La communication québécoise au service des démocraties émergentes

Morvan Le Borgne et Guy Versailles, de l’organisme Relations publiques sans frontières
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Morvan Le Borgne et Guy Versailles, de l’organisme Relations publiques sans frontières

Médecins sans frontières répond à des urgences humanitaires à l’échelle du globe. Reporters sans frontière se porte à la défense de la liberté de la presse et du droit à l’information. Les ingénieurs, architectes et pompiers sans frontières remplissent, tous à leur façon, des fonctions cruciales dans des régions en crise. Une équipe québécoise d’experts en relations publiques tente maintenant de faire de même en mettant leur expérience en communication à contribution.

 

Morvan Le Borgne revient d’une première mission en Tunisie au nom de Relations publiques sans frontières (RPSF). Le directeur général par intérim de la Jeune Chambre de commerce de Montréal a contribué à mieux définir les orientations et les actions d’un organisme né de la Révolution du jasmin de 2011, l’Observatoire tunisien pour l’indépendance de la magistrature (OTIM), qui représente à la fois l’ensemble des professions du monde de la justice, mais aussi les justiciables. Ses membres ont fait appel à RPSF afin de mieux cibler leurs actions.

 

« La Tunisie, c’est un pays qui a été muselé pendant des décennies. Et là, soudainement, la société civile s’ouvre. Il y a plein de groupes qui naissent et qui ne savent pas trop par où commencer. Ils n’ont jamais été habitués à l’exercice de la liberté d’expression, pas plus qu’aux relations publiques. Il n’y a pas d’expertise en communication. On est là pour ça », explique M. Le Borgne.

 

Créé en 2007 à Montréal, l’organisme vient en aide à des organismes de la société civile dans les pays émergents. De l’Amérique latine à l’Afrique subsaharienne, c’est une vingtaine de missions qui ont été réalisées à ce jour.

 

« On partage nos outils pour aider ces organisations à atteindre leurs objectifs. On ne va pas faire les choses à leur place, on leur transmet nos connaissances, notre expertise », résume Guy Versailles, le président de l’ONG. RPSF travaille souvent en collaboration avec des organisations internationales déjà sur place, telles qu’Oxfam, pour mieux cerner les besoins.

 

Depuis l’an dernier, RPSF a accru ses activités. De deux missions par an à l’origine, leur nombre a bondi à sept en 2013, puis cinq rien que dans les quatre premiers mois de 2014. Une croissance qui pousse l’organisme à procéder à un examen de ses propres activités.

 

RPSF tient ce vendredi matin son petit-déjeuner-bénéfice annuel, au Ritz-Carlton. L’ex-premier ministre Brian Mulroney doit y prononcer une allocution sur Nelson Mandela, l’ex-leader sud-africain décédé en décembre dernier à l’âge de 95 ans.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 9 mai 2014 04 h 24

    Deux questions...

    Relations publiques sans frontières (RPSF) est-il un de ces organismes canadiens qui a pour objectif de discréditer la valeur de l'idée et du projet de l'indépendance du Québec ?
    Son objectif ne serait-il pas d'agir à l'international pour faire valoir les idées fédéralistes canadiennes de manière à contrer le réveil populaire québécois qui me semble en voie de se réaliser ?
    C'est faute de le savoir que j'en pose ici la question. Et à tous...
    VLQL !

  • Jean Boucher - Inscrit 9 mai 2014 09 h 16

    Néocolonialisme grossier

    Ils devraient d'abord s'occuper des démocraties agonisantes ici au Québec, Canada, USA, Europe.

  • Pier-Olivier Tremblay - Inscrit 9 mai 2014 09 h 54

    Opportunisme

    Ce n'est là qu'une façon de plus d'étendre à l'étranger l'idéologie occidentale et ses façons capitalistes de procéder. Pourquoi ne pas laisser ces civilisations développer leur propre société avec tout ce que cela implique.

    Dommage qu'il y ait toujours quelqu'un pour mettre son nez dans les affaires des autres. Les États-Unis d'abord et le Canada ensuite...