L’Ordre des ingénieurs vote la destitution de l’exécutif

Le mécontentement était palpable, mardi soir, lors de l’assemblée générale extraordinaire de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) qui avait lieu au Palais des congrès de Montréal. Près de 2000 ingénieurs ont assisté à cette rencontre où ils ont voté à 65 % pour la destitution du comité exécutif et du directeur général André Rainville. La décision finale revient par contre au conseil d’administration.

 

« Ce qu’on veut, c’est changer une culture », a indiqué Giuseppe Indelicato, l’ancien vice-président de l’OIQ, qui fait partie du groupe qui a réclamé la tenue de cette assemblée en janvier dernier. À l’époque, de nombreux membres étaient insatisfaits du travail de l’OIQ qui leur a imposé une hausse de cotisation sans leur aval. Certains membres souhaitaient alors la destitution du président Daniel Lebel qui a finalement quitté la présidence de l’OIQ lorsqu’il s’est présenté comme candidat pour le Parti québécois lors de la dernière élection. Il a été remplacé par Stéphane Bilodeau qui a annoncé, mardi après-midi, qu’il ne renouvellerait pas son mandat qui se termine le 12 juin prochain. En avril dernier, l’entreprise de M. Bilodeau, Énerstat, a d’ailleurs été condamnée à rembourser 1,1 million de dollars à Siemens Canada pour avoir livré des systèmes non performants.

 

À la fin de l’assemblée, de nombreux membres de l’OIQ espéraient que cette rencontre permette ces prochains mois de redorer l’image des ingénieurs, qui a été grandement ternie avec toutes les révélations faites à la commission Charbonneau. Parmi les sept points qui étaient à l’ordre du jour, les membres ont également voté en majorité pour l’abrogation de la hausse de cotisation à 310 $ par année, de même que pour la suspension imposée de l’assurance-responsabilité.

 

Au cours de la soirée, l’ancien président de l’OIQ, M. Lebel, est toutefois sorti pour dire que l’assemblée était une « comédie ». « Je n’ai pas besoin de dire à personne qu’on est en train de vivre une crise sans précédent dans la profession. […] On a eu le courage d’imposer cette cotisation pour faire les enquêtes nécessaires », a-t-il déclaré avant de quitter les lieux en plein milieu de la séance. Il a rappelé qu’un ordre professionnel était là pour protéger le public et que les cotisations de l’OIQ avaient été augmentées de 90 $ pour combler un manque à gagner de 5 millions de dollars.

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