Moncton en alerte

Justin Bourque est lourdement armé.
Photo: AP Photo/La Presse canadienne Justin Bourque est lourdement armé.

La peur, l’angoisse, l’incompréhension, la peine, c’est tout un mélange d’émotions qui régnait jeudi à Moncton au Nouveau-Brunswick. Après plus de 24 heures de recherches, la cavale de Justin Bourque, soupçonné d’avoir abattu trois policiers de la GRC, se poursuivait toujours au moment de mettre sous presse jeudi soir. Mais les policiers ne lésinaient pas sur les moyens pour tenter de mettre la main au collet du jeune homme de 24 ans, lourdement armé, qui terrorise la ville habituellement tranquille de 70 000 habitants.

Mercredi soir, vers 19 h 30, Justin Bourque, vêtu d’un habit militaire et muni d’armes, a semé la terreur en déambulant dans les rues du quartier Pinehurst à Moncton. Les policiers, qui ont été alertés par des citoyens, sont intervenus rapidement pour tenter de l’arrêter, mais une fusillade a aussitôt éclaté. Trois policiers ont alors été tués et deux autres ont été blessés.

Pour le moment, l’identité des victimes n’a pas été dévoilée puisque toutes les familles n’ont pas été avisées. Parmi les victimes, la GRC a par contre indiqué que l’un des policiers était père de trois enfants. Elle a aussi confirmé qu’un des policiers blessés se trouvait toujours à l’hôpital, tandis que l’autre est rentré chez lui.

Pendant toute la journée jeudi, policiers et citoyens de Moncton étaient sur les dents alors qu’une vaste chasse à l’homme a été lancée. Un des témoins a raconté à la télévision de Radio-Canada qu’il avait eu toute une peur en croisant le tireur fou la veille. « Il avait plusieurs carabines et des couteaux. Il avait le regard vide comme s’il était en mission. Je savais qu’il préparait quelque chose, ça m’a vraiment effrayé. Il marchait en pleine rue, ne regardait personne, il continuait de marcher tout droit », a-t-il raconté.

Périmètre de sécurité

 

À la suite du drame, un grand périmètre de sécurité, d’une dizaine de kilomètres carrés, a été établi pour retrouver le suspect. La GRC a fait appel à des corps policiers des municipalités de la province et d’ailleurs au pays pour obtenir du renfort. Des groupes tactiques, des véhicules blindés et des hélicoptères ont été dépêchés sur les lieux. Dans la ville assiégée, les autorités ont aussi recommandé de fermer tous les commerces, ainsi que les établissements et services publics : écoles, université et bureaux gouvernementaux.

La « priorité numéro un » des nombreux corps policiers qui ont été dépêchés sur place demeure donc « de localiser et d’arrêter » le suspect, a indiqué Chantal Farrah, porte-parole de la GRC, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue jeudi après-midi.

La GRC a indiqué à plusieurs reprises aux résidants de demeurer à la maison et de verrouiller leurs portes. Elle leur a aussi demandé d’éviter de publier des informations ou des photos des interventions policières sur les réseaux sociaux. Chantal Farrah a répété qu’il s’agissait d’une mesure de précaution pour assurer la sécurité du public et celle des policiers. Au cours de la journée, le suspect avait été aperçu au moins une fois en matinée.

Justin Bourque n’était pas connu des policiers. Selon les informations obtenues sur lui, le tireur a été élevé dans une famille nombreuse, très religieuse, et éduqué à la maison. Sur sa page Facebook, certains amis avaient remarqué qu’il avait une nouvelle fascination pour les armes à feu.

Cet événement a évidemment bouleversé tout le pays. De Bruxelles où il participe au sommet du G7, le premier ministre Stephen Harper a offert ses condoléances aux familles éprouvées. « Nous ne devons jamais oublier que les hommes et les femmes de nos forces policières mettent leur vie en jeu chaque jour pour protéger nos citoyens et nos communautés », a-t-il mentionné. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a aussi été ébranlé alors qu’un de ses fils est policier. Le chef libéral Justin Trudeau a pour sa part tenu à remercier tous « ceux qui ont risqué leur vie pour nous garder en sécurité ». Avant la période de questions jeudi, les députés ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes.

Au Québec, le premier ministre Philippe Couillard a appelé le premier ministre du Nouveau-Brunswick, David Alward, pour lui exprimer sa solidarité. La perte de trois policiers de la GRC a aussi causé toute une commotion au sein de la fraternité policière. « Il s’agit probablement de la journée la plus sombre de l’histoire de la GRC au Nouveau-Brunswick », a indiqué Roger Brown, commissaire de la GRC de la province.


Solidarité d’abord

Le contrôle des armes à feu était un sujet tabou, jeudi, à la Chambre des communes à Ottawa. À la suite de la mort tragique des trois policiers de la GRC à Moncton, les élus évitaient d’aborder le sujet en disant que l’heure était plutôt à la solidarité avec les familles des victimes. L’Association canadienne pour les armes à feu a quand même lancé le débat en affirmant dans un communiqué « qu’il est clair que le système excessif de contrôle au Canada a échoué, encore une fois ». Un député conservateur ontarien, Harold Albrecht, a d’ailleurs abondé dans le même sens en disant « que le contrôle des armes à feu n’a pas réussi à diminuer le nombre de crimes ». Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a pour sa part resté prudent lorsque la question sur le contrôle des armes à feu lui a été posée. « Je suis sûr qu’il y aura en masse de temps pour discuter de la façon d’arriver à cela de la manière la plus efficace », a-t-il dit. Le député libéral Dominic LeBlanc, qui devait se rendre à Moncton, a lui aussi mentionné que « ce n’était pas du tout le moment de parler de politique publique ou de mesures législatives ».Le contrôle des armes à feu était un sujet tabou, jeudi, à la Chambre des communes à Ottawa. À la suite de la mort tragique des trois policiers de la GRC à Moncton, les élus évitaient d’aborder le sujet en disant que l’heure était plutôt à la solidarité avec les familles des victimes. L’Association canadienne pour les armes à feu a quand même lancé le débat en affirmant dans un communiqué « qu’il est clair que le système excessif de contrôle au Canada a échoué, encore une fois ». Un député conservateur ontarien, Harold Albrecht, a d’ailleurs abondé dans le même sens en disant « que le contrôle des armes à feu n’a pas réussi à diminuer le nombre de crimes ». Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a pour sa part resté prudent lorsque la question sur le contrôle des armes à feu lui a été posée. « Je suis sûr qu’il y aura en masse de temps pour discuter de la façon d’arriver à cela de la manière la plus efficace », a-t-il dit. Le député libéral Dominic LeBlanc, qui devait se rendre à Moncton, a lui aussi mentionné que « ce n’était pas du tout le moment de parler de politique publique ou de mesures législatives ».

Solidarité d’abord

Le contrôle des armes à feu était un sujet tabou, jeudi, à la Chambre des communes à Ottawa. À la suite de la mort tragique des trois policiers de la GRC à Moncton, les élus évitaient d’aborder le sujet en disant que l’heure était plutôt à la solidarité avec les familles des victimes. L’Association canadienne pour les armes à feu a quand même lancé le débat en affirmant dans un communiqué « qu’il est clair que le système excessif de contrôle au Canada a échoué, encore une fois ». Un député conservateur ontarien, Harold Albrecht, a d’ailleurs abondé dans le même sens en disant « que le contrôle des armes à feu n’a pas réussi à diminuer le nombre de crimes ». Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a pour sa part resté prudent lorsque la question sur le contrôle des armes à feu lui a été posée. « Je suis sûr qu’il y aura en masse de temps pour discuter de la façon d’arriver à cela de la manière la plus efficace », a-t-il dit. Le député libéral Dominic Leblanc, qui devait se rendre à Moncton, a lui aussi mentionné que « ce n’était pas du tout le moment de parler de politique publique ou de mesures législatives ».