Propel de l’Université de Waterloo, il semble que l’usage plus répandu des e-cigarettes n’a pas eu pour effet de diminuer le nombre de jeunes ayant essayé la cigarette conventionnelle, souligne Mme Doucas. Il faut selon elle mener plus d’études pour s’assurer que la cigarette électronique risque réellement de mener les jeunes vers le tabac.

1 commentaire
  • Benoît Gagnon - Inscrit 14 août 2014 12 h 11

    Effrayant

    Moi qui n'ai jamais touché à une cigarette de ma vie, je trouve ces chiffres sur la consommation de cigarette au secondaire et au primaire (sic!) effrayants...