Cri du coeur d’un coroner pour la sécurité à vélo

La cohabitation difficile entre cyclistes et automobilistes fait dire au coroner Jean Brochu qu’il faut modifier le Code de la sécurité routière.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La cohabitation difficile entre cyclistes et automobilistes fait dire au coroner Jean Brochu qu’il faut modifier le Code de la sécurité routière.

Des changements en profondeur au Code de la sécurité routière s’imposent pour améliorer la sûreté des déplacements à vélo, affirme le coroner Jean Brochu, qui a enquêté sur la mort de trois cyclistes à Montréal en 2013.

 

Le Code de la route est tellement mal adapté à l’explosion de la pratique cycliste que d’autres morts paraissent inévitables sans un changement de cap majeur, prévient le Dr Brochu.

 

Il recommande de permettre aux vélos de rouler sur les trottoirs, aux endroits jugés dangereux ; des sanctions sévères contre les conducteurs qui ouvrent leur portière devant un cycliste ; et un régime qui tient responsables les conducteurs d’un véhicule à moteur qui heurte un vélo ou un piéton, comme aux Pays-Bas.

 

« Chaque accident sera un clou de plus dans l’édifice de la sécurité à vélo. J’espère juste qu’on n’aura pas à attendre huit ou dix autres morts de cyclistes pour passer de la parole aux actes », a indiqué Jean Brochu au Devoir.

 

L’accident de lundi, qui a coûté la vie à une cycliste de 33 ans, heurtée par un gros camion, rue Saint-Denis, a rappelé de mauvais souvenirs au coroner : lui et sa collègue Jocelyne Tessier ont enquêté sur trois décès de cyclistes survenus dans la dernière année à Montréal.

 

Vélos sur le trottoir

 

Le coroner Brochu voit d’un bon oeil la volonté affichée du maire de Rosemont-La Petite Patrie, François Croteau, d’améliorer la sécurité des cyclistes près du viaduc où a eu lieu l’accident mortel de lundi. M. Croteau a annoncé qu’il compte permettre dès cette semaine aux vélos de rouler sur le trottoir qui franchit ce tunnel sombre et étroit.

 

Sans même attendre le feu vert de la ville-centre, le maire Croteau a ordonné à ses cols bleus d’installer dès vendredi une ligne qui trace une zone pour les vélos et une zone pour les piétons, sur ce trottoir très fréquenté. Un panneau de signalisation indiquera clairement que les vélos ont le droit de rouler sur ce trottoir.

 

« L’heure n’est plus à attendre et à la concertation, l’heure est à l’action »,a déclaré mardi François Croteau, du parti Projet Montréal. Il dit souhaiter que cyclistes et piétons fassent preuve de civisme. Ce qui n’est pas toujours le cas : deux piétons ont été heurtés par des vélos sur ce trottoir au cours des derniers jours.

 

Aref Salem, responsable des transports au comité exécutif de la Ville de Montréal, appuie le geste du maire Croteau. « On n’a aucun problème avec ça. On ne veut pas se ramasser avec une autre victime. Chaque mort est une mort de trop. Si c’est faisable et qu’il y a assez d’espace pour un piéton et un cycliste, on va donner la place aux deux. »

 

Le coroner Jean Brochu applaudit cette mesure temporaire, mais il presse le gouvernement fraîchement élu de Philippe Couillard d’aller encore plus loin : il doit modifier le Code de la sécurité routière pour généraliser la cohabitation vélos-piétons, partout où le danger le justifie.

 

Le décès l’an dernier de Christian Brulotte, 42 ans, aurait pu être évité par la présence d’un trottoir ou d’une piste cyclable, rue Wellington au centre-ville, estime le coroner. Ce cycliste aguerri avait été écrasé par un camion-remorque dans une section étroite de la rue où il n’y avait aucun espace pour un vélo.

 

Portières meurtrières

 

Deux autres accidents mortels, en juin et en juillet 2013, avaient été provoqués par des automobilistes qui ont ouvert leur portière devant un cycliste. Ces automobilistes fautifs avaient écopé d’une simple contravention de 30 $ chacun, comme le prévoit le Code de la sécurité routière.

 

Nettement insuffisant, croit Jean Brochu, qui presse le gouvernement Couillard d’imposer des contraventions « vraiment dissuasives » aux conducteurs qui ouvrent leur portière de façon intempestive devant un vélo. « Aux États-Unis, par exemple, tu es responsable de tes gestes. Un conducteur qui mettrait en danger la vie d’un cycliste par négligence se ferait tout de suite poursuivre pour 2 millions de dollars », dit le coroner.

 

« Les Pays-Bas vont encore plus loin : le conducteur d’un gros véhicule est tenu responsable de tout ce qui est plus petit que lui sur la route, quelles que soient les circonstances. Le conducteur du camion qui a heurté la cycliste lundi n’a jamais vu le vélo, selon la police. Je me pose la question : il regardait où ? », dit Jean Brochu.

 

L’entreprise Grues Beauchamp, impliquée dans l’accident de lundi, a décliné la demande d’entrevue du Devoir. Selon la police, le conducteur était âgé de 23 ans.

***

Un cycliste perd sa cause

Un cycliste qui tentait de faire annuler une contravention donnée parce qu’il roulait sur le trottoir sous un viaduc du CN a vu sa demande rejetée par la Cour, mardi. Michel Harvey a reçu un constat d’infraction en août 2013 après avoir emprunté le trottoir plutôt que la voie routière du viaduc de l’avenue De Lorimier, pour des raisons de sécurité. Un juge a maintenu la contravention, affirmant que le cycliste aurait dû marcher à côté de sa bicyclette plutôt que d’emprunter le trottoir à vélo, mais a fait passer l’amende rattachée à l’infraction de 41 à 29 $.

50 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 30 avril 2014 01 h 10

    Copmmençons par le début

    1- port du casque; 2; Arrêtez aux endropits indiqués; 3- rouler moins vite ; 4- pas de port de 1pod, etc. Commençons par mettre toutes les chances de notre bord.

    • Alain Roy - Abonné 30 avril 2014 06 h 31

      Commençons par le début: cessons d'accuser les cyclistes à tort et à travers.

      1) Je porte mon casque;
      2) J'arrête aux endroits indiqués;
      3) Pourquoi je roulerais moins vite? Est-ce que les autos roulent moins vite? Un gros n'importe quoi?
      4) Et les automobilistes qui écoutent de la musique ou la radio à tue-tête?

      Continuons, voulez-vous? J'ai frappé à deux reprises des automobilistes parce qu'ils ont ouvert leur porte d'auto sans regarder! Deux fois!! Maintenant, je n'essaie plus de prendre le moins de place sur la voie, je me tasse allègrement des autos stationnés pour éviter de me faire tuer la prochaine fois.

      J'ai été frappé par un automobiliste sur une piste cyclable (rené-lévesque), il a tourné sans regarder s'il y avait quelqu'un.

      Pis, on commence à voir la fin? Ça fera cette accusation perpétuelle des cyclistes! La voie chaussée n'appartient PAS aux automobilistes mais à tout le monde. Vous devez la partager.

      Et la voie chaussée n'est pas une piste de course!! Vous circulez dans des milieux densément peuplés avec des cyclistes, piétons, enfants, animaux, etc... ON PARTAGE!!

    • Daniel Houx - Inscrit 30 avril 2014 07 h 00

      À part le port du casque, toutes ces recommandations devraient également s'appliquer aux automobilistes.

    • Simon Chamberland - Inscrit 30 avril 2014 08 h 14

      1- On pourrait faire une rechercher mais je pense qu'il y a plus de traumatisme crâniens chez les automobilistes que chez les cyclistes. Alors la logique élémentaire voudrait qu'on oblige le port du casque chez les seconds.

      2-Suivre le code de la sécurité routière à la lettre a conduit une cycliste à la mort lundi.

      3-La vitesse des vélos est la plupart du temps inférieure à 20 km/h. Rien d'extravagant. En fait, il faudrait réduire la vitesse des voitures.

      4- Tant qu'à interdir la musique en vélo, pourquoi ne pas l'interdire en voiture ? Parce que les automobilistes sont non seulement à l'abris des sons, ce qui nuit à leur vigilance, mais en plus ils ont leur trucs «main libres» et la radio qui nuisent à la vigilance.

      On ajoute un cinquième : rendre les pistes cyclables utilisables et les dégager des obstacles.

    • Olivier Mauder - Inscrit 30 avril 2014 09 h 30

      « 1- port du casque; 2; Arrêtez aux endropits indiqués; 3- rouler moins vite ; 4- pas de port de 1pod, etc. Commençons par mettre toutes les chances de notre bord.»

      Auquel il faut ajouter : interdiction de rouler à contresens (un conducteur d'automobile démarrant d'un arrêt regarde plus généralement dans le sens de circulation que dans l'autre sens), arrêt aux lumières rouges, arrêt aux stop.

      Beaucoup parlent de l'Europe dans leurs interventions quand ça les arrange mais pour avoir vécu plus de 30 ans là-bas, rouler à contresens est une faute de conduite répréhensible.

    • Maria Gatti - Inscrite 30 avril 2014 10 h 11

      Le casque est une lubie états-unienne. Son port est presque inconnu aux Pays-bas, et pas très important ailleurs en Europe.

      Oui, il y a plus de traumatismes chez les automobilistes (et passagers). Et beaucoup chez les piétons aussi. La sécurité, c'est l'élimination du danger à la source (principe de sécurité au travail). Cet accident mortel découle d'une absence d'infrastructure sécuritaire, séparée (et peut-être, par le fait que le camion n'aurait pas dû emprunter ce viaduc à l'heure de pointe).

      La victime portait un casque.

    • Jean-Marc Chevalier - Inscrit 30 avril 2014 10 h 32

      Plusieurs intervenants ici ont bien répondu à vos quatre points.

      Pour ma part, je vais seulement signaler que votre intervention n'a aucun rapport avec le sujet. Il est question ici d'une cycliste conforme qui a été frappée par un véhicule qui aurait dû rester derrière et patienter.

    • Sylvain Auclair - Abonné 30 avril 2014 10 h 50

      Le port du casque n'a rien à voir à cette affaire. Les casques sont conçus pour diminuer la gravité des conséquences d'une chute ; ils ne peuvent rien pour un cycliste qui se fait frapper par un véhicule de plusieurs tonnes allant à 50 km/h.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 30 avril 2014 12 h 07

      Mme Dionne, le port du casque n'aurait rien fait pour cette cycliste heurtée puis écrasée par un poids lord.

    • Carole Dionne - Inscrite 30 avril 2014 13 h 30

      La réponse habituel


      C'est l'autre, pas moi. Je ne dis pas que les automobilistes sont sans faute. J'ai été cycliste à Montréal et je fais encore du vélo dans Joliette. C'est sûr, beaucoup de monde ont leur petite anecdote. J'imagine les automobiliostes aussi. ce que je voulais dire: commençons par le début: qui est plus à risuqe: moi ou l'automobiliste?. Quand j,aurai fait tout en mon pouvoir, là on pourra regardeer ailleurs. Mais des reportages montrés, plus de la moitié ne portait pas de casque. Un minimum selon moi.

    • guillaume lebrun - Inscrit 30 avril 2014 13 h 30

      Un peu tanné d'entendre les mêmes idioties conçernant les vélos. Bien sérieusement, le problème n'est pas les écouteurs, les arrêts , la vitesse etc. Et cela est également vrai pour les automobilistes et les piétons. Je m'en fou royalement qu'un vélo, qu'un piéton et même qu'un automobiliste passe sur une rouge, en autant qu'il se soit assuré qu'il n'y a aucun danger en s'arrêtant et en regardant.

      Car il s'agit bien de cela, le respect entre les usagers de la route. Quand je passe sur une rouge en vélo, en prenant soin qu'il n'y ait personne, j'assume ma possible contravention et le reste on s'en fou. Qui ça dérange?
      La même chose quand je passe sous un viaduc dangereux sur le trottoir, en roulant à peu près 4 km/h. Un danger pour les piétons? vraiment?
      J'pense qu'il faut juste arrêter de se frustrer sans raison les uns contre les autres et commencer à se respecter un peu plus.

    • Yannick Cornet - Inscrit 30 avril 2014 14 h 55

      N'importe quoi. J'habite au Danemark. Je ne porte pas de casque. J'écoute de la musique. Je roule le plus vite que je peux car je dois quand meme arriver au travail comme tout le monde. Mais ici, tout est legal, et c'est pas dangereux.

      Pourquoi?

      Parce qu'on a de vraies pistes cyclables. Séparées. Protégées. Un peu surélevées. Pas entre les voitures stationnées et la rue, mais entre les voitures stationnées et le trottoir. De chaque coté de chaque rue. Assez large pour 2 vélos, parfois trois et même 4 sur les grandes rues. Et les pistes cyclables sont déblayées en premier l'hiver. Les lumières sont synchronisées à la vitesse des vélos, pas des voitures. Les voitures sont limitées à 30 ou 40kmh. Les poubelles sont inclinées, c'est plus facile de jeter son café. Aux lumières il y a des stands pour les pieds. Pour traverser les plus grands boulevards il y a des ponts pour vélos et piétons seulement. Voilà.

      Le plus beau dans tout ça?

      Il n'y a plus de conflits entre voitures et cyclistes, ni entre cyclistes et piétons. Chacun sa voie, chacun sa vitesse. C'est safe, c'est cool, c'est beau, et c'est facile.

      L'idée de faire rouler les vélos sur les trottoir pour laisser de la place pour les voitures, c'est niaiseux. Il faudra un jour que Montréal se résigne à admettre l'inéluctable: il faut réduire la place donnée aux voitures afin de permettre aux gens une vraie liberté de transport, et non seulement la liberté de se transporter en voiture avant tout.

      Question de choix.

    • Eric Pauzé - Inscrit 30 avril 2014 16 h 25

      Il y a en effet une certaine proportion de cyclistes qui font preuve d'imprudence et qui méconnaissent le code de la route. Tout comme pour les piétons, automobilistes, motocyclistes, trottinetistes.
      Mais outre ce constat, je me demande quelle est l'endroit d'un tel commentaire à la suite d'une nouvelle aussi dramatique. Pourquoi parler d'un arrêt alors que l'incident s'est déroulé sous un viaduc? Pourquoi supposez-vous qu'elle ne portait pas de casque ou qu'elle portait des écouteurs alors que le rapport n'a pas été publié? Que voulez-vous insinuer? Que si la victime ne portait pas un casque ou alors si elle portait des écouteurs, c'est tant pis pour elle?

      Et en passant, la vitesse permise à vélo est la même que pour les automibilistes, selon le code de la route actuel. J'ai de gros doutes que la victime dépassait les 50km/h à bixi et que la vitesse soit la cause de l'incident.

    • Gaetane Derome - Abonnée 30 avril 2014 16 h 49

      A Montreal,les rues sont tout simplement trop etroites pour envisager une co-habitation cyclistes et automobilistes securitaire.On ne pourrait meme pas,du moins sur plusieurs routes,penser a faire des pistes cyclables car il n'y a pas de place...Et les gens roulent trop vite ca c'est un fait,tous depassent la limite de vitesse ou presque et si vous ne le faites pas vous vous faites depasser par la droite ou klaxonner..Il n'y a pas de code de conduite dans cette ville ou tout le monde se depeche,on ne sait trop pourquoi...

    • Olivier Mauder - Inscrit 1 mai 2014 09 h 49

      @ guillaume lebrun

      Votre modèle de sécurité routière, ça s'appelle l'anarchie. Si vous autorisez les voitures ou les vélos à passer au rouge, où on va ?
      Et aucun des messages parle de la conduite à contresens qui est certainement la plus dangereuse de toute.

      Il y a bien des trucs aberrants dans le code de la route mais il faut aussi un minimum de règles. Parmi les trucs aberrants : tout le monde voudrait pouvoir démarrer et tourner à droite au feu rouge (personnellement, je suis contre) alors qu'actuellement, au feu vert, les automobilistes sont obligés d'attendre que la flèche verte passe à la lumière verte pleine pour tourner dans certains carrefours, notamment afin de laisser passer les piétons. On ne voit donc pas trop où est la logique.

    • Olivier Mauder - Inscrit 1 mai 2014 09 h 51

      @ gaetane derome

      Des rues pas si étroites que ça si on compare à de nombreuses villes européennes dessinées au Moyen-âge ou bien avant.

  • Claude Paré - Abonné 30 avril 2014 06 h 38

    La solution n'est pas de rouler sur les trottoirs

    Madame Dionne se trompe. Rouler moins vite: ce sera toujours plus lentement qu'une automobile.

    Le problème du vélo est qu'il est un véhicule, mais qu'il n'y a pas d'espace de circulation assigné, hormis le «à droite de la chaussée» où les portières s'ouvrent. Pour régler la situation, il faut permettre au cycliste de circuler au centre de la chaussée dans les voies secondaires à sens unique et encourager une telle pratique. Il faut permettre sur les boulevards à doubles voies ( quadruple dans les deux sens) aux vélos de circuler au centre quand ils sont plus que deux. En somme il faut laisser au vélo un véritable espace de circulation. Ce n'est pas en empiétant sur l'espace de circulation du piéton que l'on réglera le problème. Dans la ville les piétons doivent être les plus protégés, ensuite les vélos puis les automobilistes enfin les poids lourds, selon le degré de dangerosité.Un cycliste est surtout dangeux pour lui-même et dans une moindre mesure pour les piétons.

    Pour ce qui est des portières ( encore une s'est ouverte devant moi hier - tous les gens qui font du vélo savent qu'il faut être extrêmement attentif à ce qui arrive autour de soi constamment - n'en déplaise à certains qui pensent que la plupart sont imprudents ) il faut en début de printemps des campagnes de sensibilisation et des amendes très sévères.

    Enfin, je connais peu d'automobiliste qui font de véritables stops, soit un arrêt complet. Il faut sanctionner et surveiller très étroitement les automobilistes et adoucir les lois de circulation pour les vélos. Au stop ils devraient pouvoir n'effectuer qu'un ralentissement. Ce qui serait adapté à leur mode de propulsion.

    Le principe de base étant la valeur inaliénable de la vie humaine, dans tous les cas les piétons doivent avoir la priorité dans les rues des villes.

    • Olivier Mauder - Inscrit 30 avril 2014 09 h 34

      je suis d'accord que rouler sur les trottoirs n'est pas une solution. Si c'est marcher à côté de son vélo, je n'y vois pas d'inconvénients mais c'est rarement le cas.

      D'ailleurs, l'article le mentionne. Il y a des piétons qui sont frappés par des vélos mais ça, on en parle peu.

    • Olivier Mauder - Inscrit 30 avril 2014 09 h 37

      Pour les stops, le problème est qu'à Montréal, les stops se trouvent tous les 50 m. Même pour les voitures (notamment à embrayage manuel), c'est pénible. Puisque vous parlez de l'Europe, les ronds-points font que la circulation reste beaucoup plus fluide.

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 30 avril 2014 11 h 31

      Dans le cas précis des dessous de passages de trains, je crois oui que le trottoir est la solution aux cyclistes. Mais à pied svp, à pied. Je l'ai longtemps vécu sur la rue Ontario à Mtl à la "fontière" centre-sud Hochelaga. Ça ne peut pas être sécuritaire de passer sous le viaduc en vélo, oublions ça. La pente diminue la visibilité, l'espace est très serré, et on passe de la lumière du jour à un espace sombre qui diminue grandement la vision de l'automobiliste.

      Oui au trotoir dans ce cas précis.

      Malheureusement, ce sont plusieurs cyclistes qui devenaient dangeureux pour les piétons en roulant à vive allure sur le trottoir.

    • Eric Pauzé - Inscrit 30 avril 2014 16 h 35

      On parle de rouler sur les trottoirs sur l'un des deux côté de la rue sur une très courte distance et ce, seulement pour l'un des quatre viaducs séparant Rosemont du Plateau où il n'y a pas de piste cyclable. C'est sûr que l'idéal serait une piste cyclable, mais ce n'est pas si mal de pouvoir rouler sur un trottoir sur 48 mètres sans recevoir une contravention de 48$ en y installant une limite de vitesse propre au vélo.

      Mais le danger demeure en effet. Combien de cyclistes voyageront dans l'espace piéton? Et l'inverse? C'est sûr que l'idéal serait que tous et toutes soient plus attentifs au code de la route et à l'environnement où ils circulent. C'est, selon moi, un gros problème à Montréal. Pour le constater, on n'a qu'à observer le nombre de piétons distraits qui déambulent sur la piste cyclable du Parc Lafontaine sans savoir où ils sont.

    • Olivier Mauder - Inscrit 1 mai 2014 09 h 52

      « Dans le cas précis des dessous de passages de trains, je crois oui que le trottoir est la solution aux cyclistes. Mais à pied svp, à pied.»

      Des cyclistes marchant à pied à côté de leur vélo, on en voir rarement.

  • Yvette Lapierre - Inscrite 30 avril 2014 07 h 03

    Aux Pays-Bas

    ça adonne que je suis allée faire un tour aux Pays-Bas récemment, peut-être que les sanctions sont sévères mais cela ne rend pas la circulation plus sécuritaire. Les cyclistes - et ils sont très nombreux - roulent vite en titi et nenni priorité aux piétons!

    Les véhicules, autos et vélos priment partout aux dires même des Néerlandais. C'est parfois10 minutes d'attente avant de pouvoir traverser une petite rue d'une petite ville!

    • Olivier Mauder - Inscrit 30 avril 2014 09 h 40

      Il n'y a effectivement pas de modèle parfait. Pour connaître bien l'Italie, les piétons font notamment souvent face à un autre problème : les scooters. Si vous vous baladez dans les rues étroites des rues de villes italiennes, vous avez intérêt à avoir des yeux partout car les scooters, venus de nulle part, déboulent à vive allure.

    • Eric Pauzé - Inscrit 30 avril 2014 16 h 39

      Vous l'avez dit, monsieur Mauder, l'important est d'avoir des yeux tout le tour de la tête! J'ai également voyagé beaucoup dans des endroits où la circulation peut être assez stressante. Sans vouloir affirmer que ce sont des modèles à suivre, ce qui me frappe ici, c'est à quel point les gens (automobilistes, cyclistes et piétons) sont si peu attentif à l'endroit où ils se trouvent. Combien de fois m'ai-je fait crier de circuler sur la piste cyclable par un piéton qui se trouvait les deux pieds plantés au milieu de ladite piste cyclable du Parc Lafontaine sans le savoir!

  • Johanne St-Amour - Inscrite 30 avril 2014 07 h 07

    Partage des voies

    En tant que piétonne, je suis toujours abasourdie de voir des cyclistes sur les trottoirs, alors même que les rues ne sont pas dangereuses ou même pire parfois, alors qu'il y a une piste cyclable de l'autre côté de la rue. D'où ma question: pourquoi ne pas marcher près de son vélo sur le trottoir lorsqu'on emprunte des passages dangereux comme ce juge l'a indiqué?

    Je suis piétonne, cycliste et automobiliste et je constate qu'il y a des infractions de toutes parts. L'été passé une enfant de 3 ans a été happée par un cycliste qui roulait sur le trottoir de la rue St-Joseph. On a dû transpoter l'enfant à l'hôpital. Si le conductuer d'un gros véhicule pourrait être tenu responsable dans la rue, sur le trottoir, le cycliste détient cette caractéristique.

    J'appréhende donc que l'autorisation pour les cyclistes de rouler sur le trottoir lors d'un passage dangereux, ne signifie plus de cyclistes sur les trottoirs en tout temps.

    • Sylvain Patenaude - Abonné 30 avril 2014 07 h 27

      Tout à fait d'accord avec votre commentaire! On vit déjà un problème avec les vélos sur les trottoirs, alors cette ouverture ne peut qu'aggraver ces comportements. Moi aussi, je suis piétonne, cycliste et automobiliste et je suis sidérée par les vélos sur les trottoirs, qui brûlent allègrement les feux rouges...

    • Jean Richard - Abonné 30 avril 2014 07 h 35

      En tant que cycliste, je suis abasourdi de voir des piétons traverser devant des cyclistes alors que le feu est rouge pour ces piétons et vert pour les cyclistes, surtout que la durée du feu vert pour vélo sur Boyer est particulièrement brève.

      Désolé de commencer un commentaire de façon aussi stérile...

      Il y a des mentalités à changer si on veut faire progresser les choses. Les procès ne mènent à rien. Ce qu'il faut, c'est de passer à l'action.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 30 avril 2014 07 h 53

      Bien, vous venez de faire le procès des piétons M. Richard et ne semblez pas constater que j'ai mentionné que j'étais et automobiliste, et cycliste et piétonne. Tous enfreignent les règles et ne vous en déplaise les cyclistes le font aussi, ce que je constate tous les jours. Alors tout ce beau monde auront à changer leur mentalité par rapport à la sécurité et le partage de la route... dont les cyclistes.

    • Simon Chamberland - Inscrit 30 avril 2014 08 h 16

      Moi je suis toujours absourdi de voir des piétons dans les pistes cyclables ou les voir traverser les pistes cyclables sans regarder auparavant. De plus en plus il faut éviter les pistes cyclables lorsqu'on circule en vélo.

    • Olivier Mauder - Inscrit 30 avril 2014 09 h 46

      Pour les cyclistes, vous oubliez le mauvais comportement entre les cyclistes eux-mêmes et aussi entre cyclistes et gens en roller. Pour avoir fréquenté pendant des années les pistes cyclables pour me rendre au travail, j'en ai vu des vertes et des pas mûres : dépassements à vive allure sans aucune visibilité, absence de casque, dépassements de familles cyclistes sans précaution, etc.

      J'ai vu plusieurs cyclistes le visage en sang et aucune voiture n'était responsable.

    • Sylvain Auclair - Abonné 30 avril 2014 10 h 52

      Monsieur Mauder,
      Le port d'un casque n'est pas obligatoire.

    • Olivier Mauder - Inscrit 1 mai 2014 09 h 42

      @ Sylvain Auclair

      Certes mais en ski, non plus. Concernant les dépassements réalisés n'importe comment, ils sont fréquents.

  • Jean Richard - Abonné 30 avril 2014 07 h 58

    La responsabilité du plus lourd

    « un régime qui tient responsables les conducteurs d’un véhicule à moteur qui heurte un vélo ou un piéton, comme aux Pays-Bas. »

    C'est un incontournable si on veut changer les mentalités. Avec le système actuel, la victime doit prouver son innocence ou pire, prouver la négligence de l'autre, faute de quoi on classe automatiquement la chose comme accident, comme si c'était inévitable.

    La responsabilité du plus lourd face au plus léger, c'est ce à quoi il faut en venir. Sinon, on continuera à banaliser le fait de blesser ou de tuer quelqu'un et on se lavera les mains en disant : c'est un simple accident.

    Par ailleurs, il y a beaucoup de travail à faire avec les corps policiers, en particulier le SPVM. De ce côté, on tire très vite la conclusion – le chauffeur ne l'a pas vu, donc c'est un accident (entendez par là que vous ne pouvez pas être responsable de ce que vous ne voyez pas). Le flic changé en distributrice de contraventions pour remplir les coffres du SPVM, c'est malheureusement une réputation trop bien méritée, qui exclut du processus tout jugement ou toute évaluation du danger réel.

    ~~~~~~~~~

    Chapeau au maire de Rosemont (Projet Montréal) pour ne pas avoir attendu inutilement après la ville-centre avant de réagir.

    • Robert Morin - Inscrit 30 avril 2014 09 h 28

      Et la loi du plus fort (du plus gros ou lourd) vous en faites quoi ! Ironie.

    • François Beaulé - Abonné 30 avril 2014 09 h 43

      Ne tirer pas votre chapeau trop vite, les poteaux qui obstruent les trottoirs sous le viaduc avaient été installés récemment, sous l'administration du maire Croteau. Des contraventions ont aussi été émises aux cyclistes utilisant les trottoirs sous ce viaduc. Autrement dit, l'arrondissement Rosemont et la police ont induit la mort de cette cycliste par pure bêtise. Permettez-moi de garder mon chapeau.