La construction reprend à l’îlot Voyageur

L’éléphant blanc est là, inchangé ou presque depuis 2006, à l’exception de l’ouverture, au rez-de-chaussée, de la nouvelle gare d’autocars.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’éléphant blanc est là, inchangé ou presque depuis 2006, à l’exception de l’ouverture, au rez-de-chaussée, de la nouvelle gare d’autocars.

L’interminable construction de l’îlot Voyageur reprendra au cours des prochaines semaines, a confirmé mercredi le propriétaire du squelette de béton, un peu moins de 10 ans après l’interruption des travaux dans la foulée du scandale immobilier de l’Université du Québec à Montréal.

 

En 2010, le gouvernement du Québec rachetait l’îlot Voyageur et l’ancienne gare d’autocars située juste à côté pour mettre fin au fiasco financier causé par ce projet immobilier. L’UQAM, conceptrice du projet, avait subi des pertes de 200 millions de dollars. Pour éviter des démêlés judiciaires additionnels, le gouvernement avait déboursé 25,5 millions de dollars pour reprendre les activités de la gare d’autocars, dont le déménagement était prévu dans les locaux de l’îlot Voyageur.

 

L’éléphant blanc est là, inchangé ou presque depuis 2006, à l’exception de l’ouverture, au rez-de-chaussée, de la nouvelle gare d’autocars. Mais tout cela est sur le point de changer, assure le vice-président aux opérations du Groupe Aquilini, Jocelyn Lafond, dont l’entreprise a racheté l’îlot l’an dernier, au coût de 45,5 millions.

 

« On va commencer dès la fin des vacances de la construction. C’est un peu plus compliqué maintenant que la gare est en service. C’est plus compliqué pour tout le monde », observe-t-il.

 

Le projet prévoit désormais la construction de 626 unités de logement locatif dans ce qui devait, à l’origine, devenir un édifice multi-usage comprenant espaces de bureaux, résidences étudiantes et salles de classe. Deux étages s’ajouteront aux huit qui existent déjà. Les travaux devraient être réalisés d’ici 18 mois si tout se déroule comme prévu, croit le promoteur, qui compte investir 150 millions sur le site.

 

Québec prend son temps

 

La partie sud, elle, appartient toujours à la province. Le gouvernement Marois avait annoncé en grande pompe, en novembre dernier, son intention de démolir l’ancienne gare pour y construire un nouvel édifice pour Revenu Québec, ce qui aurait permis de réinstaller 2500 des employés de l’agence d’ici à 2019. Le projet était estimé à 246 millions.

 

Ce concept est toujours celui à l’étude, assure Marc Roy, porte-parole de la Société québécoise des infrastructures, administratrice du terrain. « On est actuellement dans la préparation du dossier d’affaires. Le tout sera soumis au gouvernement d’ici la fin de l’année », dit-il.

 

Avec la construction d’un nouvel immeuble, Québec estime qu’il sera en mesure d’économiser 40 millions sur 30 ans. Le nombre de bureaux de Revenu Québec à Montréal sera réduit de moitié, passant de douze à six sites.

 

M. Lafond aurait préféré que les deux chantiers puissent être entrepris simultanément par Aquilini et la firme choisie par le gouvernement du Québec pour la construction du nouvel édifice. Mais cela semble irréaliste, dit-il.

 

« Le gouvernement ne travaille pas avec le même échéancier que nous. On aimerait qu’ils aillent au même rythme que nous, mais ça ne nous semble pas faisable. »

 

Un jour, prochainement, l’îlot Voyageur sera achevé, promet M. Lafond. « On a hâte. On a bien hâte de commencer à faire du bruit et de construire cet édifice-là », dit-il, enthousiaste.

2 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 24 juillet 2014 07 h 24

    Québec sait faire!

    Oui Québec sait faire en matière de creusage de trous, plus le projet est grand, plus le trou est profond et comme par hasard, c'est une fois de plus sous la gouverne du PLQ en 2006 que ce trou fut creusé. Combien de dizaines de millions cette fois-ci? Combien de temps allons-nous continuer à accepter cela? La réponse nous appartient.

  • simon villeneuve - Inscrit 24 juillet 2014 12 h 12

    prototype beta ?

    J'ai toujours eu l'impression que ce projet fut un des premier test pour le modele de corruption des annees 2000.

    Je trouve dommage que la commission Charbonneau n' y ai jamais jeter un coup d'oeil...