La Semaine québécoise des adultes en formation perd son financement

Le gouvernement Couillard a suspendu la subvention pour organiser la Semaine québécoise des adultes en formation. Le Conseil du trésor a informé l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) que son financement d’environ 800 000 $ ne lui sera pas accordé l’an prochain. Depuis 12 ans, l’ICEA est responsable d’organiser cette semaine de sensibilisation alors qu’un Québécois sur cinq est susceptible de se retrouver dans une situation où il éprouvera de grandes difficultés à lire et à écrire.

 

« Sans ce financement, ce sont les deux tiers de notre budget qui sont amputés.Cela met même en péril la survie de notre organisme », indique Ronald Cameron, le directeur général de l’ICEA. En juin dernier, il a été informé de cette décision par la Direction de l’éducation des adultes au ministère de l’Éducation, puis par le ministre de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc. « On nous a dit que le financement était suspendu pour un an pour des raisons budgétaires. Mais cette suspension va faire en sorte qu’on va perdre nos partenariats et que tout sera à recommencer », explique M. Cameron.

 

Chaque année, la Semaine québécoise des adultes en formation permet de sensibiliser la population à divers problèmes de société, dont la francisation des immigrants, l’alphabétisation des adultes, la formation liée à l’emploi et le développement de diverses littératies. De nombreux organismes, tels que les syndicats, les entreprises, les groupes communautaires, les commissions scolaires, s’associent à cette activité pour rappeler l’importance de parfaire la formation des adultes. En 2014, plus de 600 organismes y ont été associés.

 

L’ICEA demande donc au gouvernement Couillard de revoir sa décision pour assurer le maintien de la Semaine québécoise des adultes en formation, qui se déroule habituellement fin mars-début avril. Dans une lettre envoyée au ministre Bolduc, le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) de Montréal rappelle que cette Semaine est l’une des rares occasions où les adultes qui choisissent d’entreprendre une démarche de retour aux études peuvent être reconnus et encouragés publiquement. « Promouvoir une culture de formation et encourager les adultes à sortir de la pauvreté et de l’exclusion professionnelle n’est pas un luxe au Québec, c’est une nécessité », peut-on lire.

Sans ce financement, ce sont les deux tiers de notre budget qui sont amputés. Cela met même en péril la survie de notre organisme.

4 commentaires
  • Nicole Moreau - Inscrite 10 juillet 2014 08 h 44

    une décision pour le moins étrange quand on veut favoriser une société du savoir

    reconnaître la pertinence d'une décision de retour aux études ainsi que les difficultés qui peuvent être associées à une telle démarche est important pour les personnes qui s'engagent dans un tel cheminement.

    pour une société qui déplore les pénuries de main-d'oeuvre réelles ou à venir, il est plus que déconcertant de voir que des compressions sont faites là, on semble "parler des deux côtés de la bouche" ou encore "les botines ne suivent pas les babines", on prône donc une chose, mais on y met des obstacles par les décisions qu'on prend.

  • Mélissa Dugas-Caron - Inscrite 10 juillet 2014 16 h 31

    Une décision lourde de conséquences

    Les impacts d'une telle décision n'ont de toute évidence pas été mesurés. Je parlerai ici pour ma région soit la Mauricie. En effet, la Table régionale pour la Semaine québécoise des adultes en formation Mauricienne, avait su au fil des ans et ce depuis 2001, créer un engouement pour la formation continue de mille et une façon. De nombreux bénévoles et partenaires financiers, permettaient à chaque année à des milliers d'adultes de prendre une part active dans leur communauté et ainsi brisé l'isolement, en retournant aux études pour obtenir un diplôme d'études secondaire ou une formation plus spécialisée ou simplement, en apprenant à lire et à écrire. Pour la Mauricie c'est non seulement une grande perte pour l'apprentissage des adultes mais c'est aussi une perte économique. En effet, à chaque année depuis 12 ans, la Table régionale organisait un grand gala hommage, s'assurant que tous les artistes invités provenaient de notre région. Cette soirée se voulait animée, grandiose pour la centaine de lauréates et lauréats honorés à chaque année pour avoir entrepris une formation. Ce bel évènement mobilisateur pour la population était devenu un incontournable, on parlait de nous partout et c'était une grande fierté pour notre région. L'évènement se déroulait en alternance dans les villes de Shawinigan et Trois-Rivières, tantôt à la salle JA Thompson de Trois-Rivières ou au Centre des arts de Shawinigan, avec une panoplie d'artistes invités pour la soirée, contribuant ainsi à notre façon au développement économique de notre région. Il faut savoir que lors de cette soirée de gala, plus de 700 personnes assistaient à l'évènement à chaque année. La Semaine québécoise des adultes en formation Mauricie était un symbole régional du savoir et de l'apprentissage chez l'adulte! C'est une lourde perte et nous sommes consternés de voir que toutes ces années de travail acharné de la part des bénévoles, des partenaires financiers, et des collaborateurs du milieu de l'éducatio

  • Ginette Joannette - Inscrite 10 juillet 2014 16 h 44

    Un nouveau ministre de l'éducation s.v.p.

    Depuis le mandat du ministre de l'éducation, on assiste à des coupures inadmissibles.

    Le ministre de l'éducation n'a plus l'autorité morale pour faire accepter à la population ses coupures. Quand au jugement .... Les 1500 nouveaux patients patients qu'il a pris en charge pour un an nous laisse perplexe à ce propos. Mentalité de médecin et non d'éducateur, nous n'avons pas vraiment besoin de ce personnage en éducation. J'espère que ces amis au lieu d'insulter un illustre ministre de la santé lui demanderont de redevenir un simple député et de travailler dans ce qu'il fait de mieux soigner les patients avec qui il s'était engagé.

  • Yves Pelletier - Inscrit 10 juillet 2014 22 h 14

    Arrêtons de capoter svp...

    La semaine québécoise des adultes en formation... Je ne peux pas croire, comme contribuable, qu'on donnait $800,000 à un tel organisme. Entendons-nous bien. Je suis moi-même un étudiant adulte qui a fait son bac à distance, un certificat de soir, et qui vient de terminer sa maîtrise à distance (11 ans d'efforts). Je crois dur comme fer à la formation des adultes. J'en mange, et je la promouvois depuis des dizaines d'années, dans tous les milieux de travail où j'ai exercé mon métier de responsable RH et de la formation. Mais $800,000 pour en faire la promotion ? Come on !!! Il y a mille et une autre façons de faire avancer la formation des adultes que ça, et de dépenser près d'un million de $$$. Soyons réaliste. SVP...