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Photo d'un Poilu, soldat de l'Infanterie française de la guerre 14-18.
Photo: Agence France-Presse Photo d'un Poilu, soldat de l'Infanterie française de la guerre 14-18.

Un bon milliard de lettres auraient été échangées entre les militaires et leurs familles pendant la Première Guerre mondiale.

 

Les historiens y font constamment des découvertes sur la vie au front et à l’arrière-front. Ils viennent par exemple de réinterpréter les fascinantes histoires de trêve à la Noël 1914, quand les troupes allemandes et britanniques ou françaises fraternisèrent entre les tranchées, y jouant même au foot.

 

Plus de 100 000 soldats auraient alors baissé les armes et échangé des voeux dans le no man’s land. Une lettre mise à l’encan ce mois-ci par la maison Bonhams livre le témoignage du major John Hawksley, très mécontent de ce cessez-le-feu impromptu. « C’est une situation extraordinaire et je ne l’approuve aucunement, écrit-il à sa soeur Muriel. Mon régiment n’en a rien à faire », ajoute-t-il en menaçant de tirer sur les Allemands qui sortiraient des tranchées pour fraterniser, Noël ou pas.

 

Les documents de ce genre ne cessent d’enrichir les fonds d’archives et la mémoire collective. La numérisation permet en plus de rediffuser massivement les informations, les connaissances et les souvenirs sur cette période enténébrée. Voici un florilège des propositions disponibles ou développées en ligne.

 

International The World War I Document Archive reproduit les sources documentaires de première main tirées de fonds internationaux. On y retrouve des conventions et traités, des journaux, des mémoires et des souvenirs, des livres, un dictionnaire biographique, des images, des sections spéciales consacrées à la guerre maritime, à la médecine de guerre et finalement des liens vers une infinité d’autres sites. À elle seule, la sous-section sur les références canadiennes compte une quarantaine d’entrées. C’est le monde en guerre et en ligne et c’est un site incontournable. lib.byu.edu

 

Europe Les archives nationales de différents pays sont mises à contribution pour produire une collection numérique dépassant les 400 000 documents issus de huit pays, dont l’Allemagne, mais aussi 60 heures de films et environ 60 000 lettres, photos et souvenirs de guerre provenant du public européen. Le site s’enrichit de collectes périodiques. europeana1914-1918.eu

 

Grande-Bretagne L’Imperial War Museum, établissement lui-même créé en 1917, lance un chantier pour numériser toutes ses archives sur la Grande Guerre d’ici le centenaire de l’armistice en novembre 2018. Le projet Lives of the First World War se donne en plus comme objectif de digitaliser les données sur quelque huit millions de citoyens de l’Empire qui ont servi sous les drapeaux et participé à l’effort de guerre, y compris en provenance des colonies, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, des Indes et du Canada. Les versements vont commencer en août prochain. livesofthefirstworldwar.org

 

France La dématérialisation mémorielle se poursuit avec la mise en 7réseaux des registres de recrutement militaires, dits registres de matricules. Ils contiennent des informations de base sur les conscrits : nom, âge, caractéristiques physiques, campagnes, blessures, décorations, etc. Le travail se fait département par département. On peut par exemple consulter les documents du Lot. archives.lot.fr

 

Canada Le Musée canadien de la guerre traite évidemment le sujet des deux guerres mondiales en long et en large. L’examen du premier conflit se fait avec une mise en contexte très instructive, des ressources pour les enseignants, mais aussi avec des pages illustrées sur l’équipement de transport, les armes et les munitions, la propagande, l’art et la culture dans les tranchées, les jouets, des documents d’archives et des photos, beaucoup de photos. C’est franchement le site le plus complet et le plus instructif sur le sujet dans la perspective canadienne. museedelaguerre.ca

 

Anciens combattants Canada propose aussi son lot d’archives en ligne, dont le Mémorial virtuel de guerre qui perpétue le souvenir de quelque 118 000 Canadiens qui ont « consenti le sacrifice ultime ». Il est possible de faire des recherches nominales ou de consulter les pages au jour le jour. Le vendredi 13 juin mentionne 685 morts. Parmi eux, le soldat d’infanterie Pierre Eugène Couillard, matricule 61139, du Régiment de Québec, fauché à 24 ans en 1918, enterré au Pas-de-Calais, en France. veterans.gc.ca

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