Le soutien québécois au peuple palestinien s’intensifie

Des manifestants de toutes les religions ont profité du rassemblement montréalais pour écrire un message sur ce gigantesque drapeau palestinien.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Des manifestants de toutes les religions ont profité du rassemblement montréalais pour écrire un message sur ce gigantesque drapeau palestinien.

« Gaza, Gaza, le Québec est avec toi », ont scandé en choeur près de 10 000 personnes, dimanche après-midi, dans les rues de Montréal. Après plus d’un mois de bombardements de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, les manifestants appelaient à la paix et à la fin des massacres de civils, et demandaient au gouvernement Harper de revoir sa position, jusqu’ici sans équivoque en faveur d’Israël.

 

Avec leurs djellabas noires brodées aux couleurs de leur village en Palestine, un groupe de femmes était vraiment touché de voir autant de monde réuni pour démontrer de la solidarité à l’égard de leur peuple et de leurs familles qui vivent dans la peur quotidienne. « C’est vraiment difficile en ce moment pour mon pays, pour les enfants qui se font bombarder, et c’est beau de voir cette solidarité », a lancé Tidal en prenant la main de son amie pour commencer à danser une dabka palestinienne dans le parc Émilie-Gamelin à midi.

 

Alors que la tragédie se déroule à des milliers de kilomètres du Québec, les manifestants étaient quelque peu désespérés de voir que la communauté internationale n’arrive toujours pas à imposer une trêve qui dure et que le gouvernement canadien appuie inconditionnellement l’État d’Israël. Dans la foule bigarrée, les marcheurs osaient même dire que le premier ministre Stephen Harper, de même que les chefs de l’opposition Thomas Mulcair et Justin Trudeau étaient « complices » du drame que vivent actuellement les Palestiniens.

 

De nombreux syndicats et organismes de la société civile étaient d’ailleurs présents pour dénoncer l’inaction d’Ottawa. « On a nolisé un autobus pour protester contre la position du gouvernement Harper qui sans aucune nuance appuie Israël alors qu’il pourrait être un artisan de la paix », a signalé Michel Quijada, président du conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais. « C’est épouvantable ce qui se passe actuellement là-bas. À la CSN, on a toujours été derrière les revendications du peuple palestinien, on a eu plusieurs missions là-bas pour voir comment on peut les soutenir, alors c’était important pour nous d’être ici », a indiqué pour sa part Véronique De Sève, vice-présidente à la CSN.

 

Solidarité

 

La Fédération des travailleurs du Québec avait aussi envoyé une délégation pour participer à cette grande manifestation pro-Gaza. « C’est inacceptable ce qui se passe et ce l’est encore plus de voir que le gouvernement ne fait rien. On se doit d’être solidaires au peuple palestinien », a mentionné Danielle Casara, la présidente du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain. « On a répondu à l’appel pour interpeller le gouvernement canadien, qui continue de manifester un appui inconditionnel envers Israël, à agir pour mettre fin à l’occupation », a souligné de son côté Alexa Conradi, la présidente de la Fédération des femmes du Québec.

 

À travers ces voix officielles, il y avait aussi de nombreuses familles venues simplement pour démontrer leur solidarité. On pouvait voir autant des parents promener leurs enfants dans des poussettes recouvertes du fameux foulard noir et blanc palestinien que de jeunes couples qui marchaient main dans la main avec une pancarte indiquant « Libérez la Palestine. »

 

Le jeune Rais, lui, avait décidé de se promener aux côtés d’un juif hassidique qui tenait une pancarte dénonçant l’État d’Israël. « Je trouve que les juifs qui viennent manifester avec nous sont courageux et je crois que ça envoie un message fort d’être tous unis », dit-il. Abe Rosner, qui est membre des Voix juives indépendantes, soutient pour sa part qu’il est temps que ce conflit prenne fin. « Le peuple palestinien a le droit de vivre en paix sans agression et sans occupation. Israël doit reconnaître le droit international et respecter les résolutions de l’ONU en se retirant immédiatement des territoires occupés. »

 

Avec une dizaine de ballons blancs accrochés à son fauteuil roulant, Lorraine Guay n’avait elle qu’un message à passer « Il est urgent de mettre fin aux violences et aux meurtres de civils », lance-t-elle en faisant remarquer que chacun de ses ballons portait le nom d’enfants tués à Gaza. On pouvait y lire : Mona Rani Al-Kharwat, 4 ans, Rayan Tansir, 8 ans, Mohammed Ziad Al-Ranni, 6 ans…

4 commentaires
  • Julie Blaquière - Inscrite 11 août 2014 13 h 38

    Des ballons

    On aurait dû en envoyer des centaines au-dessus de nos parlements québécois et canadien. Qui seront les prochains civils tués sans que les grandes puissances ne soient inquiétées?

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 11 août 2014 19 h 15

    Oui, sauf que !

    « Gaza, Gaza, le Québec est avec toi » (…) « Libérez la Palestine. » (foule en choeur, pancarte)

    De cette manifestation d’hier, il est d’intérêt de se rappeler que la Bande de Gaza est gérée ou gouvernée par le Hamas, et qu’Israël ne fait que sécuriser tout autant sa population que son territoire des roquettes et tunnels de l’hostilité.

    Oui ! Tout Québec est avec tous ces Gazaouis qui, vivant des situations critiques, sont appelés à se protéger et poursuivre ce dont ils en sont capables de patience, d’espoir, de libération.

    Oui, en faveur d’une paix mutuellement négociée et acceptée, et ce, en autant que les partis intimés soient en mesure de construire sur et à partir de bases responsables, conséquentes et conformes aux accords de San Remo (1920) et des Résolutions onusiennes, en particulier Celle portant le 181.

    Oui, sauf que ! - 11 août 2014 -

    • Michaël Lessard - Abonné 12 août 2014 12 h 17

      Appliquons votre logique à d'autres :

      Appuyer le Québec et les autres peuples au Canada, d'accord, sauf que gardons à l'esprit que le Canada est gouverné par des Conservateurs intégristes, appuyés par des « Chrétiens » rétrogrades de droite... un gouvernement qui appuie la guerre, qui finance des guerres (Ukraine), etc. Ce gouvernement appuie des factions anti-Russie en Ukraine même si elles sont clairement infiltrées par des néo-nazis pourtant visibles. Ce gouvernement a adopté des lois pour imposer des sentences minimales, jeter en prison des personnes portant un masque lors « d'attroupement illégal » (une loi royale vraiment d'une autre époque), a coupé dans la science, musèle nos scientifiques publics, etc. Il a voulu permettre à la police d'espionner un peu n'importe qui sans mandat, mais une levée de boucliers l'a bloqué pour le moment.

      Alors attention dans votre soutien aux populations du Canada ! (sarcasme)


      Trêve de réflexion sur la propagande et la contre-propagande, pouvons-nous nous entendre sur l'essentiel éthique et humain avec l'exemple suivant: quand Saddam Hussein était au pouvoir, le blocus et les sanctions imposés contre l'ensemble de la population irakienne étaient hautement dommageables pour les gens ordinaires, cruels et totalement inacceptables. Tant moralement que légalement, on doit forcer les États et factions armées à ne pas s'attaquer aux personnes civiles ou à ne pas appliquer des châtiments collectifs.

      Il reste ensuite l'occupation militaire, les violations patentes des droits humains, l'oppression quotidienne, etc.

  • Michaël Lessard - Abonné 12 août 2014 13 h 07

    Voir les conditions du Hamas - Je n'appuie ni le Hamas ni un autre gouvernement

    Considérant ce contexte où certain-es veulent nous amener à focaliser sur le méchant Hamas pour ainsi ne pas trop voir la population civile, voici les conditions proposées par le Hamas, selon le journal France24 en date du 8 août.

    À vous de juger si ces conditions sont acceptables et quel côté du conflit abuse actuellement:

    • La levée du blocus de Gaza. [...]

    • L’ouverture du poste-frontière de Rafah, qui dépend du bon vouloir de l’Égypte. Celui-ci est fermé depuis 2013. Et l'arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah al-Sissi, résolument hostile au Hamas, n'a pas amélioré la situation.

    • « La libération des prisonniers réarrêtés » qui avaient été relâchés dans le cadre de l’accord d’échange avec le soldat israélien Gilad Shalit en 2011.

    • La liberté de mouvement pour les Gazaouis à la frontière avec Israël.

    • L’autorisation de pêcher jusqu’à 12 milles marins des côtes de Gaza (l'élargissement de la zone de pêche a été fixé à 20 milles marins par les accords d'Oslo en 1993, mais est limité à 3 aujourd’hui).

    • La construction à Gaza d'un port et d'un aéroport.

    http://www.france24.com/fr/20140808-hamas-revendic

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/0
    __

    C'est comique comment certains « libertariens », du genre Éric Duhaine, prêchent la liberté de commerce, mais leurs principes ne s'appliquent aux gens de Gaza. Il n'y a aucune raison légale ni morale pour interdire à cette population d'importer/exporter des denrées civiles (ce qui n'empêche pas un contrôle international aux frontières). Pourtant ce type de « libartariens » ne semblent pas remarquer le blocus. Après tout, le côté bien plus puissant et riche lui dit de ne pas s'en faire.

    Je dois préciser, comme si c'était vraiment nécessaire, que je n'appuie pas le Hamas ni le gouvernement conservateur Harper par ailleurs.