Des élus dans la marge

En 2015, les résultats d’une première expérience de budget participatif se concrétiseront à Saint-Basile-le-Grand, cette petite ville de moins de 20 000 habitants sur la rive sud près de Montréal. Lancée par l’appareil politique avec le soutien du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM), la question est toute simple : si vous aviez 200 000 $, que feriez-vous pour la collectivité ? Invités à proposer des idées tout au long de l’été, les citoyens de 16 ans ou plus pourront ensuite voter pour les projets qu’ils rêvent de voir prendre vie.

 

Pour le directeur général de la Ville, Jean-Marie Beaupré, « l’objectif premier est de s’attaquer à la culture et aux valeurs des gens. Plutôt que de se contenter de venir faire une croix tous les quatre ans, on leur demande de voir plus loin et, surtout, on s’engage à réaliser leurs propositions. »

 

L’occasion, donc, de rebâtir les ponts entre les élus et la société civile, mais aussi de réaliser l’ampleur du processus nécessaire pour que l’enveloppe budgétaire se transforme en projets concrets. En « impliquant les citoyens dans la structure formelle », Isabelle Gaudette, du CEUM, souhaite qu’ils « deviennent les véritables acteurs du changement ».

 

Le village communautaire

 

Démographiquement en danger, le village de Saint-Camille, dans les Cantons-de-l’Est, a décidé au début des années 2000 de se prendre en main afin d’éviter la disparition. Le pari : freiner l’exode vers les grands centres et rendre la petite bourgade assez attrayante pour renverser la vapeur. Pour y arriver, l’ensemble de la population — élus et résidants confondus — pousse à la roue pour créer deux projets domiciliaires uniques en leur genre.

 

Chapeautées par des comités mixtes, ces coops d’habitation autogérées voient le jour. En 2008, l’objectif d’augmenter sa population de 10 %, fixé par la municipalité au début du siècle, est dépassé.

 

Près de 15 ans après la funeste prédiction, le petit village d’environ 525 habitants compte plus de 25 comités et associations bénévoles légalement constitués. À Saint-Camille, rares sont ceux qui ne s’impliquent pas un peu.

 

« C’est cliché, mais la clé est dans la collaboration, soutient Olivier Brière, coordonnateur de la Corporation de développement socioéconomique. Est-ce parce que nous sommes un petit village et que les relations avec les élus sont comme du bon voisinage ? Sans doute. Mais tous les villages du Québec ont cette force de changement. »

Plutôt que de se contenter de venir faire une croix tous les quatre ans, on demande aux gens de voir plus loin et, surtout, on s’engage à réaliser leurs propositions