La Fondation Paul Gérin-Lajoie en crise

La Fondation Paul Gérin-Lajoie (FPGL) traverse une crise déclenchée par deux événements liés à sa direction.

 

Le premier cas concerne une action politique illégale de la Fondation. Le second a rapport à des rumeurs de dépenses « hors-norme ». Elles ont déclenché une vérification des pratiques comptables et administratives de l’organisme, selon les informations obtenues par Le Devoir.

 

La FPGL, née en 1977, soutient des projets éducatifs dans quatre pays d’Afrique et en Haïti. Elle recueille environ un million de dollars par année.

 

François Gérin-Lajoie, le président et fils du fondateur, a diffusé le 19 mars, auprès de 94 personnes, un courriel appuyant la candidature de Fatima Houda-Pepin dans la circonscription de La Pinière aux récentes élections québécoises. L’appel, prétendument appuyé par Paul Gérin-Lajoie, fournissait des instructions pour soutenir financièrement Mme Houda-Pepin.

 

Le geste est illégal. Seul l’agent officiel d’un candidat peut solliciter des contributions. L’ex-ministre libéral, âgé de 94 ans, s’est vite dissocié de l’initiative de son fils.

 

Le directeur général des élections (DGE) pourrait imposer une amende de 5000 à 20 000 $. Le conseil d’administration (CA) a décidé que le président la paierait de sa poche, le cas échéant.

 

Le Devoir a pu constater sur le site du DGE que François Gérin-Lajoie et Paul Gérin-Lajoie ont chacun versé 200 $ en 2014 à la candidate indépendante. Entre 2011 et 2013, ils avaient financé le PLQ en versant entre 100 et 450 $ chacun.

 

Ces faits étaient inconnus du CA qui se réunissait encore à ce sujet mercredi soir. Il a été impossible de savoir si les chèques ont été faits avec l’argent privé des donateurs.

 

L’autre problème, de nature financière, n’est pas encore pleinement documenté. Des informations parvenues au Devoir la semaine dernière et discutées au cours de la dernière réunion du conseil d’administration laissent soupçonner « des problèmes avec certains déplacements et certains frais de déplacement », selon une source au sein du conseil.

 

Onze membres (sur quinze) ont donc décidé de déclencher un audit en trois volets, sur la dimension humaine de l’organisation, sur ses finances et sur son mode de gouvernance.

 

« C’est un problème de pertinence des dépenses plus qu’autre chose », explique le vice-président du conseil Michel Agnaieff. Il ajoute que les pratiques de la Fondation ont changé au cours des ans, dans la foulée de la déclaration de Paris sur l’aide, datant de 2005. Les interventions de la FPGL nécessiteraient maintenant des séjours à l’étranger plus nombreux et prolongés de la part de la direction.

 

« On ne sait pas si la situation va se résorber, dit un autre membre du CA. Il y a des divisions sérieuses. On verra la suite des choses, mais en ce moment, je pense qu’il y a un ménage sérieux à faire. On va donc voir si on va pouvoir traverser cette crise. »

5 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 25 avril 2014 03 h 19

    Et c'est ainsi...

    Et c'est ainsi que s'éffiloche toujours plus dans un néant de plus en plus dramatique, l'influence culturelle des Québécois. Cela faisant place nette à la norme canadienne anti-québécoise...
    Et pourtant, Vive le Québec libre et qui n'abdique pas !

    • Nicole Bernier - Inscrite 25 avril 2014 04 h 59

      M. Côté

      Je ne comprends absolument pas le lien entre cet article et votre commentaire...

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 avril 2014 10 h 00

      @n. bernier
      ...C'est que Paul Gérin-Lajoie fut une icône pour plusieurs au Québec dans les années 70 ...une influence culturelle...et retrouver son nom (et celui de son fils) dans un article (où il est fait mention de possibilité de
      malversation) "Intervention politique illégale et examen des notes de frais secouent l'organisme"...ça peut expliquer le commentaire de m. Yves Côté...donc, ne faites pas la vierge offensée.

    • Gilles Théberge - Abonné 25 avril 2014 12 h 00

      C'est ça, exactement ça. Monsieur Gérin Lajoie est le père du Ministère de l'Éducation. Il est aussi l'auteur de la doctrine voulant que le Québec puisse légitimement conclure des ententes internationales dans ses champs de compétence.

      C'est un personnage important de notre histoire. Et de le voir ainsi associé à des gestes délictueux, pour moi en tout cas, c'est un peu douloureux...

      Et voilà pourquoi monsieur Côté à raison madame Bernier...

    • Nicole Bernier - Inscrite 25 avril 2014 12 h 46

      @Théberge, Sévigny, Côté

      Premièrement, je connais bien le parcours de M. Gérin Lajoie, j'ai travaillé pour sa fondation, il y a bien des années... et bien avant que son fils s'en mêle...

      Il n'est pas un personnage historique pour moi, bien que je connaisse son importance dans la révolution tranquille et son rôle à l'ACDI...

      Vos commentaires ne répondent pas à ma question?

      Je ne comprends toujours pas pourquoi, le sujet de l'article permette de conclure que
      - "s'éffiloche toujours plus dans un néant de plus en plus dramatique, l'influence culturelle des Québécois"
      et que
      - "Cela faisant place nette à la norme canadienne anti-québécoise... "