Pétrole lourd sur le fleuve : la fondation Suzuki fustige Québec

La Fondation David Suzuki a déploré que le ministère de l’Environnement ait autorisé l’exportation « par voie maritime » de « pétrole lourd » issu des sables bitumineux albertains sur le fleuve Saint-Laurent.

 

« Cette nouvelle suscite de vives inquiétudes pour la Fondation puisqu’elle pourrait être le prélude à des exportations massives de pétrole lourd sur le fleuve Saint-Laurent, source d’eau potable pour 43 % des Québécois », déploré la fondation, dans un communiqué publié lundi.

 

Un reportage de Radio-Canada révélait lundi que c’est un pétrole lourd, non raffiné, issu des sables bitumineux de l’Alberta qu’achemine la compagnie Suncor par train depuis trois semaines à Sorel-Tracy. Ce pétrole est destiné à être exporté par bateaux.

 

« Il est déplorable que le ministère de l’Environnement ait autorisé l’exportation de pétrole lourd sur le fleuve sans que la population en soit informée et sans évaluation environnementale puisque ce projet comporte des risques pour l’environnement et la santé humaine », a indiqué la fondation Suzuki.

 

Kildair veut rassurer

 

La compagnie Kildair, qui stocke le pétrole reçu par train avant l’exportation, s’est voulue rassurante. Des gicleurs ont été installés le long des voies de chemin de fer. Un protocole de sécurité est en train d’être mis en place en collaboration avec les municipalités concernées en Montérégie. Le CN va aussi faire circuler les trains à basse vitesse, et les rails seront inspectés régulièrement. De plus, les wagons servant à transporter le pétrole ne sont pas les DOT-111, souvent pointés du doigt après la tragédie de Lac-Mégantic, mais des wagons-citernes plus robustes et plus modernes.

 

Suncor et Kildair n’ont pas eu besoin de passer par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, indique Radio-Canada.

 

Un premier navire chargé de pétrole albertain devrait quitter Sorel-Tracy vers le milieu du mois de septembre, puis emprunter le Saint-Laurent.

6 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 5 août 2014 08 h 04

    Québec, soit belle et tait toi!


    Toute personne qui met de l'essence dans son automobile, sans le vouloir souvent, approuvent l'exploration et l'exploitation du pétrole.

    En réalité, c'est dans la moralité des entreprises pétrolières que les gens n'ont pas foi. Ces entreprises ne sont pas morales ou immorales, elles sont amorales. Elles n'ont d'éthiques que des Lois gouvernementales.

    Tout le problème est là!

    Les gens n'ont plus une confiance aveugle envers les Lois du gouvernement. L'impact de ses compagnies pour modifier les Lois à leur avantages n'est plus à démontrer. Corrompe un gouvernement et faire modifier des Lois fait désormais partie des dépenses standard d'énormément de grosses compagnies. On appelle ça du lobbyisme.

    Harper veut l'exportation des sables bitumineux, il a été mis au pouvoir par ses compagnies. Les Lois seront-elle donc pour protéger le peuple ou simplifier les obligations des compagnies?

    Quel protection réel reste-t'il au Fleuve St-Laurent et au 43% de la population du Québec qui boivent son eau?

    Aucune,...nous n'avons pas voté pour Lui!

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 août 2014 09 h 35

      Et je dirais même plus: toutes les personnes qui suivent l'évolution du prix de l'essence pour pouvoir en acheter à un sou de moins de litre obligent les sociétés pétrolières à tout faire pour baisser les coûts de production.

      Et comment baisse-t-on les coûts de production?

  • Richard Lapierre - Inscrit 5 août 2014 09 h 08

    Vert hypocrite nature

    Ca fait depuis belle lurette que toute sorte de marchandises dont des matières dangeureuses transigent via la Voie du St-Laurent. Ca ne porte pas ce nom pour rien. La voie maritime est essentielle au commerce depuis la fondation des premières colonies.

    Les environnementalistes, Suzuki et autres verts de tout acabit peuvent bien s'opposer à tout développement économique et industriel au nom de la nature, mais ne leur demandez pas de diminuer leur consommation, quitter leurs maisons ou condos confortables bien chauffées au pétrole pour vivre dans les bois, ou de troquer et leurs voitures pour une paire d'espadrille. Leur devise pourrait être - Touchez pas à ma planète, mais surtout, ne touchez pas à mon confort. L'hypocrisie à son comble.

  • André Michaud - Inscrit 5 août 2014 10 h 05

    Choisir et assumer

    Le citoyens québécois sont ultra friands de pétrole et les plus énergivores au monde (heureusement qu'on a l'hydro électricité).

    Le pétrole peut être transporté par pipe-line, par train, par bateau..mais pas par l'opération du St-Esprit comme semble le croire certains écolos.

    • Louis Major - Abonné 5 août 2014 22 h 39

      Le pétrole qui transitera par le fleuve sera pour l'exportation à l'international.
      Le Québec n'en tire aucun bénéfice, nous gagneront que les conséquences d'un désastre écologique. C'est un pétrole lourd issu des sables bitumineux de l'Alberta et non raffiné. S'il y a un déversement dans le fleuve le pétrole coulera et tapissera les fonds marin. La décontamination sera impossible! La Colombie Britannique n'en veux pas, les Américains non plus alors il y a matière à se poser de sérieuses questions!

  • Jacques-André Lambert - Abonné 5 août 2014 10 h 24

    Promesse électorale

    C’était donc ça, la « stratégie maritime » que Philippe Couillard avait promise avant les élections…

    « La stratégie maritime mettra en valeur le potentiel du fleuve et de l’estuaire du Saint-Laurent, a soutenu le ministre Leitao. Elle donnera un nouvel élan au transport maritime, stimulera le développement économique des régions côtières, transformera le Québec et lui ouvrira de nouvelles voies de développement. […] Un pôle logistique sera implanté en Montérégie pour réaliser un centre de transbordement international. » (Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, 5 juin 2014)

    Enfin un parti qui tient ses promesses!

    Dommage que la population n’ait pas eu l’occasion de lire les petits caractères. Ou qu’il soit volontairement myope.